En 2021, Alain Rousset veut penser "plus loin, plus juste, plus efficace"

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Alain Rousset, le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine
Alain Rousset, le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine (Crédits : Agence APPA)
En évitant soigneusement de mentionner les élections régionales qui devraient se tenir en juin prochain, Alain Rousset a présenté ses vœux pour 2021 en s'appuyant sur ses fondamentaux politiques : soutien aux entreprises et décentralisation. Le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine milite également pour une réouverture expérimentale des musées et cinémas.

"Mon premier vœu c'est la lumière au bout du tunnel et la sortie de cette crise sanitaire et économique paradoxale qui génère de l'anxiété et de la souffrance mais aussi une forme de résilience et d'apaisement chez nos concitoyens", a débuté Alain Rousset, le président (PS) de la Région Nouvelle-Aquitaine, ce mercredi 13 janvier, avant d'esquisser les grandes lignes de sa politique un an après le début de la pandémie et six mois avant la fin de son mandat.

"Cette crise doit nous amener à penser plus loin, plus juste et plus efficace. Penser plus loin, c'est prendre en compte les conséquences des plans de licenciements actuels et futurs dans nos territoires et travailler à la nécessaire relocalisation de certaines activités stratégiques pour notre souveraineté, notamment en matière de santé. Il faut aussi travailler à la diversification de nos entreprises et préparer les sauts technologiques de demain", a-t-il déroulé.

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Le "plus juste" correspond dans son esprit à la "baisse des écarts de rémunération trop massifs aujourd'hui" et un redémarrage de "l'ascenseur social éducatif" dans "une société apaisée" qui accompagne mieux "les personnes âgées ou vulnérables mais aussi les personnels soignants mais aussi les caissières, les chauffeurs routiers, les enseignants, les agriculteurs et bien d'autres". Enfin, l'adjectif efficace recouvre évidemment le combat d'Alain Rousset pour davantage de décentralisation, en particulier à l'échelon régional.

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Travailler avec l'Etat sur le long terme

"Contrairement à l'Etat avec ses crédits d'impôts sans condition, nous décidons d'accompagner les entreprises qui se bougent, qui innovent, qui intègrent la transition énergétique, qui recrutent ! Nous examinons 2.600 dossiers d'entreprises par an et sur les 202 dossiers remontés au ministère des Finances dans le cadre du plan de relance pour 605 millions d'euros d'investissement, seulement 16 ont été retenus par Bercy. C'est nous qui allons prendre le relais pour nous occuper des 186 autres dans des domaines tels que le nautisme, l'agroalimentaire ou encore le solaire", assure Alain Rousset.

A ce stade, dans le cadre du programme France Relance, 26 entreprises de Nouvelle-Aquitaine ont été retenues dans la région pour 15 millions d'euros tandis que 23 autres sont lauréates du fonds de soutien à l'automobile et à l'aéronautique pour 18 millions d'euros, dont Texelis, Mécanat, Poral (ex Sintertech) ou encore Staero. Deux implantations de Saint-Gobain en Charente et en Creuse ont également été retenues dans le volet décarbonation de l'industrie.

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Un projet de Navalcampus

Pour le président du conseil régional, ce n'est pas suffisant :

"Que va faire l'Etat des 35 milliards d'euros apportés par l'Europe à la France pour la relance ? Pour être efficace, il faut un rapport plus étroit entre président et préfet de région et entre leurs services respectifs si l'on veut réellement accompagner les entreprises avec une vraie stratégie de long terme. Parce que la réindustrialisation et la transition énergétique, c'est du long terme !"

Alain Rousset cite ainsi les gros projets d'implantation signés en 2020 dans la région à l'instar de Flying Whales à Laruscade (Gironde) ou encore l'Airbus des batteries électriques entre Nersac, Poitiers et Bordeaux.

Dans un territoire où les difficultés économiques fleurissent, notamment aux Fonderies du Poitou, mais aussi en Lot-et-Garonne ou dans les Pyrénées-Atlantiques, l'élu régional mentionne également un projet d'investissement de 100 millions d'euros par la scierie corrézienne Farges Bois à Egletons ou encore sa volonté de concrétiser le projet d'un Navalcampus, centré sur les métiers de l'industrie nautique et la "dédiélisation des navires", à l'instar du projet Ferrocampus en cours de création à Saintes. "Dans beaucoup de territoires, il va falloir des plans de formation massifs soit pour changer de compétences, soit pour monter en compétences. Il faut une stratégie concertées de tous les acteurs de l'emploi au plus près du terrain", martèle Alain Rousset, qui reconnaît pourtant ne pas tellement être entendu par les gouvernements successifs.

Expérimenter les ouvertures de théâtres et cinémas

Sur tous ces sujets, celui qui se présente volontiers comme "un élu de gauche ami des entreprises" prépare néanmoins une contribution de 12 à 20 pages pour nourrir le projet du Parti socialiste en vue de l'élection présidentielle de 2022 : "Il faut enfin savoir qui fait quoi dans notre pays et la gauche a bien des choses à dire sur la décentralisation". Mais d'ici là, il faudra passer par le scrutin régional pour lequel il est déjà candidat sans le dire. Alors que le scrutin devrait vraisemblablement se tenir en juin 2021, Alain Rousset affrontera au premier tour une liste EELV, menée par Nicolas Thierry, une liste LR, une liste LREM, une RN et une LFI. Soit trois listes à gauche. "C'est comme d'habitude, les Verts sont toujours partis seuls avant de participer à la majorité et de quasiment tout voter. Je regrette seulement que dans le contexte actuel on ne propose pas une liste d'union complète qui aurait été une bonne chose. Maintenant, l'incarnation de la Région Nouvelle-Aquitaine, je la porte."

D'ici là, le président de région s'adresse aux acteurs de la culture en proposant notamment une réouverture expérimentale des musées et cinémas qui pourrait être menée dans la région. Il va écrire "dans la semaine" à Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture, pour évoquer ce sujet. "Je pense que toutes les expérimentations menées ont montré que ces lieux peuvent être rouverts en prenant toutes les précautions nécessaires. On a besoin de la culture", considère Alain Rousset.

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