Mirakl va ouvrir un centre de R&D de 50 personnes à Bordeaux

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Mirakl a conservé ses attaches françaises, et particulièrement son ingénierie, en France.
Mirakl a conservé ses attaches françaises, et particulièrement son ingénierie, en France. (Crédits : Mirakl)
Numéro un mondial des solutions logicielles de marketplaces (places de marché), Mirakl s'apprête à ouvrir, au premier semestre 2020, un centre de recherche et développement à Bordeaux. La startup française envisage d'y créer rapidement une cinquantaine de postes. Elle compte y inventer "les métiers de demain" et développer des projets innovants.

Assez peu connue du grand public, Mirakl est pourtant bien installée dans l'univers du e-commerce. Créée en 2012 par Philippe Corrot et Adrien Nussenbaum, la jeune pousse produit un logiciel qui permet d'éditer puis de gérer sa propre marketplace. Pour faire simple, l'exemple d'Amazon est le plus parlant : aujourd'hui, le géant américain réalise plus de la moitié de son activité e-commerce grâce à sa place de marché, où des milliers d'articles sont mis en vente par des acteurs tiers. Cdiscount est également une bonne illustration : l'acteur français mise beaucoup sur sa place de marché, qui enregistre une croissance à deux chiffres et pèse 36 % de son activité. Tant et si bien qu'il l'a connectée il y a quelques semaines avec d'autres marketplaces européennes, de manière à faire gonfler le stock de produits à la vente.

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Si ces grands acteurs numériques ont été précurseurs, Mirakl s'adresse aux entreprises qui n'ont ni les compétences, ni les moyens de créer leurs propres solutions logicielles maisons. La startup propose des outils en mode Saas (accessibles en ligne via un abonnement) pouvant être déployés facilement et rapidement. On la retrouve ainsi derrière certaines marketplaces françaises (Carrefour, Fnac, Wallmart, Nature&Découvertes, Auchan...) ainsi qu'à l'international, où elle réalise 75 % de son activité aujourd'hui. "Nous avons aujourd'hui validé le modèle, en France mais aussi à l'étranger où nous avons par exemple travaillé avec Best Buy au Canada ou Wallmart au Mexique. Nous observons également depuis 2018 une deuxième phase s'installer, celle du e-commerce BtoB, entre entreprises. Nous comptons plusieurs clients tels qu'un constructeur de trains, de chariots élévateurs, ou encore Satair, qui vend des pièces détachées d'Airbus...", explique Philippe Corrot. L'étude parue en août dernier associant la startup, le cabinet de conseil en stratégie Roland Berger et Webhelp Payment Services estime ainsi que "les marketplaces B2B se déploient toujours à une vitesse considérable. Deux des plus grands acteurs mondiaux, Alibaba et Amazon, génèrent respectivement 11 milliards et 4 milliards de dollars sur leurs plateformes destinées aux professionnels. En 2017, le e-commerce B2B a atteint un volume de 7.600 milliards de dollars de ventes dont 80 % sont réalisées en Asie. Toutefois, l'Amérique du Nord suit de près avec +12% de taux de croissance annuel moyen. L'Europe, quant à elle, devrait suivre le mouvement et adopter le modèle de manière plus significative d'ici peu."

Des armes pour résister à Amazon

Après avoir passé le cap des 200 salariés, la société entend continuer à accélérer d'autant plus qu'elle voit "une vague anti-Amazon se préparer". Sa proposition repose justement sur cet axe : "donner aux entreprises des armes technologiques pour riposter" face au bulldozer américain et les inciter à former elles-mêmes un réseau. Plusieurs verticales sont déjà clientes : aéronautique, industrie manufacturière, hôtellerie...

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Si son marché est mondial et qu'elle compte des bureaux à Boston, Londres ou encore Sao Polo, Mirakl conserve ses attaches dans l'Hexagone et s'apprête même à les renforcer avec la création au premier semestre 2020 d'un centre de recherche et développement à Bordeaux.

"Avec ce Bordeaux Labs Center, nous voulons créer et développer sur le long terme les nouveaux métiers de demain dans l'administration des systèmes, du cloud en général et de la sécurité," explique Philippe Corrot. L'innovation fait partie intégrante de notre stratégie. Nous avons bâti une solution qui a géré un milliard de dollars de chiffre d'affaires de ventes réalisées sur les marketplaces en 2018, qui doit être capable de supporter les énormes pics de charge liés à certains événements tels que le Black Friday, qui propose de nouvelles fonctionnalités à intervalles réguliers. Nous avons également un sujet intelligence artificielle qui se jouera entre Bordeaux et Paris, notamment pour la lutte contre la fraude. La question de la donnée occupe une place fondamentale au sein de Mirakl : comment on aide nos clients à en faire des éléments de décision, à améliorer leur connaissance clients, leur expérience utilisateur... autrement dit, comment ils peuvent utiliser les données pour se différencier."

"Le modèle de marketplace permet à nos clients d'agréger une quantité colossale de données marketing, produit ou liées à la sécurité. Nous voulons innover dans l'intelligence artificielle avec des data scientists pour développer des modèles permettant d'analyser le comportement de chaque transaction. L'objectif est par exemple de détecter des tentatives de fraudes ou d'automatiser des tâches qui facilitent l'expérience utilisateur des opérateurs de marketplace qui doivent gérer potentiellement des dizaines de millions de produits," ajoute Cyril Combe, responsable du futur Mirakl Bordeaux Labs Center.

Mirakl envisage de gérer via sa plateforme 3 milliards de dollars de transaction en 2020. Bordeaux a été choisi pour plusieurs raisons :

"Nous avions également regardé Nantes et Lyon mais la qualité de vie offerte avec notamment la proximité du Bassin d'Arcachon, la qualité des formations dispensées dans le Sud-Ouest, le TGV qui place Paris à 2 heures de Bordeaux ont joué, ainsi que la présence d'acteurs tels que Deezer, ManoMano... L'idée est maintenant d'engager une phase à Paris où l'on va solliciter nos propres collaborateurs, recruter, former, puis de proposer une migration vers Bordeaux au cours du premier semestre 2020. Bien sûr nous allons également embaucher directement des profils de Bordeaux et du Sud-Ouest. L'objectif est de compter une cinquantaine de personnes dans le courant de l'année 2020 au sein de ce Bordeaux Lab Center", ajoute Philippe Corrot.

"Tout collaborateur qui rejoindra les bureaux bordelais débutera sa mission dans les locaux parisiens: découverte du produit, onboarding auprès des équipes, partage de savoir-faire sont prévus et sont fondamentaux pour une bonne prise de poste chez Mirakl", ajoute Noëlla Gavier, directrice des ressources humaines.

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Commentaires
a écrit le 29/10/2019 à 20:08 :
Attention, la Marketplace de la Fnac n'utilise pas Mirakl, la solution Mirakl est dérivée de la Marketplace Fnac. Mirakl joue sur l'ambiguité depuis très (trop) longtemps...
Les équipes Fnac travaillant sur le sujet appréciraient grandement que Mirakl arrete de s'appropier le fruit de leur travail.

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