Bordeaux Métropole : Alain Anziani commence à resserrer les liens avec le Médoc

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Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole entend poursuivre et ajuster la stratégie de coopération territoriale initiée par ses prédécesseurs.
Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole entend poursuivre et ajuster la stratégie de coopération territoriale initiée par ses prédécesseurs. (Crédits : Agence APPA)
Avant de se rendre en Haute-Gironde, ce vendredi 12 février, Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole, a commencé sa tournée des territoires girondins ce mercredi 9 février, en Médoc. Une première prise de contact qui semble avoir intéressé les élus médocains, qui aimeraient par exemple voir s'améliorer les mobilités pour pouvoir venir plus facilement travailler à Bordeaux.

De la parole aux actes : ce mardi 9 février Alain Anziani, président (PS) de Bordeaux Métropole a entamé, comme il l'avait annoncé en conseil métropolitain, sa tournée des territoires girondins. En débutant par le Médoc, dont il a retrouvé plusieurs élus à Sainte-Hélène, le président de la Métropole a sans doute voulu marquer le coup. La presqu'ile du Médoc n'ayant pas la réputation d'être un territoire facile. Tout juste un an après la lettre d'intention signée à Bordeaux par son prédécesseur Patrick Bobet, Alain Anziani a retrouvé plusieurs élus médocains dans les locaux de l'entreprise Adampack, acteur de référence de la conception, fabrication et finition d'emballages bois pour la viticulture.

Lors de la précédente mandature, dominée par la coalition du centre et de droite Communauté d'avenir, et dans le cadre de la cogestion associant gauche et droite, des coopérations bilatérales ont été nouées avec des villes plus ou moins proches - Angoulême (2016), Libourne (2017), Marmande et Saintes (2018) puis Mont-de-Marsan et Limoges (2019) - avant d'envisager des coopérations avec les voisins immédiats.

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Avec l'arrivée d'une majorité de gauche menée par le leader écologiste (EELV) Pierre Hurmic, à la mairie de Bordeaux, puis à Bordeaux Métropole, la dimension locale a pris une dimension plus exigeante et focalisé l'attention sur les territoires girondins en interaction directe avec la Métropole.

Le Médoc attend de pouvoir coopérer avec la Métropole

"Dans le Médoc il y a des matériaux composites et des loisirs, de la forêt, mais aussi de l'industrie, et qui dit industrie dit formation, attractivité, logements, etc. Nous avons toujours dit que nous avions la chance d'avoir une métropole millionnaire près de nous, et que la collaboration avec elle est vivement souhaitée", s'est félicité Henri Sabarot, président du Parc naturel régional (PNR) du Médoc.

Cette institution centrale regroupe Médoc Atlantique, Communauté de communes Médullienne, Médoc Coeur de Presqu'île et Médoc Estuaire : les quatre communautés de communes médocaines. Ex-leader local du mouvement CPNT (Chasse pêche nature et tradition), farouche opposant à la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Henri Sabarot est aussi président de la très influente Fédération départementale des chasseurs de Gironde. Il est devenu conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine grâce à l'appui du président régional (PS) sortant de l'ex-Aquitaine, Alain Rousset -lui aussi chasseur- au grand dam des socialistes girondins qui n'ont pas apprécié cette alliance.

Traitement de l'eau

L'amélioration de l'accès à l'eau de la Métropole et du Libournais sont au programme médocain.

Beaucoup d'invités ont manqué la prise de parole

Depuis de l'eau a coulé sous le Pont de Pierre à Bordeaux et la prise de parole du patron du PNR Médoc s'est passée sans anicroche. Peut-être d'autant plus facilement qu'aucun des autres élus annoncés, les quatre présidents des communautés de communes, parmi lesquels Xavier Pintat, président (LR) de Médoc Atlantique et maire de Soulac, n'était présent lors de cette conférence de presse. Alain Anziani n'était pas venu seul puisqu'il était accompagné notamment par Christine Bost, vice-présidente (PS) de la Métropole mais aussi 1ère vice-présidente du Département de la Gironde, ou encore Pascale Got, conseillère départementale du canton Sud Médoc.

Cette nouvelle proximité que veut créer Alain Anziani entre la Métropole et les territoires de la Gironde passe par la prise en compte approfondie de dossiers structurels. Si, comme ont pu le confirmer certains dirigeants présents, les Médocains ont toujours le sentiment que les Bordelais les prennent de haut, leurs problèmes sont bien réels.

Alain Anziani a lancé une action à dimension girondine

C'est ainsi qu'Alain Anziani a abordé les premiers sujets concrets à traiter en priorité avec le Médoc, à commencer par les mobilités, ceci fait avec diplomatie, en veillant à ne froisser personne.

"Beaucoup pourraient apprendre de vous", a-t-il dit en s'adressant au directeur d'Adampack, "car votre entreprise, qui concilie innovation et tradition, écologie et soucis social, montre bien qu'au-delà de la Métropole il y a des pépites et un vrai potentiel de développement. Il s'agit de faire un rassemblement avec tous les élus, c'est pourquoi je suis venu avec la première vice-présidente du Conseil départemental de la Gironde. Car il s'agit de montrer l'exemple. Il s'agit aujourd'hui de passer à un autre modèle, la Métropole ne doit pas avoir le monopole des investissements. L'objectif est de pouvoir offrir une solution à tous", a déroulé en substance le président de Bordeaux Métropole.

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Avant d'évoquer la question des mobilités, puisque la circulation routière se fait difficilement dans le Médoc, dont de très nombreux habitants vont travailler chaque jour dans la Métropole.

Mobilités, accès à l'eau... des sujets prioritaires

Ce problème de mobilité est aggravé par le fonctionnement de la ligne ferroviaire qui relie Bordeaux au nord de la péninsule et qui a pris du retard par rapport à il y a une dizaine d'années.

"Il faut contractualiser avec chaque territoire, on ne peut pas accepter que les trains soient en retard dans le Médoc. Nous allons contractualiser avec la SNCF et le territoire pour en finir avec ce problème. Le Médoc est encore enclavé et ce n'est pas acceptable. D'où l'importance d'approfondir le dialogue entre la Métropole et le PNR Médoc"; a expliqué Alain Anziani.

Comme la Métropole vient de le faire avec Créon, dans l'Enre-Deux-Mers, et va le faire à Saint-André-de-Cubzac, en Haute Gironde, territoire où Alain Anziani sera ce vendredi 12 février, ce dernier a annoncé que la création d'une ligne de car express entre Bordeaux et Lesparre, au centre de la presqu'île, serait étudiée.

Il a également évoqué la question de l'eau, puisque la Métropole a pris en charge la gestion de ce lourd dossier départemental. Le sous-sol du Médoc regorge de réserves d'eau douce auxquelles la Métropole, à cause de son développement, et aussi le Libournais, ont désormais besoin d'avoir accès. Une demande qui ne plait pas à tout le monde dans la presqu'île et en particulier aux sylviculteurs, qui sont vent debout contre cette demande. Concernant le dossier de la gestion des déchets, Alain Anziani a précisé à La Tribune qu'il n'y aurait sûrement pas de tarifs nouveaux avant la fin de l'actuelle délégation de service public, qui devrait durer six ans.

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