Bordeaux Métropole : Alain Anziani fait voter la ristourne au FCGB grâce à l'opposition

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Le FCGB, un club qui sait aussi mobiliser ses supporters.
Le FCGB, un club qui sait aussi mobiliser ses supporters. (Crédits : Agence Appa/Thibaud Moritz)
Lors du dernier conseil de métropole, la mise au vote par le président de Bordeaux Métropole, Alain Anziani, d'une subvention de 1,4 million d'euros pour aider le Football club des Girondins de Bordeaux à payer ses loyers a mis le feu aux poudres.

Le menu du dernier conseil de métropole, dont Alain Anziani (PS) est le président, qui s'est tenu ce vendredi 29 janvier, était bien garni et comprenait un plat bien épicé : la ristourne de 1,4 million d'euros accordée par la Métropole au Football Club des Girondins de Bordeaux (FCGB), qui a déjà fait couler beaucoup d'encre et provoqué de nouvelles tensions au sein de la majorité (PS-EELV) métropolitaine.

Les alliés écologistes, avec à leur tête Pierre Hurmic, maire (EELV) de Bordeaux, voulaient des aménagements à cet accord qui lui ont été refusés. Il est à noter que c'est un vice-président (PS) du Conseil départemental de la Gironde, Matthieu Rouveyre, qui a dégainé le premier contre ce 1,4 million d'euros de remise de loyer accordé au FCGB, le mercredi 27 janvier sur les ondes de France Bleu Gironde. Ce dont il s'est ensuite expliqué à La Tribune, la veille du vote.

Pour Matthieu Rouveyre de l'argent mal employé

"J'en ai parlé à quelques élus qui m'ont dit que le fonds d'investissement King Street Capital, propriétaire du club, s'est beaucoup enrichi en 2020 pendant la crise du Covid. Alain Anziani dit qu'il y a un risque de contentieux si l'on ne fait rien. Moi je pense que l'on ne devrait pas payer. Nous avons fait notre part pour le stade et je pense que cet argent serait mieux employé dans le cadre du fonds d'aide aux loyers pour les entreprises, qui est plafonné à 1.000 euros par mois : quand on paie 4.000 à 5.000 euros de loyer mensuel en centre-ville, c'est mieux que rien mais ça ne va pas très loin", déroule Matthieu Rouveyre

Ne pas confondre le club et le fonds d'investissement

Alain Anziani n'a de son côté pas agi les yeux fermés. Malgré la densité de l'opposition au sein de son propre camp, il a ainsi défendu une ligne parfaitement audible, pour les amoureux du FCGB et sans doute au-delà.

"La réduction du montant du loyer du FCGB est un sujet complexe qui génère beaucoup de confusion. Nous sommes des bailleurs, des propriétaires, et nous avons un locataire, qui ne peut pas utiliser le stade, l'infrastructure qu'il nous loue. Le locataire nous a demandé à être exonéré de tous les loyers, ce que nous avons refusé. Mais comme ils ont eu six matchs de moins, cela représente quand même une somme significative, soit une réduction de 30 %. Est-ce scandaleux ? Non. Il y a juste une confusion sur l'occupant, qui n'est pas King Street Capital mais bien le FCGB. Nous faisons pour eux ce que nous faisons pour les autres"; a ouvert le président de Bordeaux Métropole.

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Le FCGB ne va pas si bien puisqu'il y a un PSE

Ce type de sujet politique étant traditionnellement servi très chaud, Alain Anziani, qui est aussi avocat, a déglacé le plat en quelques phrases pour le ramener à une température plus basse sans rien perdre.

"Je tiens aussi à vous rappeler qu'il y a eu un plan de sauvegarde de l'emploi, un PSE au Girondins de Bordeaux. Ce qui montre que le club n'est pas en si bonne forme que cela. Toutes les villes, toutes les métropoles font de même, à part Marseille où les discussions n'ont pas abouties. Il ne faut pas confondre King Street avec le FCGB", a insisté le président.

Comme en novembre dernier lors du vote sur le dossier Tarmaq, centré sur un projet aéronautique également refusé par EELV, c'est finalement l'opposition du centre et de la droite, Métropole commune, menée par l'ancien président (PR) de Bordeaux Métropole, Patrick Bobet, qui est venu au secours du président socialiste Anziani pour faire voter cette ristourne tandis que les écologistes, les communistes et les élus d'extrême-gauche ont voté contre.

La question de savoir si ce genre de couac affaibli la majorité n'est pas si simple, dans la mesure où jusqu'ici ces mini-crises n'ont fait que mettre en exergue la position absolument centrale occupée par le PS dans la gouvernance de la Métropole.

A noter que ce vote au conseil métropolitain intervient alors que Bordeaux Métropole a été condamnée en décembre 2020 par la cour administrative d'appel à verser 651.000 euros à SBA, l'exploitant du stade Matmut Atlantique, dans le cadre d'un conflit lié à l'organisation des matchs de l'Euro 2016 de football à Bordeaux. Les deux parties étaient en désaccord depuis 2015 sur les modalités pratiques, techniques et financières de la mise à disposition du stade pour cette compétition.

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