Toopi Organics lève plus de 1 M€ pour transformer l'urine humaine en engrais bio

La startup girondine Toopi Organics, qui transforme l'urine humaine en un engrais agricole bio des plus efficaces, vient de lever plus d'un million d'euros en pleine pandémie de coronavirus. D'ici la fin de l'année, elle aura construit sa première unité d'enrichissement d'urine humaine dans le Sud Gironde. Un procédé low tech et peu coûteux pour un produit dont la grande efficacité a été mesurée.
Pierre Huguier (directeur scientifique) et Michaël Roes (président), les deux cofondateurs de Toopi Organics.
Pierre Huguier (directeur scientifique) et Michaël Roes (président), les deux cofondateurs de Toopi Organics. (Crédits : Toopi Organics)

En développant de nouveaux engrais bios pour l'agriculture à partir d'urine humaine, la startup Toopi Organics, fondée en février 2019 à Langon, en Sud Gironde, et accompagnée par l'incubateur Unitec à Pessac (Gironde/Bordeaux Métropole), écrit le début d'une authentique histoire du XXIe siècle. Parce qu'elle appuie son développement sur un procédé microbiologique qui permet d'enrichir l'urine humaine en micro-organismes d'intérêt agricole pour en faire un engrais bio peu coûteux, très efficace pour la terre et vertueux dans le domaine de la lutte contre la pollution.

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L'urine contient des éléments fertilisants incontournables pour l'agriculture, que sont l'azote, le phosphore et le potassium. Le ressort de cette histoire en cours d'écriture c'est que Michaël Roes (cofondateur et président) et Pierre Huguier (directeur scientifique et cofondateur), qui travaillaient déjà sur le développement de fertilisants pour l'agriculture, se sont lancés dans cette aventure à la demande de Mathieu Preel, loueur de toilettes sèches, qui devait faire face au traitement quotidien d'urine humaine. Autant dire qu'il y a vingt et un ans, à la fin du XXe siècle, les loueurs de toilettes sèches n'étaient pas légion.

Des engrais bios non polluants et très efficaces

Michaël Roes et Pierre Huguier ont su convaincre et une nuée de fées est littéralement venue se pencher sur le berceau de leur entreprise. En 2018, leur procédé a ainsi été testé avec succès par Bordeaux Sciences Agro et la Chambre d'agriculture de Gironde, qui a démontré que leur fertilisant biologique fait avec l'urine était plus efficace qu'un engrais chimique traditionnel. C'est ainsi que cette jeune startup a pu convaincre les investisseurs d'injecter plus d'un millions d'euros dans son projet de construire, d'ici fin 2020, une unité de transformation capable de traiter 750.000 litres d'urine humaine pour en faire de l'engrais agricole.

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"Notre objectif écologique est double. En France, nous souillons chaque année plus de 200 milliards de litres d'eau potable avec notre urine. Notre premier objectif est de préserver la ressource en eau, en collectant 1 à 5 % des volumes d'urine produits. Notre second objectif est de libérer les agriculteurs de la dépendance aux engrais minéraux, en leur proposant une véritable alternative écologique, avec des intrants naturels plus efficaces et moins chers que les engrais chimiques", déroule Michael Roes, PDG, co-fondateur de Toopi Organics.

Pour les investisseurs c'est un changement de modèle qui émerge

Portée l'an dernier sur les fonts baptismaux par Bpifrance et la Région Nouvelle-Aquitaine, la startup, est également appuyée depuis l'origine par le fonds d'investissement régional Irdi Soridec, actionnaire de référence. Pour ce premier tour de table organisé en milieu hostile, en pleine pandémie de coronavirus / Covid-19, Toopi Organics a bénéficié de la mobilisation de la plateforme Fundmeup, et du pôle financement de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Bordeaux Gironde.

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Elle a par ailleurs suscité l'intérêt du fonds d'investissement en capital risque (pré-amorçage) makesense Seed I, de trois sociétés de gestion de fortune (family office), de quatre investisseurs privés ainsi que du groupe Allsun, spécialiste dans l'importation et le négoce d'engrais.

"Nous avons été immédiatement séduites par le potentiel d'impact de Toopi, solution lowtech et innovante qui réemploie des déchets au bénéfice d'une agriculture durable. Avec son équipe engagée, ambitieuse et bien entourée, c'est un véritable changement de système qui se profile," estime ainsi Léa Zaslavsky, co-fondatrice de makesense, fonds spécialisé dans les entreprises à impact social.

L'autre intérêt de cette opération est sans doute de valider un projet industriel prometteur en pleine dépression pandémique.

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