L’approche locale et circulaire : clé de la résilience en 2021 ?

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L'édition 2021 du Book Eco Nouvelle-Aquitaine est disponible en kiosque et sur internet depuis le 26 janvier.
L'édition 2021 du Book Eco Nouvelle-Aquitaine est disponible en kiosque et sur internet depuis le 26 janvier. (Crédits : MG / La Tribune)
Marchés, approvisionnement, concurrence : des acteurs régionaux de l'économie circulaire tels que le groupe Péna, la startup Circouleur, l'entreprise d'insertion Val Plus et la Banque Populaire Aquitaine Centre Altantique ont débattu de ces enjeux mardi 26 janvier lors de la table ronde dédiée à l'économie circulaire, organisée par La Tribune à l’occasion de la sortie de son hors-série le Book Eco 2021, le guide de référence des entreprises de Nouvelle-Aquitaine. Morceaux choisis.

"Notre rôle est de boucler le cycle de la matière première générée par un grand nombre de déchets, en la réinjectant dans l'industrie",  explique Marc Péna, dirigeant du groupe Péna, acteur majeur du recyclage en Nouvelle-Aquitaine, lors de cette table ronde organisée par La Tribune en partenariat avec la Région Nouvelle-Aquitaine, Suez et BPACA. Le groupe Péna qui emploie 230 salariés  pour 70 millions d'euros de chiffre d'affaires est spécialisé dans le traitement quotidien de 1.500 tonnes de déchets organiques, ménagers, industriels ou provenant du BTP, prêts à être réemployés. Des matières recyclées de plus en plus plébiscitées, selon le patron du groupe, parce que leur reconditionnement assure une fiabilité à un coût plus faible que de la matière première vierge. Ainsi, il estime qu'en France "50 % des papeteries sont alimentées en papier recyclé". A ce titre, la fermeture probable de la papeterie de Bègles, source de débouchés importants dans la région est jugée préoccupante.

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Valoriser les matières recyclées et le réemploi

Portée par la demande croissante et la règlementation plus contraignante, la filière du recyclage a néanmoins le vent en poupe. Au-delà de l'avantagé lié au coût, de plus en plus de clients sont aussi motivés par des questions d'image et de responsabilité sociétale, estime Philippe Bru, directeur régional de Suez recyclage et valorisation et de sa filiale Val Plus, qui emploie une cinquantaine de salariés, dont la plupart en insertion, à Langon (Gironde). Spécialisée dans le traitement des déchets électroménagers et des déchets d'entreprise, Val Plus met en avant cette valeur de réinsertion professionnelle : "La société est plus sensible aux enjeux du réemploi des matières premières et des objets et souhaite une proximité avec les humains qui les produisent. Cela fait partie intégrante de notre marque", indique Philippe Bru.

"L'approche locale est sécurisante"

Au cœur des préoccupations de l'économie circulaire figure également l'identification de sources d'approvisionnements et de débouchés, la quantité de déchets rejetés et leur typologie étant fluctuante. "On se concentre aussi bien sur l'amont que sur l'aval", indique Maïlys Grau, présidente et fondatrice de la startup Circouleur, spécialisée dans le recyclage des peintures usagées. Cette chimiste, qui collecte les fonds de pots de peinture pour les transformer en peinture neuve, a notamment établi un partenariat avec le groupe Péna. L'entrepreneuse a récemment conclu un accord avec la ville de Bordeaux pour le chantier de rénovation de la Cité municipale, et écoule ses peintures aussi bien sur les marchés professionnels que dans les grandes surfaces où elle indique avoir été très bien reçue par les consommateurs, en demande de produits vertueux.

"Nous cherchons à nous rapprocher des acteurs locaux qui consomment au plus près les ressources que l'on crée", témoigne Philippe Bru. "Moins on va loin, plus on maîtrise les coûts financiers et environnementaux liés aux transports et pouvons nous permettre d'innover dans le recyclage", explique le directeur de Val Plus, qui développe actuellement une filière dédié à la valorisation des matelas. Cette proximité avec les fournisseurs et les clients est "sécurisante" confirme Guillaume Silvy Leligois, directeur du développement de la Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique (BPACA). "Certains de nos clients qui s'approvisionnent à l'étranger ont connu des ruptures au début de la crise sanitaire : le sourcing local assure les approvisionnements mais aussi les débouchés". Une position partagée par Maïlys Grau de Circouleur : "Notre approche locale nous a permis de nous montrer plus résilients face à la crise que si nous avions importé de l'étranger", assure-t-elle.

Un véritable écosystème

Le modèle de l'économie circulaire valorise aussi bien les initiatives locales et indépendantes que la participation de grands groupes : "La concurrence existe toujours mais il existe un esprit collectif entre grandes entreprises et structures locales, qui ont besoin de nous comme on a besoin d'elles pour travailler sur ces solutions de proximité", assure Philippe Bru.

Et alors que de multiples acteurs, petits et grands tels que BoxEaty, Toopi Organics, Geev et Cdiscount ou encore le projet ïkos, se positionnent sur ces sujets dans la région, l'économie du réemploi et du recyclage reste encore largement sous-développée et constitue donc une mine d'opportunités. Pour Maïlys Grau, il existe ainsi "de nombreuses typologies de déchets pour lesquels il n'existe pas encore de solution de recyclage". "Les déchets ne sont pas les mêmes aujourd'hui qu'il y a trente ans et nous devons nous adapter constamment aux matières premières qui évoluent", précise Marc Pena, qui se charge de traiter le volume sans avoir les moyens de gérer les déchets de niche. De quoi inspirer les entrepreneurs qui souhaiteraient se lancer dans ce type d'initiatives en 2021.

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Tous les ans, La Tribune en collaboration avec Altares vous propose le Book Eco, guide de référence des entreprises de Nouvelle-Aquitaine, présentant le classement de 3200 entreprises de la région en fonction de leur chiffre d'affaires, de leur activité à l'export et de leurs effectifs. Placé en 2021 sous le prisme de la relance économique, ce hors-série propose une analyse de la conjoncture et des pistes de rebond pour l'écosystème régional. >> Vous pouvez dès à présent retrouver le Book Eco 2021 en kiosque ou le commander en ligne.

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A l'occasion du lancement du Book Eco Nouvelle-Aquitaine 2021, la rédaction a choisi de mettre en lumière la jeune entreprise landaise Materr'Up, créée en 2018 et spécialisée dans la production de béton bas carbone fabriqué à partir d'argile. La startup, qui prévoit d'ouvrir son usine de production dans les Landes d'ici la fin de l'année, a levé trois millions d'euros  en octobre 2020 pour financer son développement.

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