Régionales : les CCI de Nouvelle-Aquitaine listent leurs priorités économiques

Parlement des entreprises, souveraineté, formation et RSE mais aussi apprentissage, champions mondiaux, LGV et travaux routiers : les 14 Chambres de commerce et d'industrie de Nouvelle-Aquitaine publient 21 propositions "pour répondre aux nouveaux défis de l'économie régionale". Une feuille de route à l'attention des candidats au scrutin régional des 20 et 27 juin 2021.

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Jean-François Clédel, le président de la CCI Nouvelle-Aquitaine, et Hervé Fauchet, le président de la CCI Rochefort-Saintonge, ont présenté les 21 propositions du monde économique en vue des élections régionales des 20 et 27 juin 2021.
Jean-François Clédel, le président de la CCI Nouvelle-Aquitaine, et Hervé Fauchet, le président de la CCI Rochefort-Saintonge, ont présenté les 21 propositions du monde économique en vue des élections régionales des 20 et 27 juin 2021. (Crédits : PC / La Tribune)

"C'est une source de propositions formulées par les entreprises où le futur exécutif régional, qui dispose de la compétence quasi-exclusive en matière économique, pourra venir piocher tout au long de son mandat", explique Hervé Fauchet, le président de la CCI Rochefort et Saintonge, lundi 31 mai.

Cette source de propositions c'est la feuille de route "Neo Œconomia" élaborée par les 14 CCI de Nouvelle-Aquitaine et la Chambre régionale en vue des élections régionales, dont la campagne officielle vient de débuter. Le document d'une quarantaine de pages liste 21 propositions pour répondre à quatre défis : la souveraineté régionale et la compétitivité des entreprises ; les transformations sociales et environnementales ; le développement des compétences ; et l'attractivité de tous les territoires.

"Pas de déconnexion vis-à-vis des sujets économiques"

Ce livre blanc a été soumis à cinq des huit candidats au scrutin régional : Geneviève Darrieussecq (LREM, Modem, Agir, UDI, Mouvement radical, TDP), Edwige Diaz (RN), Nicolas Florian (LR, Les Centristes, NC), Alain Rousset (PS, PC, PRG) et Nicolas Thierry (EELV). "Ces cinq têtes de liste ont bien réagi à nos propositions et les ont pris au sérieux. Ils sont tous globalement favorables à cette feuille de route sauf, peut-être, le candidat écologiste qui était plus réservé sur le volet attractivité qui soutient les lignes à grande vitesse, les infrastructures routières et les aéroports régionaux", précise Jean-François Clédel, le président de la CCI Nouvelle-Aquitaine.

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"Tous les candidats ont conscience de l'importance de l'économie pour la région, il n'y pas de déconnexion vis-à-vis de ces sujets et c'est un grand progrès par rapport à ce qu'on a connu auparavant ! ", appuie Hervé Fauchet, qui a piloté le groupe de travail aboutissant à ce livre blanc qui sera adressé à tous les candidats et têtes de liste départementales.

Créer un Parlement des entreprises

La première proposition est assez iconoclaste et risque de ne pas plaire au Ceser (conseil économique, sociale et environnemental régional) puisqu'il s'agit de créer un "Parlement des entreprises" réunissant les élus des réseaux consulaires : CCI, Chambres de métiers et d'artisanat et Chambres d'agriculture. "Le Ceser représente toute la société civile et publie des rapports d'une grande qualité mais qui arrivent bien souvent trop tard par rapport au rythme auquel avance l'économie. Nous proposons d'avoir un lieu où parler spécifiquement des problématiques des entreprises en amont de l'élaboration des politiques publiques régionales", détaille Jean-François Clédel. "On estime que l'économie vaut bien cette strate supplémentaire et les candidats ont trouvé l'idée originale même si pas simple à mettre en œuvre", ajoute Hervé Fauchet, qui cite l'exemple de l'instance mise en place depuis 2017 dans les Pays-de-la-Loire.

Parmi la vingtaine d'autres propositions, les CCI plaident pour reconquérir une souveraineté économique, notamment dans la santé et l'agroalimentaire, faire émerger une dizaine de champions mondiaux d'ici dix ans, accompagner les filières frappées par la crise, notamment l'aéronautique, renforcer les fonds propres des entreprises en mobilisant l'épargne des Néo-aquitains et accélérer la transformation numérique des entreprises, surtout les TPE/PME.

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Eco-bonus environnemental et télétravail

Il est également question de promouvoir les démarches RSE (responsabilité sociétale des entreprises) et de former les dirigeants à ces enjeux, d'accélérer la transition écologique et énergétique des modèles économiques, de déployer un système d'éco-bonus environnemental plutôt que déco-conditionnalité des aides aux entreprises, de sensibiliser les chefs d'entreprises sur les nouveaux risques (environnementaux, sanitaires et cybercriminalité) et de penser les territoires de la région comme autant de destinations de télétravail.

Sur le plan des compétences, les CCI préconisent de mieux adapter les formations aux nouveaux besoins des entreprises, d'amplifier les formations, les évolutions et les reconversions professionnelles tout au long de la vie, de renforcer les actions à destination des jeunes en termes d'emplois et de stages et de redorer le blason et l'attrait de l'apprentissage.

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Multiplier les infrastructures de transport

Enfin, sur le plan de l'attractivité, les chefs d'entreprise de la région mettent le paquet sur la mobilité et les infrastructures lourdes de transport. Le livre blanc demande ainsi la réalisation des autoroutes entre Poitiers et Limoges mais aussi entre Limoges et l'Espagne via Périgueux, Bergerac et Agen ainsi que le contournement de Bordeaux. Les lignes à grande vitesse vers Toulouse et vers l'Espagne sont également au programme tout le comme un soutien affirmé aux aéroports régionaux. Plus largement, les CCI préconisent de garantir aux entreprises dans chaque territoire "un bouquet de services minimum" en termes d'accès au très-haut-débit, de compétences, de foncier ou encore de mobilités dans l'objectif de tendre vers "un développement équilibré et durable de tous les territoires".

Vu l'ampleur de ce volet mobilités, les entreprises de Nouvelle-Aquitaine seront-elles prêtes à payer pour financer ces infrastructures coûteuses, notamment la LGV vers Toulouse qui vient d'être remise en selle ? "Dès qu'on parle de taxer les entreprises, le sujet devient compliqué ! Il n'y a pas à ce stade de position officielle sur le financement de la LGV par une taxe sur les bureaux par exemple. Mais c'est une vraie question qui va évidemment se poser dans les prochains mois", répond Jean-François Clédel. Quant à l'autoroute Poitiers-Limoges, les CCI plaident pour une autoroute concédée au privé et financée par un péage.

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