Coopération territoriale : Bordeaux Métropole signe avec Saintes et Marmande

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De gauche à droite : Daniel Benquet, maire de Marmande et président de Val-de-Garonne Agglomération, Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, et Jean-Philippe Machon maire de Saintes.
De gauche à droite : Daniel Benquet, maire de Marmande et président de Val-de-Garonne Agglomération, Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, et Jean-Philippe Machon maire de Saintes. (Crédits : PC / La Tribune)
Après des mois de prises de contact et de négociation, Bordeaux Métropole vient de signer un contrat de coopération bilatérale avec l'agglomération de Marmande Val-de-Garonne (Lot-et-Garonne) et avec la ville de Saintes (Charente-Maritime). Le premier concerne la logistique alimentaire et l'attractivité territoriale tandis que le second porte sur le patrimoine culturel et le développement économique, le tout sur fond de problématiques de mobilité ferroviaire et routière.

Fil après fil, année après année, Bordeaux Métropole tisse la toile de son réseau de coopérations bilatérales avec les villes moyennes de Nouvelle-Aquitaine. Après Angoulême en 2016 puis l'agglomération de Libourne en 2017, c'est au tour de Marmande Val-de-Garonne et Saintes de signer, ce jeudi 11 octobre 2018, un protocole de coopération avec la métropole bordelaise. Une manière de formaliser les liens entres ces territoires et d'appuyer certains leviers de développement et de solidarité jugés prioritaires par les partenaires.

"Le poids des métropoles s'accroît dans la vie nationale, économique, sociale, culturelle, éducative et dans bien d'autres domaines. De mon point de vue, c'est une bonne chose mais il y a en contrepartie le risque d'une fracture territoriale et d'un assèchement des territoires ruraux et périphériques. Pour autant, il n'y a pas de fatalité. Le dynamisme de Bordeaux Métropole bénéficie à toute la Gironde et au-delà et il y a des complémentarités à trouver avec le Département", a assuré Alain Juppé, le président de Bordeaux Métropole, qui s'empresse de déminer : "Je suis plutôt favorable à un statu quo sur la gouvernance, mon appétit de mutualisation est satisfait avec les enjeux internes à la métropole." D'autant qu'en parallèle, le Département de la Gironde travaille lui aussi à soutenir une dizaine de petites villes d'équilibre dont Libourne et Lesparre-Médoc.

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Prioriser les circuits alimentaires entre Marmande et Bordeaux

Pour Marmande et son agglomération (43 communes, 60.000 hab.), les contours de cette coopération avec Bordeaux Métropole ont été présentés ces derniers mois. Elle portera sur l'attractivité économique partagée mais aussi, et surtout, sur l'alimentation durable et les circuits courts en matière agricole.

"5% de notre production alimentaire va aujourd'hui vers Bordeaux Métropole et 80 % de cette production passe par le marché de Rungis, en Ile-de-France, avant d'arriver à Bordeaux. C'est éloquent et parfaitement absurde !", illustre très concrètement Gaëtan Malange, conseiller communautaire de Val-de-Garonne en charge des coopérations territoriales.

"Il y a 6.600 hectares de surface agricole utile à Bordeaux Métropole contre 40.000 à Marmande ! Les synergies sont évidentes", poursuit l'élu local qui veut "faire de Marmande une plateforme logistique multimodale qui serait une porte d'entrée vers la Gironde et la métropole." L'utilisation du canal pour approvisionner la ville est aussi à l'étude avec VNF.

Sur la mobilité, l'enjeu est d'intensifier le cadencement ferroviaire aux heures de pointe en lien avec la SNCF et le nouveau Smina (Syndicat mixte des mobilités de Nouvelle-Aquitaine). En parallèle, Val-de-Garonne Agglomération travaille à une ligne de car dédiée entre la sortie de l'A62 et le terminus du tram de Villenave-d'Ornon, à Bordeaux Métropole. Au total, l'agglomération lot-et-garonnaise se félicite du dynamisme métropolitain comme le souligne son président et maire de Marmande, Daniel Benquet :

"Je n'ai pas de crainte vis-à-vis de la métropole qui n'assèche pas Marmande mais la nourrit ! Nous avons une fiscalité économique qui croît à deux chiffres et des créations d'emploi. C'est une réalité quotidienne qui nous permet d'envisager un avenir plus brillant que si nous devions compter uniquement sur nos propres ressources."

Vers une liaison Bordeaux-Saintes en 50 min ?

De son côté, Saintes est la dernière venue dans ce jeu de géopolitique locale. Pour autant, le maire de la ville, Jean-Philippe Machon, élu en 2014 pour "réveiller la ville", rappelle les liens historiques entre les deux territoires : "Saintes et la Saintonge ont toujours été tournées vers Bordeaux à tous les niveaux. Le Poitou-Charentes n'était qu'une construction administrative. Ce rapprochement est donc naturel." L'objectif de cette coopération est de travailler sur le binôme culture-patrimoine et le développement économique via le tourisme. Les premiers pas concrets concerneront le domaine touristique et culturel avec des échanges entre les offices de tourisme et les acteurs du patrimoine et de la musique, en particulier baroque, des deux villes. "L'objectif est de faire de Saintes, une ville étape pour les séjours touristiques dans le Bordelais. On a un patrimoine innovant et du Cognac pour convaincre les indécis", poursuit Jean-Philippe Machon.

Mais le maire de Saintes voit plus loin et se verrait bien embrasse un destin semblable à celui de Libourne qui bénéficie à plein du dynamisme bordelais. Mais cela suppose de faire sauter le verrou de la mobilité :

"Aujourd'hui, il faut 1h30 pour aller en TER de Saintes à Bordeaux. Je souhaite qu'on puisse rénover la ligne pour faire ce trajet en 50 min. Saintes ne sera pas la même à 50 min de Bordeaux, elle pourra attirer des ménages, des étudiants et des entreprises prêts à faire des mouvements pendulaires avec la métropole. La Région Nouvelle-Aquitaine a voté en juin dernier un montant de 1,2 million d'euros pour financer une étude sur la rénovation de la ligne TER Saintes-Bordeaux. C'est un signe très positif pour nous."

Des conventions entre le centre hospitalier de Saintes et le CHU de Bordeaux et avec l'Université de Bordeaux Montaigne en matière d'archéologie sont également cités. Et Jean-Philippe Machon de résumer : "Saintes est une ville moyenne et elle ne peut pas réussir toute seule sans coopérer et sans trouver des partenaires. Cette signature est donc une date importante pour Saintes."

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Commentaires
a écrit le 18/06/2020 à 10:45 :
Une petite coquille s'est glissée dans votre article: c'est en 2014 que Jean-Philippe Machon a été élu, pas en 214.
Réponse de le 18/06/2020 à 11:22 :
Bonjour,

C'est corrigé. Merci de votre vigilance

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