Jeux vidéo : Bordeaux et Angoulême créent SO Games pour combiner attractivité et sobriété

Bordeaux Games et Angoulême JV, les deux associations historiques fédérant les professionnels des deux places fortes régionales du jeu vidéo ont décidé de fusionner sous le nom de SO Games. Avec plus de 110 adhérents, la nouvelle entité se positionne sur les questions d'emploi mais aussi de sobriété numérique tout en portant le projet de création à Bordeaux d'un évènement professionnel d'envergure internationale. Explications avec son président Stéphane Bonazza, l'un des dirigeants du studio Shiro Games.

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L'union fait la force La nouvelle association SO Games est présidée par Stéphane Bonazza, président de Shiro Games, le studio bordelais derrière le jeu Northgard (photo) qui connaît un très joli succès.
"L'union fait la force" La nouvelle association SO Games est présidée par Stéphane Bonazza, président de Shiro Games, le studio bordelais derrière le jeu Northgard (photo) qui connaît un très joli succès. (Crédits : Shiro Games)

Bordeaux, Angoulême mais aussi La Rochelle, Pau, Poitiers ou Limoges : en clair tous les professionnels du jeu vidéo de Nouvelle-Aquitaine, créateurs indépendants ou studios structurés, peuvent désormais se réunir sous une seule et même bannière. Les deux associations historiques - Bordeaux Games et Angoulême JV - ont laissé place en juillet dernier à une nouvelle structure régionale baptisée SO Games. "SO Games est ce grand rassemblement attendu depuis longtemps qui permet d'accueillir toutes les entreprises du jeu vidéo du territoire de la Nouvelle-Aquitaine. [...] Chaque voix y compte dans sa différence, mais aussi dans ce but commun de promouvoir, faciliter, encourager toutes les énergies de la création du secteur du jeu vidéo", indique la nouvelle association présidée par Stéphane Bonazza, le vice-président du studio bordelais Shiro Games. Ce dernier, fort d'une équipe de 50 personnes, vient de lancer son propre label d'édition, Shiro Unlimited.

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110 millions d'euros de chiffre d'affaires

Au total, SO Games revendique 110 sociétés et indépendants adhérents représentant plus de 1.000 emplois équivalents temps plein pour un chiffre d'affaires estimé de 110 millions d'euros.

"Les pouvoirs publics ont compris qu'il faut soutenir activement le jeu vidéo qui est la première industrie culturelle mondiale et qui affiche, malgré le Covid, une croissance de 10 % ! Et avec Asobo Studio, Motion Twin et Shiro Games, la région dispose de talents de premier plan", souligne Stéphane Bonazza. "Mais pour accepter de nous financer à la même hauteur que la French Tech, la Région a souhaité n'avoir qu'un seul interlocuteur pour structurer efficacement la filière régionale. D'où la naissance de SO Games alors que, jusque-là, les gros studios étaient plutôt chez Bordeaux Games et les offres de formations et les indépendants plutôt à Angoulême JV autour de l'Enjmin et du pôle Magelis. Désormais nous sommes tous réunis !"

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Motion Twin et Shiro Games

Les équipes de Motion Twin et Shiro Games en 2018 (crédits : Agence APPA).

Parmi les studios les plus connus à Bordeaux, mais pas tous adhérents à SO Games, on trouve notamment Ubisoft, Asobo Studio, Motion Twin, Shiro Games, Black Flag, Shiny Pix, Nova Box, CCCP ou encore Playwing. Du côté d'Angoulême, les rangs sont également bien garnis avec Bulwark Studios, G4F, Studio Nyx, Headbang Club ou encore Seed by Seed.

Emploi et sobriété numérique

La nouvelle association s'est fixée trois priorités pour les mois et années à venir. La première tourne autour des actions à mener en termes de formation, de support aux studios, de recrutement et de promotion des métiers du jeu vidéo. "Nous portons l'ambition de créer à Bordeaux un pôle d'excellence pour faciliter et accélérer la formation des professionnels aux deux moteurs les plus répandus : que sont Unity et Unreal Engine. Il s'agirait d'un pôle d'excellence au niveau national voire européen", précise Stéphane Bonazza, qui va initier des discussions concrètes avec ces deux acteurs de référence.

Le deuxième enjeu, plus inattendu mais également affiché par French Tech Bordeaux, est l'impératif de la sobriété numérique alors même que l'usage du cloud et du streaming est en passe de se massifier dans les pratiques des constructeurs comme des joueurs. Une approche volontariste assumée par le président de SO Games :

"Nous portons ce sujet au niveau national puisque nous avons rédigé le Manifeste pour la sobriété numérique du jeu vidéo qui sera publié en septembre par le Syndicat national du jeu vidéo. L'enjeu est d'élaborer des critères d'éco-responsabilité et de sobriété pour être capable de mesurer l'impact carbone de l'industrie vidéoludique afin, ensuite, de pouvoir la réduire. Il y a urgence puisqu'on le sait : les aides et les subventions ne vont pas tarder à être conditionnées à ce type de critères."

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Bientôt un évènement de référence à Bordeaux ?

Enfin, les membres de l'association ambitionnent également de créer un évènement professionnel de référence sur l'industrie du jeu vidéo à Bordeaux, sur le modèle de Vinexpo ou encore de Cartoon Movie et en complément du Game Camp organisé à Lille par le SNJV.

"Ce que nous portons sous l'appellation d'Assises du jeu vidéo c'est un évènement professionnel orienté business avec des intervenants et des participants internationaux pour questionner des enjeux propres à la filière tels que la formation, les rémunérations, la concurrence, le marché, les outils, la sobriété, etc. Tout en créant des ponts avec les acteurs de la musique et du cinéma. On y réunirait des développeurs, des éditeurs, des investisseurs, des politiques, des journalistes, etc.", indique Stéphane Bonazza, pour qui ce salon doit aussi permettre de financer le fonctionnement de SO Games, déjà soutenue par la Région Nouvelle-Aquitaine et Bordeaux Métropole.

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Le bureau de SO Games est constitué de Stéphane Bonazza (Shiro Games), Jean Nicolas (Seed By Seed), Pierre Forest (Gamesplanet) et David Elagee (Headbang Club). L'association noue des partenariats avec la Région Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux Métropole, le Cnam Enjmin, Eurekatech, le Grand Angoulême, le Pôle Image Magelis et le SPN.

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