Régionales : au NPA l'opposition à Philippe Poutou n'a pu empêcher l'alliance avec LFI

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Philippe Poutou (à droite) et Jean-Luc Mélenchon en 2012 à Sanofi à Toulouse pour un des jeudis de la colère. (DR)
Philippe Poutou (à droite) et Jean-Luc Mélenchon en 2012 à Sanofi à Toulouse pour un des "jeudis de la colère". (DR)
Les Régionales 2021 sont un nouveau pas en avant dans le rapprochement de La France Insoumise (LFI) avec le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Une stratégie de fusion dont Bordeaux et maintenant la Nouvelle-Aquitaine sont devenus le laboratoire national. Pour autant l'opposition interne au sein du NPA à cette stratégie ne faiblit pas. La désignation du candidat NPA à la Présidentielle, au mois de mai prochain, va-t-elle précipiter l'implosion du parti trotskyste ?

La création en Nouvelle-Aquitaine de la liste d'union pour les Régionales entre LFI (La France insoumise) et NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) ne fait pas l'unanimité au sein du parti trotskyste. Si cette liste d'union baptisée « On est là ! », dont Clémence Guetté (LFI) est la cheffe de file et Philippe Poutou (NPA) l'un des porte-paroles, annonce aussi agréger des mouvements associatifs écologistes, sociaux, citoyens, antiracistes, LGBT+ et Gilets jaunes de Nouvelle-Aquitaine, l'opposition qu'elle suscite au sein du NPA reste intacte.

Lire aussi : Régionales : en Nouvelle-Aquitaine la France Insoumise fusionne avec le NPA

Philippe Poutou, ancien candidat NPA aux Présidentielles de 2017, élu d'opposition (avec le collectif Bordeaux en luttes) à la mairie de Bordeaux mais aussi à Bordeaux Métropole, a déjà eu l'occasion de le souligner à plusieurs reprises : pour lui l'important c'est désormais de passer à l'action, et donc d'essayer d'obtenir des victoires, même modestes, lors des élections. Hors de question pour lui de renoncer à ce rapprochement avec LFI, qui a commencé à se mettre en place à Bordeaux lors des Municipales de 2020, faisant de la ville un laboratoire politique à vocation nationale.

L'opposition interne au rapprochement avec LFI se poursuit

Mais c'est aussi en Gironde que Philippe Poutou fait peut-être face à l'une des oppositions internes au NPA les plus mobilisées du pays. Une opposition actuellement incarnée dans le département par le courant "Révolution permanente-NPA" et sa jeune porte-parole : Petra Bernus.

"La création de la liste « On est là ! » est anti-démocratique parce qu'il y a une majorité au NPA, au-delà même de notre courant Révolution permanente, qui s'y oppose ! En plus de Bordeaux et de la Gironde, c'est particulièrement le cas dans notre région en Charente et en Corrèze", relève Petra Bernus.

La crise interne que connait aujourd'hui le NPA oppose son courant historique, issu de la LCR (Ligue communiste révolutionnaire), à l'origine de la création du parti, auquel appartiennent aussi bien Philippe Poutou qu'Olivier Besancenot, et une constellation de plusieurs courants. L'addition de ces derniers forme un ensemble qui s'est montré tout juste plus important que le courant historique lors d'une consultation organisée il y a quelques mois, sans pour autant constituer une force politique unifiée.

Lire aussi : Municipales à Bordeaux : les premiers colistiers de Bordeaux en Luttes avec Philippe Poutou

Pourquoi Petra Bernus n'aime pas la campagne de Clémence Guetté

Autrement-dit le courant historique du NPA reste en tant que tel encore très fort en interne. Un rapport de force positif sur lequel s'appuie Philippe Poutou pour légitimer, au moins en partie, sa stratégie de rapprochement avec LFI.

"Le congrès de 2018 a donné le courant historique en tête, mais depuis les choses ont évolué et on a vu qu'il n'était plus majoritaire dans le parti. Mais le NPA traverse une crise profonde et une partie de la direction politique a même annoncé qu'elle était prête à partir", éclaire Petra Bernus.

Ce qui ne l'empêche pas de combattre le rapprochement du NPA avec LFI.

Petra Bernus 2 NPA Révolution Permanente

Petra Bernus (photo Agence Appa)

"Aujourd'hui LFI dit que les Régionales sont un tremplin pour les Présidentielles. Quand Clémence Guetté dit que sa liste est là pour faire entrer les Néo-Aquitains au conseil régional, contre Alain Rousset, nous disons que c'est une illusion. Parce que les collectivités territoriales ont très peu d'autonomie d'action. Cette liste « On est là ! » veut donner l'impression qu'avec le bon bulletin il est possible de changer de politique dans la Région. Mais c'est faux ! Il n'y aura que des miettes à ramasser pour les jeunes et les ouvriers !", attaque Petra Bernus.

Le NPA choisira son candidat au mois de mai

Malgré leur opposition, les courants hostiles au rapprochement du NPA et de LFI n'ont pas été en mesure de contrer l'initiative de Philippe Poutou. Tout d'abord à cause du rapport de force interne établi lors du dernier congrès de 2018 mais aussi parce que le congrès 2021, qui aurait pu permettre de réactualiser l'influence de chaque courant a été, pour des raisons sanitaires, reporté. Au point que les Régionales ne sont plus vraiment un sujet central même si elles constituent le banc test national d'une nouvelle stratégie unitaire du NPA avec LFI.

"Nous ne voulons pas d'une candidature de l'union de la gauche pour les Présidentielles, nous ne voulons pas que Mélenchon soit notre candidat. Il est désormais certain que le congrès n'aura pas lieu avant l'automne, ce qui sera trop tard pour choisir un candidat NPA pour les Présidentielles. C'est donc le Conseil politique national qui se réunit au mois de mai qui va trancher la question", déroule Petra Bernus.

Son courant a décidé de proposer la pré-candidature d'Anasse Kazib, cheminot et syndicaliste (Sud Rail) membre du NPA depuis 2017, qui se définit comme un "marxiste révolutionnaire". Candidature qui n'est pas celle du NPA. Questionné par La Tribune à ce sujet, Philippe Poutou avait expliqué qu'il ne comptait pas se présenter une nouvelle fois à l'élection présidentielle.

Lire aussi : Candidats, stratégies, projets : le point sur les élections régionales en Nouvelle-Aquitaine

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Commentaires
a écrit le 08/05/2021 à 4:10 :
Je vous félicite, tous ensemble est mieux, éparpillés en morceaux nous n'arriverons jamais de battre le capitalisme qui est la maladie de la Terre
a écrit le 12/04/2021 à 11:00 :
L'avantage est que nous avons déjà eu les expériences de Podemos mais surtout le mouvement 5 étoiles et Syriza, clairement identifiés à gauche avant d'être élus puis devenus vulgaires néolibéraux comme les autres juste après.

Elections piège à gonds ou les souris votent pour les chats.

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