Régionales : Alain Rousset donné gagnant en Nouvelle-Aquitaine après un 1er tour serré face au RN selon le sondage La Tribune-IFOP-Europe 1

Le président sortant Alain Rousset (PS) avec 24 % et la candidate RN Edwige Diaz, avec 23 %, arriveraient en tête au coude-à-coude au soir du premier tour des élections régionales en Nouvelle-Aquitaine le 20 juin prochain, selon le sondage exclusif réalisé par l'IFOP pour La Tribune et Europe 1. Au second tour, Alain Rousset est donné gagnant dans tous les cas de figure : triangulaire ou quadrangulaire. Retour en détails sur les rapports de force politiques à trois semaines du scrutin.

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Alain Rousset (PS) et Edwige Diaz (RN) arriverait en tête au premier tour selon le sondage exclusif IFOP-La Tribune-Europe 1 publié ce 3 juin.
Alain Rousset (PS) et Edwige Diaz (RN) arriverait en tête au premier tour selon le sondage exclusif IFOP-La Tribune-Europe 1 publié ce 3 juin. (Crédits : Agence APPA / RN)

"La Nouvelle-Aquitaine se distingue par une incertitude assez nette sur l'ordre d'arrivée des candidats en tête au soir du premier tour et, en même temps, sur des scénarios de second tour clairement favorables à Alain Rousset puisque le Rassemblement national n'apparaît pas en mesure de prendre la Région", résume Frédéric Dabi, le directeur général de l'institut de sondage IFOP.

Un écart dans la marge d'erreur

Trois jours après le début de la campagne officielle et à quelques heures du débat entre six candidats organisé ce jeudi 3 juin à 18h, La Tribune et Europe 1 publient en exclusivité un sondage IFOP sur les intentions de vote aux élections régionales des 20 et 27 juin en Nouvelle-Aquitaine. A moins de trois semaines du premier tour, ce sondage vient confirmer les tendances de la précédente enquête d'opinion datant de début mai.

Alain Rousset, le président sortant du conseil régional (PS, PC, PRG) et candidat à un 5e mandat, est crédité de 24 % des votes au premier tour, contre 25 % début mai. Il devancerait ainsi d'une courte tête Edwige Diaz, la candidate du Rassemblement national, qui obtiendrait 23 % des suffrages, contre 24 % début mai. L'écart séparant les deux candidats est donc inférieur à la marge d'erreur, comprise entre un et trois points, de cette enquête réalisée par l'IFOP sur internet du 26 au 31 mai 2021 auprès d'un échantillon de 1.000 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d'un échantillon de 1.103 personnes représentatif de la population de Nouvelle-Aquitaine de 18 ans et plus.

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Derrière ce duo de tête qui franchit la barre des 20 %, c'est le statu quo puisque l'ordre des positions ne change pas par rapport à début mai avec Geneviève Darrieussecq (LREM, Modem, UDI) qui est toujours créditée de 19 % des intentions de vote, soit cinq points de mieux que son adversaire de la droite, Nicolas Florian (LR, Nouveau centre) qui obtiendrait 14 %. Vient ensuite la dernière liste semblant en mesure de se qualifier au second tour, celle de Nicolas Thierry (EELV) qui est donnée à 11 % au soir du 1er tour, soit un point de mieux qu'il y a un mois, tandis que celle menée par Clémence Guetté (LFI / NPA) plafonne à 5 %. En dessous de ce seuil des 5 %, qui permet de fusionner avec une liste qualifiée pour le second tour, le Mouvement de la ruralité mené par Eddie Puyjalon obtiendrait 3 %, soit un point de mieux que début mai, tandis que la liste de Lutte ouvrière de Guillaume Perchet est toujours évaluée à 1 %.

L'incertitude de l'abstention

La participation estimée par l'IFOP au scrutin des 20 et 27 juin 2021 est de 40 %, ce qui situe la Nouvelle-Aquitaine dans la moyenne nationale et aboutirait à un taux de participation en retrait de 11 points par rapport à 2015. Mais ce niveau de participation, plutôt encourageant puisqu'il serait, par exemple, supérieur à celui des élections municipales à Bordeaux (38 %), est cependant difficile à estimer tant il peut varier à la hausse ou à la baisse en fonction notamment du déroulement la campagne à venir, de l'évolution du contexte sanitaire ou encore de la météo le jour J. Les plus déterminés à aller voter sont les électeurs RN (58 %) et les plus de 65 ans (55 %) tandis que les moins certains sont les 18-24 ans (16 %) et les écologistes (30 %). La participation est par ailleurs attendue plus forte en Aquitaine (43 %) qu'en Limousin (39 %) et qu'en Poitou-Charentes (35 %).

Dans tous les cas, ces résultats sont à lire avec la plus grande précaution puisque, pour mémoire, aux élections régionales de décembre 2015, à quelques jours du 1er tour, c'est Virginie Calmels (droite et centre) qui était donnée en tête des sondages, avec entre deux et six points d'avance sur Alain Rousset, avant de finalement terminer trois points derrière lui au soir du premier tour et avec dix points de retard au soir du second tour.

Alain Rousset donné vainqueur au second tour

Pour le second tour de 2021, justement, l'IFOP a testé deux scénarios : une quadrangulaire avec une liste Rousset-Thierry, une liste Diaz, une liste Darrieussecq et une liste Florian ; une triangulaire avec une liste Rousset-Thierry, une liste Diaz et une liste Darrieussecq-Florian. Dans les deux cas, Alain Rousset l'emporterait sans difficulté avec un écart très supérieur à la marge d'erreur de trois points.

L'hypothèse de la quadrangulaire le donne à 37 %, contre 24 % à Edwige Diaz, soit quasiment le même score qu'au 1er tour, 22 % à Geneviève Darrieussecq et 17 % à Nicolas Florian. L'hypothèse de la triangulaire le porterait à 42 % contre 30 % à la fusion Darrieussecq-Florian et 28 % à Edwige Diaz. Avec le soutien des écologistes, le candidat socialiste serait donc en mesure de l'emporter nettement face au RN, sans le soutien de la droite et du centre. Pour mémoire, en 2015, la triangulaire avait abouti à la victoire d'Alain Rousset avec 44,3 % devant la droite et le centre (34,1 %) et l'extrême-droite (23,2 %).

Un duel bien installé en tête au 1er tour

Crédité de 24 % au premier tour, le candidat socialiste Alain Rousset perd donc un point par rapport à début mai et six par rapport à son résultat de 2015, où il avait atteint la barre des 30 %. De son côté, la jeune candidate du RN ne fait pas de bond dans les intentions de vote puisqu'elle obtiendrait exactement le même score que les 23,2 % de la liste menée par son prédécesseur du FN Jacques Colombier en 2015.

"Alain Rousset est très en dessous de son étiage de 2015 dans un contexte général de dégagisme pas forcément favorable aux sortants. Il est, par exemple, en repli chez les retraités où il avait été très bon en 2015. Au final, il disposait il y a cinq ans de trois points d'avances sur sa concurrente de droite et on voit qu'en 2021 son avance sur le RN est inférieure à la marge d'erreur, il y a donc une vraie incertitude sur l'identité du candidat qui arrivera en tête au premier tour", observe Frédéric Dabi. "Mais, globalement, le total des voix de gauche se maintient bien dans la région en étant autour de 41 % contre 45 % en 2015, ce qui tranche avec la situation au plan national très défavorable à la gauche."

Alain Rousset réussit à capter environ un quart des électeurs de Macron de 2017 et également près de 40 % des électeurs écologistes aux élections européennes de 2019. Il est aussi en bonne place chez les employés, les peu ou pas diplômés et les très diplômés et classes moyennes supérieures. Elu en Gironde et président de l'ex-Aquitaine depuis 1998, il est aussi logiquement meilleur en Aquitaine qu'ailleurs. De son côté, le Rassemblement national, avec 23 %, est crédité d'un score plus élevé que celui obtenu par Marine Le Pen dans la région en 2017 (19 %) mais ne progresse pas par rapport à 2015. Edwige Diaz reste en bonne position en Limousin, chez les ouvriers, les salariés, les 50-64 ans et ses cibles classiques que sont les chômeurs, les peu ou pas diplômés et les classes les plus modestes.

La bataille du centre-droit

Dans le duel fratricide à droite et au centre entre Geneviève Darrieussecq (19 %) et Nicolas Florian (14 %), la première garde un avantage. "Elle semble prendre le dessus sur son adversaire de droite mais reste néanmoins très en retrait par rapport au score d'Emmanuel Macron à la dernière présidentielle qui était à 25 % dans la région et même par rapport à celui de Virginie Calmels en 2015", souligne Frédéric Diabi. C'est plutôt logique puisque les électeurs de Virginie Calmels se répartissent quasi à égalité entre les deux listes de Geneviève Darrieussecq et de Nicolas Florian. De son côté, Nicolas Florian, à 14 %, ne perce pas puisqu'il est en net retrait par rapport au score de François Fillon de 2017 (18 %), dans une région peu favorable à la droite en général. "Est-ce qu'il y aura un vote utile des électeurs centristes au profit de Geneviève Darrieussecq pour inquiéter Alain Rousset ? Pour l'instant, on ne le voit pas", juge Frédéric Dabi.

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Au total, aucun de ces deux candidats ne semble en mesure de concurrencer le duo de tête au premier tour, ni d'être en position de faiseur de roi au second tour puisque, s'il obtient le soutien des Verts, Alain Rousset est donné gagnant dans tous les cas de figure. Il semble même que les voix du 1er tour ne s'additionnent pas totalement au second tour entre Geneviève Darrieussecq et Nicolas Florian puisqu'en cas de fusion, la liste n'est créditée que de 30 %. Une partie de cette électorat centriste semble alors repartir chez Alain Rousset.

Les Verts et l'attelage LFI/NPA à la peine

Encore un cran en dessous, les écologistes de Nicolas Thierry, sont dans une situation ambivalente dans une région où leurs ambitions sont grandes après leur victoire à Bordeaux et à Poitiers en juin 2020. Et si, avec 11%, peu ou prou le même score qu'en Occitanie voisine, ils sont crédités d'un score deux fois plus élevés que les 5,6 % obtenus en 2015, ce qui leur permettrait de se qualifier au second tour, ils sont encore très loin du duo, voire du trio de tête.

"Les Verts feraient deux fois mieux qu'en 2015 mais moins que les 13 % des Européennes de 2019. Ils souffrent, au niveau local, du bénéfice du sortant Alain Rousset qui capte 40 % de leur électorat et, au niveau national, d'une campagne globalement compliquée pour les Verts parce que parasitée par une suite de petites polémiques. Quoi qu'il en soit, on ne semble pas du tout être dans un scénario surprise qui verrait EELV arriver en tête", estime le directeur général de l'IFOP.

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Enfin, la fusion singulière entre La France insoumise (LFI) et le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), derrière Clémence Guetté, trentenaire proche de Jean-Luc Mélenchon, semble avoir du mal à convaincre dans une région où le leader de LFI était pourtant arrivé en 2e position à la présidentielle de 2017 avec près de 21 % des suffrages. "Cet attelage ne prend pas dans un contexte national où la France insoumise n'est pas en mesure de jouer les premiers rôles. La liste de Clémence Guetté est créditée, à peu de choses près, du même score qu'Olivier Dartigolles aux régionales de 2015 (4,85 %)", souligne Frédéric Dabi.

Enfin, la liste du Mouvement de la ruralité, menée par Eddie Puyjalon et soutenue activement par Jean Lassalle, dont le nom figurait explicitement dans l'enquête réalisée par l'IFOP, n'arrive pas à percer malgré la notoriété du Béarnais candidat à l'élection présidentielle. La liste n'est créditée que de 3 %, ce qui est tout de même un point de mieux que début mai. La liste de Lutte ouvrière de Guillaume Perchet est évaluée à 1 % soit le même score qu'en 2015.

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Commentaires 3
à écrit le 05/06/2021 à 11:22
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on aura bientôt la fibre optique et la 5G dans tous les villages mais toujours pas d'eau l'été, on a dépensé des millions d'euros pour des études sur l'adaptation au dérèglement climatique et on a financé la destruction des réserves d'eau au lieu d'...

à écrit le 04/06/2021 à 5:13
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On aura bientôt la fibre optique et des trains dans tous les villages mais toujours pas d'eau l'été ! La sécheresse 2021 a commencé en France par le Sud Deux Sèvres, comme tous les ans depuis 20 ans elle sera pire que la précédente et comme tous les...

à écrit le 03/06/2021 à 13:49
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Absolument dé-bor-dée ! ou Le paradoxe du fonctionnaire Zoé Shepard : Rousset l'a mise à pied puis au placard !

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