ManoMano s'installe à Bordeaux et va y créer 50 emplois

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ManoMano se positionne comme une place de marché : elle ne vend aucun produit en propre mais fait l'intermédiaire entre les internautes et les entreprises
ManoMano se positionne comme une place de marché : elle ne vend aucun produit en propre mais fait l'intermédiaire entre les internautes et les entreprises (Crédits : La Tribune)
La place de marché d'articles de bricolage et de jardinage ManoMano annonce ce lundi matin la création d'une agence à Bordeaux. Elle compte pour ce faire recruter une cinquantaine de personnes, essentiellement des profils de développeurs et data scientists.

Le profil de développeur faisait déjà l'objet d'une relative pénurie à Bordeaux, avec une compétition féroce entre les différents acteurs du numérique pour attirer les meilleurs profils. ManoMano ne va pas contribuer à la détente du marché après avoir annoncé ce lundi matin son arrivée dans la métropole girondine. D'autant qu'elle aura les moyens, après avoir levé 60 millions d'euros en 2017.

Créée il y a cinq ans à Paris, ManoMano s'est positionnée sur le créneau vacant en France du e-commerce pour les articles de bricolage et de jardinage. La place de marché, fondée par Philippe de Chanville et Christian Raisson, compte aujourd'hui plus de deux millions de clients et héberge 1.600 marchands sur son site. Elle opère sur six marchés (France, Belgique, Espagne, Italie, Allemagne et Royaume-Uni). Sa croissance est impressionnante : en 2013, ManoMano vendait 30.000 références sur son site, employait neuf personnes et réalisait un million d'euros de chiffre d'affaires. Quatre ans plus tard, l'entreprise propose 1,2 million de références (x40) à 1,9 million de clients, génère un chiffre d'affaires de 250 M€ et emploie aujourd'hui plus de 300 personnes.

La raison de ce succès ? Un positionnement technologique avant tout. ManoMano ne se définit pas comme un simple vendeur en ligne spécialisé dans l'aménagement de la maison, mais comme une véritable place de marché, c'est-à-dire un intermédiaire entre les marchands de produits de bricolage et les clients. Ce positionnement lui permet, comme Amazon, de négocier des tarifs très concurrentiels pour ses produits, sans s'occuper en revanche de la livraison, qui reste à la charge des vendeurs. Ses algorithmes maison lui permettent d'offrir une expérience client visiblement satisfaisante si on en croît la croissance du volume d'affaires. Son secret : des recommandations personnalisées et la mise en avant des avis de la communauté. Le bricoleur dispose sur la plateforme d'un catalogue d'une richesse introuvable dans les magasins physiques et peut se faire conseiller... notamment par d'autres clients eux-mêmes rémunérés pour ce faire.

Lire aussi : Bricolage : comment le français ManoMano veut en finir avec le "réflexe magasin"


Candidate au statut de prochaine licorne française (entreprise non cotée valorisée plus d'un milliard de dollars), la pépite parisienne soigne aussi ses marchands. Ceux-ci peuvent bénéficier d'un outil leur permettant de référencer automatiquement et facilement leurs produits, dans 3.000 catégories différentes. La startup partage aussi les données anonymisées de ses utilisateurs, ce qui constitue un retour d'expérience précieux pour les vendeurs.

Un marché verrouillé mais prometteur pour les acteurs du digital

Le marché français du bricolage et de la jardinerie est aujourd'hui solidement verrouillé par les grandes surfaces spécialisées (GSB). D'après l'Union nationale des industriels du bricolage, du jardinage et de l'aménagement de la maison (Unibal), les Leroy Merlin, Brico Dépôt et autres Castorama et Mr Bricolage captent les trois quarts (77%) d'un marché évalué à 25,4 milliards d'euros en 2016 dans l'Hexagone. Les négoces attirent 15% du chiffre d'affaires et la grande distribution classique 3%. 3 % de part de marché aussi pour le e-commerce, soit 711 M€, mais une vraie croissance pressentie...

La plateforme dit avoir choisi Bordeaux comme 2e point de chute dans l'Hexagone, après Paris, pour plusieurs raisons : accessibilité, qualité de vie... "Nous croyons aussi fortement que l'attractivité de la ville nous permettra de recruter les meilleurs talents dans le domaine de la tech, particulièrement les développeurs et d'accélérer ainsi notre développement", déclarent Philippe de Chanville et Christian Raisson dans un communiqué.

"Je me réjouis de constater que la vague de succès de l'an passé persiste et que Bordeaux est plus que jamais une métropole magnétique pour les futures licornes françaises", affirme Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, dans le même communiqué. "Qu'une entreprise dynamique comme ManoMano choisisse de s'installer à Bordeaux marque l'efficacité de notre stratégie d'attractivité et de notre engagement à attirer les projets digitaux innovants !", ajoute Virginie Calmels, vice-présidente de Bordeaux Métropole et 1re adjointe au maire de Bordeaux. Accompagnée par l'agence Invest in Bordeaux, ManoMano arrivera mi-novembre dans la métropole girondine et intègrera plus tard, au 1er trimestre 2019, l'ancienne halle industrielle Marie Brizard que l'accélérateur Héméra reconfigure totalement, dans le cadre d'un projet immobilier porté par Belin Promotion.

La startup parisienne vient rejoindre à Bordeaux un contingent d'entreprises parisiennes assez vaste qui ont choisi la capitale de Nouvelle-Aquitaine pour créer de nouveaux bureaux et agences dont notamment Deezer, OVH, Betclic, BackMarket, Sigfox, Ubisoft...

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