Véhicules électriques : Emmanuel Macron lance "l'Airbus des batteries" en Charente

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Emmanuel Macron, à l'usine Saft de Nersac, en Charente.
Emmanuel Macron, à l'usine Saft de Nersac, en Charente. (Crédits : Thibaud Moritz / Agence APPA)
Le président de la République est venu à Nersac, en Charente, lancer symboliquement une ligne pilote de production de batteries au lithium pour véhicules électriques. Cet investissement des groupes Saft et PSA s'inscrit dans le projet "d'alliance européenne pour les batteries" qui bénéficiera de 3,2 milliards d'euros d'argent public d'ici à 2030 dans le but de produire en France et en Allemagne un million de batteries par an. À Nersac, 150 créations d'emplois sont annoncées dans les trois ans.

"Notre pari est de produire des batteries électriques à une échelle industrielle et vite [...] On va investir massivement avec nos industriels sur un plan de charge de plusieurs milliards d'euros", affirme Emmanuel Macron lors de sa visite de l'usine Saft, à Nersac, au sud-ouest d'Angoulême, en Charente. Ce site, inauguré en 2007, emploie 170 personnes et la nouvelle ligne pilote de production de batteries au lithium pour véhicules électriques doit entraîner la création de 150 emplois à Nersac et de 50 autres au centre de R&D de Bordeaux.

Une initiative stratégique franco-allemande

C'est accompagné de Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie et des Finances, d'Anja Karliczek, la ministre allemande de l'Éducation et de la Recherche, de Patrick Pouyanné, le PDG de Total, dont Saft est une filiale depuis 2016, et d'Alain Rousset, le président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, que le chef de l'État a lancé cet "Airbus des batteries". Car il s'agit bien d'un projet européen porté par un consortium entre Saft, PSA et Opel. Initiée par la France et l'Allemagne l'an dernier, cette "alliance européenne pour les batteries" a reçu le soutien de la Commission européenne puis des gouvernements belge, suédois, finlandais, italien et polonais.

Lire aussi : Automobile : Bruxelles donne son feu vert pour "l'Airbus des batteries"

L'objectif de cette initiative stratégique est triple : renforcer la souveraineté européenne ; répondre à l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050 avec le développement de la mobilité électrique et créer des emplois en France et en Europe. Les 3,2 milliards d'euros d'investissements publics annoncés sur dix ans, dont 850 millions d'euros par l'Etat français (690 M€) et les régions Nouvelle-Aquitaine et Hauts-de-France, auxquels s'ajouteront des investissements privés pour un total de 5 milliards d'euros doivent générer "entre 3.500 et 4.000 emplois directs (environ à moitié-moitié entre la France et l'Allemagne)", selon l'Élysée. Outre la ligne de fabrication de Nersac et le centre de R&D à Bordeaux qui sera renforcé, deux usines de grande ampleur sont prévues : l'une dans les Hauts-de-France en 2023 et l'autre en Allemagne.

"La batterie est l'un des éléments stratégiques des véhicules électriques et représente 30 à 40 % de la valeur du véhicule : faire émerger une offre industrielle française et européenne dans le domaine des batteries est un enjeu clé de souveraineté européenne, afin de ne pas dépendre à terme d'approvisionnements étrangers en particulier asiatiques. La Chine, la Corée et, dans une moindre mesure le Japon, pourraient augmenter leurs prix et ont déjà commencé à le faire", relève le chef de l'État devant les salariés de l'usine Saft. "Ce premier site pilote, fruit d'une alliance entre le public et le privé, doit nous permettre d'aller beaucoup plus loin et beaucoup plus fort !"

Un million de batteries par an en 2030

À l'horizon 2030, ce projet ambitionne en effet de produire en France et en Allemagne "un million de batteries électriques par an, soit entre 10 et 15 % du marché des véhicules électriques à cette échéance", explique Patrick Pouyanné, le président de Total, qui poursuit : "Nous avons le double objectif de produire des batteries disposant d'une autonomie supérieure de 20 % aux batteries actuelles et d'un temps de recharge divisé par deux." Ces deux objectifs doivent être mis à l'épreuve sur la ligne pilote de Nersac d'ici mi-2021 avant de passer à l'échelle supérieure dans des usines "dix fois plus grandes" dans les Hauts-de-France à partir de 2023/2024 puis en Allemagne.

À Nersac, 170 salariés fabriquent déjà des batteries électriques, dont 80 se concentrent sur les batteries au lithium. Les modules fabriqués en Charente servent pour la traction des avions, des chariots élévateurs, des lanceurs de fusée et bientôt des TGV. La fabrication des électrodes, l'assemblage et le traitement électrique sont fabriqués sur place où 50 millions d'euros ont déjà été investis ces dernières années.

Ce site pilote, où 200 millions d'euros supplémentaires seront investis, capitalisera sur le savoir-faire de Saft en matière de batterie électrique et sur celui du constructeur automobile PSA en matière de fabrication à grande échelle avec, souligne l'Élysée, "l'ambition de devenir à terme le leader mondial des batteries servant les constructeurs de véhicules électriques". 150 emplois qualifiés devraient être créés sur le site de Nersac sous trois ans et 50 postes d'ingénieurs seront ouverts à Bordeaux. Une fois passée la phase pilote, le site sera amené à produire des batteries lithium-ion et d'autres produits de stockage d'énergie.

"C'est une aventure industrielle incroyable qui a commencé il y a plus de quinze ans avec la création de laboratoires de la Saft à Pau et Bordeaux. C'est le résultat de la mobilisation de tout un consortium industriel et de toute la région", juge Alain Rousset, le président du conseil régional. "C'est une excellente nouvelle pour la commune de Nersac d'accueillir un projet de cette envergure et qui s'inscrit dans l'avenir", se félicite de son côté André Bonichon, le maire de cette commune de 2.500 habitants.

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a écrit le 31/01/2020 à 11:37 :
C'est très bien. On va encore voir une cohorte de loosers et blasés déverser leurs avis "éclairés". L'Europe dispose de beaucoup d'atouts pour prendre la place qui est la sienne sur ce marché. Avec une telle mentalité, les coréens et chinois ne seraient pas devenus les leader qu'ils sont aujourd'hui en si peu de temps.
a écrit le 31/01/2020 à 10:39 :
Un souflette de vent, deux flocons de neige et voila, des milliers des foyers coupes d'electricite. Millions de compteurs Linky non adaptees. La France en voiture electrique.
a écrit le 31/01/2020 à 10:26 :
A quand un airbus plan hydrogène ???
a écrit le 31/01/2020 à 9:38 :
Au moins un dirigeant politique qui n'e regarde pas l'avenir dans un rétroviseur comme la majorité des autres.
a écrit le 31/01/2020 à 0:07 :
IL n'y a aucune chance d'extraire assez de lithium des gisements pour supporter production en masse des vehicules electriques c.a.d dizaines de millions ou meme moins de 10 million VEs par an. En 2007-08 la production globale etait 100.000 t du LCE (lithium carbonate equivalent) - maintenant c'est 200.000. La Chine seule veut 800.000 par an par 2025!! Chaque jour je vois des gros titres - objectifs de vente de VEs par Audi, Volvo, Volkswagen revise a la bas - car pas assez des batteries. Mon rapport de 2008 The Trouble with Lithium a tout analyse pour essayer de sauver l'indsutrie de cette stupidite. Si cet argent est destine au batteries a Lithium c'est destine a se gaspiller. Il faut une autre technologie que lithium.
a écrit le 30/01/2020 à 23:17 :
La batterie sera toujours indispensable pour démarrer et aux petits véhicules citadins . Mais l'avenir c'est la pile à combustible et c'est beaucoup plus important . Là encore les chinois sont en avance ...
Réponse de le 31/01/2020 à 8:38 :
La pile à combustible est très intéressante en théorie, mais beaucoup trop lourde, trop cher et dangereuse avec l'hydrogène. Les batteries électriques qui existent aujourd'hui dans les laboratoires promettent encore un bel avenir à cette technologie qui commence à peine à s'industrialiser. Des labos arrivent à doubler la densité énergétique des batteries, avec en plus une sécurité accrue et un temps de charge réduit. Les 20% d'autonomie supplémentaires des batteries européennes sont déjà théoriquement dépassés...
a écrit le 30/01/2020 à 18:35 :
tout le monde sait que vu les chiffres, c'est la chine qui va concentrer les batteries
ce qui est rigolo c'est ces politicards, qui pour faire plaisir a la petite autiste haineuse, font n'importe quoi pour garder une bonne image ( qu'ils vont de toute facon perdre), et qui se rendent compte qu'il va y avoir des pbs, surtout si la chine decide de ne plus approvisionner en batteries
bon, ils vont aussi decouvrir que toutes ces batteries ca va produire des metaux lourds et de l'acide dont personne ne saura quoi faire, mais ca c'est pour plus tard
Réponse de le 30/01/2020 à 21:36 :
"La petite haineuse..." comme vous dîtes.

C'est drôle, car moi ce sont plutôt ses détracteurs que je trouve haineux. Déjà par les termes agressifs et violents qu'ils utilisent à son endroit.

Ces gens sont bien de l'ordre ancien. Ils ont besoin de boucs émissaires pour cacher leur incapacité à comprendre le monde qui les entoure et les enjeux qui en découlent.

Ils me font penser aux haineux des années trente...
a écrit le 30/01/2020 à 15:44 :
La plupart des constructeurs de voitures en Asie axent leurs prod surtout sur l'hybride. Les batteries y ont un role d'appoint. Pour les longs parcours c'est le thermique qui est sollicite et recharge au besoin.
Faire un choix techno comme celui ci est totalement delirant.
a écrit le 30/01/2020 à 13:54 :
Rien contre cette initiative, qui est positive.
Mais sur la technologie au lithium les asiatiques (et Tesla) sont très en avance et croire que Saft puisse devenire leader mondial dans les batteries pour automobiles tant qui'il n'y aura pas une révolution technologique (il s'agit donc d'investir dans les technologies qui ont le potentiel pour) c'est vraiment du n'importe quoi.
Réponse de le 30/01/2020 à 15:58 :
On parle de transport... pas uniquement de "voitures". pourriez vous développee : "Mais sur la technologie au lithium les asiatiques (et Tesla) sont très en avance"

Parce que Tesla est allié à Panasonic et que les industriels de cet acabit privilégient toujours l'industrialisation et la rentabilité de la production au dépend de l'innovation. Si un concurrent bouscule le marché en sortant un produit plus performant, les concurrents du secteur emboiteront le pas. Mais comme beaucoup d'enquêtes l'ont montré, il y a souvent entente entre acteurs d'un même secteur pour bloquer la concurrence et l'innovation au détriment des consommateurs (en 2016 la commission a infligé des amendes à Samsung SDI, Panasonic(tient tient) SOny et Sanyo).

Il semble que votre connaissance en terme de stratégie d'entreprise vous manque et votre étroitesse de vue pour traduire "transport" en "voiture" n'est pas rassurant (camions, motos, trains, bateaux, etc. etc. n'existent-ils donc pas ?)....
a écrit le 30/01/2020 à 13:41 :
On se réveille pourquoi ? Parce que la valeur ($$$) part ailleurs, vu que c'est 1/2 à 1/3 du prix du véhicule ? Avant c'était pas rentable parce qu'on va ne fabriquer que pour l'UE (première puissance économique) mais pas les exporter comme font les fabricants de 2020 ? Trop cher ? Trop tôt ? Ou les contraintes écologiques rendent la construction de véhicules électriques incontournable ? Avant on essayait de réduire le CO2, les particules, tant bien que mal, l'électrique c'était une niche, pour des "illuminés". :-)
La e-208 à 31 000€ minimum (hors aides d'Etat), contrairement à la Zoé, on achète la batterie avec la voiture, mais y a une garantie, pour ne pas débourser 10 000€ trop vite. :-)
a écrit le 30/01/2020 à 13:36 :
Avant toute chose il faudra produire de l’électricité et comme on ne fait rien de ce côté, sinon fermer des centrales nucléaires, on fait tout ã l’envers
a écrit le 30/01/2020 à 13:30 :
Lot, Charente, Corrèze... heu il veut pas faire sa propagande électorale ailleurs notre doudou national svp ? C'est parce que nous sommes la région dans laquelle on ne lui jette pas de tomates qu'il vient si souvent ?

Oui bon ça va on est peut-être plus civilisé qu'ailleurs mais faut pas abuser non plus de l'hospitalité des gens hein...
Réponse de le 30/01/2020 à 13:48 :
"Doudou" Macron s'occupe d'un projet structurant pour le futur de l'industrie européenne des transports. De leur côté, les jaunes s'agitent sur les ronds-points, déblatèrent des injures rances sur Twitter en se croyant très importants, et font griller des merguez.
Bref, chacun est à sa place.
Réponse de le 30/01/2020 à 14:23 :
""Doudou" Macron s'occupe d'un projet structurant pour le futur de l'industrie européenne des transports. "

Tu peux développer ? Parce que s'il y a bien deux mots dont on a absolument jamais entrevu l'union c'est "stratégie" et Macron.

Stratégie des marchés financiers de l'union européenne ? Là je veux bien mais une nouvelle fois c'est pas de Macron celui-ci n'étant pas à l'origine de cette stratégie étant un simple outil de cette stratégie.

Ou t'es juste venu m'imposer une petite prière ?

Amen mon frère et sache que ce n'est sans aucune violence que je te signale.
Réponse de le 30/01/2020 à 15:00 :
SI je peux pas répondre, etsi vous êtes bordélique au point de perdre les réponses je n'y peux rien, et que je peux pas non plus faire supprimer les trollages, vous virez mon commentaire de base vous ne l'instrumentalisez pas.
Réponse de le 30/01/2020 à 20:56 :
Non je ne vais pas développer : sur le plan technique je le pourrais aisément, le stockage d'énergie est un domaine connexe à mon activité pro que je pratique à haut niveau; mais outre que, même sans être un expert hyper pointu du sujet cela serait tout de même techniquement incompréhensible pour 99.999% des intervenants de ce forum, cela n'aurait aucun intérêt puisque le principal but de votre intervention ne concernait pas le sujet industriel et technique sous-jacent, mais seulement de dire par principe tout le mal que vous pensez de Macron. Je n'ai donc pas de temps à perdre. Disons simplement que Macron fait son job de politique: mettre de l'huile dans les rouages d'un projet industriel vaste et complexe, a forts enjeux, où la seule unité d'échelle capable de nous confronter avec succès à la Chine est l'Europe. Après, les gars comme moi prennent le relai pour les aspects techniques. Macron fait le job, comme d'autres l'auraient fait à sa place s'ils avaient été élus. C'est tout. Ce n'est pas une raison pour le "descendre" par pure idéologie, surtout sur un sujet à la base technique donc apolitique.
Vous pouvez me signaler autant que vous le voulez: si cela peut un peu apaiser votre énervement et votre hargne anti-Macron, j'en serai heureux. Je vous ferais toutefois remarquer que lorsque l'on n'accepte pas le débat contradictoire, il ne paraît pas très avisé de participer à un forum comme celui-ci.
Réponse de le 31/01/2020 à 8:37 :
@ multipseudos:

JE n'ai pas de hargne contre Macron puisqu'il n'est qu'une victime du mode de fonctionnement de notre système que je décris souvent, donc ne t'inquiètes pas je n'en veux pas à doudou j'en veux à ceux qui l'ont installé là sans lui expliquer tout ce qu'il risquait, ceux qui l'ont envoyé au casse pipe en sommes.

On ne traite pas les gens, même crédules, de la sorte. On assume sa main mise sur le pouvoir, on ne se cache pas derrière une victime.
a écrit le 30/01/2020 à 13:27 :
Il faudrait aider le CEA et le CNRS dans leurs recherches sur la batterie au sodium pour vraiment atteindre l'indépendance énergétique dans ce secteur d'activité (comprendre plus de lithium, de cobalt, etc.). Il est temps pour les labos publics d'avoir le soutien des politiciens.
Réponse de le 30/01/2020 à 13:50 :
Le CEA LITEN à Grenoble est très en pointe sur les batteries Li-ion (notamment la caractérisation et le vieillissement des cellules unitaires), et travaille avec de nombreux industriels des secteurs des transports, de l'aéronautique de le défense.
a écrit le 30/01/2020 à 12:57 :
Restera à concevoir des véhicules électriques répondant beaucoup mieux à tous les besoins de remplissage (1, 2, ou 3 passagers), très profilés, et pas que pour satisfaire les ambitions de s'en mettre plein les poches..., tel l'ancien patron de Renault. ____Car, le marché ne suivra que si les prix baissent, et fortement même. _____Que les stations de charge rapide se multiplient et remplacent progressivement les pompes des thermiques, sauf pour les véhicules au gaz et en bioéthanol !

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