Bordeaux Métropole vote un budget marqué par des investissements en hausse de 8 %

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(Crédits : Agence APPA)
Le conseil métropolitain a validé le budget 2021 de la collectivité qui s'élève à 1,85 milliard d'euros, en hausse de +5 %. Les dépenses d'équipement affichent une hausse de +8 % à 793 millions d'euros sur fond de crise sanitaire et économique. Bordeaux Métropole, qui a écarté toute baisse de fiscalité économique, a également adopté son pacte de gouvernance et voté contre un péage sur l'A63.

"C'est un budget de transitions écologiques et économiques et pour l'avenir avec une capacité d'investissements en hausse en particulier sur la mobilité et la gestion des déchets", résume Véronique Ferreira, la vice-présidente de Bordeaux Métropole en charge des finances, au sujet du budget primitif 2021 de l'intercommunalité qui fédère 28 communes et 750.000 habitants. Ce dernier s'élève à 1,85 milliard d'euros, en hausse de 5 % par rapport à 2020. Il se traduit par une hausse des dépenses par habitant de de +3,1 % à 2.284 €/hab.

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Ces dépenses se décomposent en 955 millions d'euros pour la section de fonctionnement (+4,2 %), dont 270 millions d'euros de masse salariale (+3 %), et 898 millions d'euros pour la section d'investissement (+6 %), dont 793 millions d'euros de dépenses d'équipement (+8 %). Parmi ces dernières, figurent notamment l'extension de la ligne A du tramway vers l'aéroport et l'acquisition de matériels roulant, le pont Simone Veil, l'OIM Bordeaux Inno Campus, l'OIM Bordeaux Aéroparc, des opérations de renouvellement urbain ou encore des aménagements de voirie.

Du côté des recettes, elles sont stables sur le fonctionnement à 1,18 milliard d'euros et en hausse de +15 % sur l'investissement (678 millions d'euros). La différence étant assurée par l'emprunt qui s'élève à 539 millions d'euros, en hausse de 16 %, tandis que la mobilisation de l'épargne brute est moins importante que l'an dernier (220 millions d'euros, -15 %). Les recettes fiscales sont globalement en hausse (+6,6 % à 789 millions d'euros) portées principalement par la fiscalité ménage (+6 %) puisque les impôts économiques (CFE, CVAE et Tascom) traduisent l'impact de la crise avec un repli moyen de -12,3 %, soit une perte de 10 millions d'euros. La billetterie des transports en commun et la taxe de séjour sont également en baisse, reflétant la chute de l'activité touristique et l'impact des confinements sur la mobilité dans la métropole.

Malgré la fin de la cogestion, la vice-présidente n'entend pas présenter un budget en rupture avec le passé. "Je parle de transitions. La plus grosse évolution porte sur la transition écologique avec des infléchissements sensibles qui correspondent aux besoins des entreprises et de la population", précise-t-elle. "On bascule davantage de dépenses vers l'écologie même si ça ne se voit pas tout de suite. Le mandat ne dure pas qu'un an", ajoute Alain Anziani, le président de la Métropole, citant le plan vélo, le plan végétalisation, les bus à hydrogène, le BHNS vers Saint-Aubin-du-Médoc ou encore les réseaux de chaleur.

"Tout ce que nous sommes en capacité de faire est inscrit au budget"

De son côté, l'opposition Métropole commune menée par l'ancien président Patrick Bobet s'est abstenue tout en posant un regard plutôt bienveillant sur ce budget 2021 malgré des dépenses de fonctionnement jugées trop dynamiques : "Les grandes orientations ne diffèrent pas de beaucoup des choix que nous aurions pu faire à ce stade, finalement c'est un budget qui s'inscrit dans la continuité et c'est même à se demander pourquoi la nouvelle majorité a souhaité mettre fin à la cogestion ?!". Le groupe de droite pointe cependant un soutien insuffisant à l'économie locale : "Le plan de relance aurait pu passer par un effort beaucoup plus important en investissement pour soutenir la commande publique et par une baisse de la CFE comme nous l'avions proposé."

Aurait-il fallu aller plus loin dans la relance économique, quitte à s'endetter davantage en profitant de taux d'intérêts particulièrement faibles ?

"Honnêtement, cet effort on le fait déjà !", rétorque Véronique Ferreira. "On a choisi de ne pas faire de l'affichage : les investissements inscrits au budget 2021 sont effectivement réalisables et payables en 2021 et il n'y a eu aucun report à l'année prochaine pour des raisons budgétaires ou financières. Tout ce que nous sommes en capacité de faire est inscrit au budget !"

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D'autant qu'il y aussi un enjeu de montée en charge du côté des entreprises qui ont parfois du mal à répondre aux appels d'offres s'il y en a trop en même temps, assure Michel Vayssié, le directeur général des services. Parallèlement au vote du budget, la Métropole a, à nouveau, modifié les critères du fonds d'aides aux entreprises présenté fin 2020 qui, au 17 mars, a permis de verser 12,9 millions d'euros à 7.300 entreprises. En bref, les aides au loyers et à la trésorerie sont prolongées jusqu'au 30 juin 2021 et trois nouveaux règlements d'intervention visent des aides directes aux entreprises aidées par la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire en matière de transformation numérique, de transition écologique et de stratégie commerciale.

Le pacte de gouvernance adopté

Le conseil métropolitain a par ailleurs adopté le pacte de gouvernance qui prévoit un conseil métropolitain tous les deux mois, contre un rythme mensuel auparavant, une réunion du bureau tous les 15 jours et une conférence mensuelle des maires. Le pacte fixe aussi les modalités des relations entres les communes et la Métropole et le fonctionnement du Conseil de développement durable. Avant le vote, les élus du groupe Métropole commune (droite et centre) avaient demandé le report du débat sur ce pacte, dénonçant l'absence de concertation et le passage au rythme bimensuel des séances plénières. Des critiques balayées par Alain Anziani qui assure que toutes les autres métropoles, sauf Metz, fonctionnent sur ce rythme. Il entend en particulier "renforcer le rôle des commissions avec davantage de travail des élus, des auditions, des déplacements sur site et le développement d'une expertise."

Enfin, Bordeaux Métropole s'est prononcée contre la création d'un péage sur l'autoroute A 63 au sud de Bordeaux en contrepartie de la mise à 2x3 voies de circulation. Et si ce scénario devait quand même être retenu par l'Etat, les élus locaux demandent que la tarification soit réservée aux poids lourd et au trafic de transit, avec gratuité pour le trafic local, et assortie d'une modulation horaire visant à fluidifier la rocade bordelaise. La Métropole rappelle également que le financement d'une telle opération incombe à l'Etat.

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