L'opération Bordeaux Inno Campus relancée par Bordeaux Métropole

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Le périmètre de Bordeaux Inno Campus s'étend principalement sur les communes de Pessac, Talence, Gradignan et Bordeaux.
Le périmètre de Bordeaux Inno Campus s'étend principalement sur les communes de Pessac, Talence, Gradignan et Bordeaux. (Crédits : Bordeaux Inno Campus)
L'opération d'intérêt métropolitain (OIM) Bordeaux Inno Campus, vaste projet d'aménagement et de développement économique, vient d'être relancée par Bordeaux Métropole et les maires concernés. Les critiques formulées l'an dernier par l'autorité environnementale seront intégrées au projet.

Près d'un an jour pour jour après sa présentation publique le 23 janvier 2020 et six mois après le résultat des élections municipales, l'opération d'intérêt métropolitain (OIM) Bordeaux Inno Campus revient à l'ordre du jour. Il s'agit d'un vaste plan de développement porté par cinq collectivités, deux universités, l'Etat, le CHU, le Crous et Domofrance sur 1.300 hectares au sud-ouest de l'agglomération bordelaise. Ce périmètre compte aujourd'hui 66.000 étudiants, 48.500 emplois, dont 4.200 chercheurs publics, les trois quarts de l'offre hospitalière de la métropole et la moitié des entreprises incubées en Nouvelle-Aquitaine. Autant dire que le sujet est stratégique pour les dix ans qui viennent.

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Plusieurs élus métropolitains et les maires concernés se sont réunis ce jeudi 14 janvier pour relancer la machine. "On a acté collectivement le fait de relancer la démarche politique au niveau de la Métropole et de réactiver le travail avec tous les partenaires, sachant que les services ont continué à travailler sur le projet entre temps", explique à La Tribune Franck Raynal, le maire de Pessac, la commune la plus concernée par le projet aux côtés de Talence, Gradignan et Bordeaux. L'ambition affichée du projet Inno Campus c'est de porter à l'horizon 2035 la construction de 10.000 logements, dont près de 3.000 logements étudiants, la création de 10.000 emplois et l'accueil de 10.000 nouveaux étudiants. Et pour y arriver, pas moins de 2 milliards d'euros d'investissements publics sont listés.

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"Un projet multithématique et multipartenarial"

Le maire de Pessac, qui peut se targuer d'accueillir sur son territoire certaines des entreprises innovantes les plus en vues de la région telles que Treefrog Therapeutics (biotechnologie), Tehtris (cybersécurité), Poietis (biotechnologie), FineHeart (chirurgie cardiaque) ou encore Olikrom (pigments intelligents) et Primobox (services RH) ainsi que l'incubateur Unitec, entend bien capitaliser sur cette opération pour poursuivre le développement économique de sa commune. "C'est une opération très complexe car elle est multipartenariale et et multithématique. Il est question de mobilités, de santé, de recherche, d'environnement, d'emplois, de logements, de l'optique, de laser, d'énergie, de recherche, et. Mais l'important c'est qu'après le changement de majorité politique à Bordeaux Métropole et la fin de la cogestion on soit à nouveau en ordre de marche", poursuit Franck Raynal, qui pilote la 3e ville de l'agglomération avec 65.000 habitants.

Bordeaux Inno Campus, qui en est à ses balbutiements, sera la seconde OIM de la rive gauche après l'opération Bordeaux Aéroparc, lancée en 2014 autour de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac (2.500 ha à Mérignac et Saint-Médard-en-Jalles) depuis 2015. Une troisième OIM est envisagée sur la rive droite autour du Grand port maritime de Bordeaux et de la transition énergétique mais sans que ses contours ni ses domaines d'expertise ne soient précisément arrêtés à ce stade.

Bordeaux Inno Campus

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Au printemps dernier, l'Autorité environnementale avait publié un avis très largement critique sur le projet d'OIM pointant les lacunes en matière de mobilité durable, de gestion de l'eau et des déplacements, de développement des énergies renouvelables et de maîtrise des émissions carbones. "On a entendu ces critiques parfois sévères de l'Autorité environnementale et elles seront bien évidemment prises en compte et le plan sera réactualisé. Les services de la Métropole y travaillent déjà", rassure l'élu pessacais. Et au-delà d'Inno Campus, Franck Raynal considère que Pessac doit continuer à creuser le sillon de la santé, de la recherche et de l'innovation pour rester attractive pour les entreprises.

"Mettre en résonance l'innovation"

"Le rôle du maire en matière économique ne s'arrête pas strictement à ses compétences légales. Il doit assumer un rôle de représentation, de mise en relation, de mise en résonance des entreprises", insisté l'édile réélu de justesse avec seulement 174 voix d'avance sur le candidat de gauche en juin 2020. Sur le champ économique, il s'est entouré de Marc Gatti, adjoint en charge de l'économie et des entreprises mais aussi ingénieur et directeur scientifique chez Thales, et de Patricia Besson, chargée de mission et ancienne pilote de la pépinière de startups d'Unitec.

"Quand une entreprise s'installe sur un territoire, elle regarde le foncier, l'immobilier et l'environnement local. Pessac propose des opportunités dans la recherche et un écosystème bénéfique à la fois en amont et en aval pour les entreprises. Bordeaux Inno Campus nous permettra d'approfondir encore ces liens avec le campus et le CHU sur les sujets de la santé, de la biotechnologie ou encore de l'intelligence artificielle", ajoute ainsi Marc Gatti.

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