Plus de 11.000 créations nettes d'emplois en 2017 dans la métropole bordelaise

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Alain Juppé entouré par sa première adjoint Virginie Calmels, Patrick Seguin (CCI Bordeaux Gironde) à sa droite et Lionel Lepouder (Invest in Bordeaux) et Jérôme Leleu (French Tech Bordeaux) à sa gauche
Alain Juppé entouré par sa première adjoint Virginie Calmels, Patrick Seguin (CCI Bordeaux Gironde) à sa droite et Lionel Lepouder (Invest in Bordeaux) et Jérôme Leleu (French Tech Bordeaux) à sa gauche (Crédits : Thomas Sanson / mairie de Bordeaux)
La Métropole bordelaise a présenté ce jeudi matin les résultats enregistrés entre 2014 et 2017 et plus particulièrement les créations nettes de postes dans le secteur privé. Ces dernières s'établissent à 11.000 au titre de l'année 2017 et sur le périmètre métropolitain. La tendance à la hausse engagée depuis 2014 se confirme nettement.

Alain Juppé l'a rappelé dès le début de son intervention ce matin : la pression démographique qui contraint la métropole bordelaise est forte, avec 10.000 nouveaux habitants par an. Une attractivité diagnostiquée initialement comme très résidentielle et pas assez économique, selon le diagnostic posé en 2014. Dans ce contexte tendu, les chiffres de l'emploi sont donc essentiels. Le chômage n'a pas connu de baisse spectaculaire, même s'il s'est tassé. Mais les entreprises du secteur privé ont embauché, comme le montrent les chiffres présentés ce matin par le président de la Métropole et maire de Bordeaux, Alain Juppé, et par sa première adjointe à la mairie et vice-présidente de la métropole, Virginie Calmels.

Les données communiquées sont issues d'un partenariat entre la collectivité et l'Urssaf, pour les rendre "transparentes et non opposables". Le bilan est "extrêmement encourageant" selon Alain Juppé, qui évoque ainsi 11.000 emplois nets créés en 2017 par les entreprises du secteur privé sur le territoire métropolitain, à comparer aux 9.100 comptabilisés en 2016, 5.100 en 2015 et 1.200 en 2014. Au plan stricto bordelais, 4.010 créations nettes ont été enregistrées par l'Urssaf en 2017, contre 3.750 en 2016, 2.210 en 2015 et une perte nette de 450 emplois en 2014.

Alain Juppé a rappelé que l'objectif, "peut-être jugé ambitieux", est la création de 100.000 emplois d'ici 2030. La courbe actuelle le permettrait puisque les derniers totaux dépassent le cap fixé des 7.000 créations nettes par an. Trois opérations d'envergure sont notamment appelées à contribuer largement à l'atteinte de ce cap : Euratlantique, sur trois communes autour de la gare Saint-Jean, Bordeaux InnoCampus et Bordeaux Aéroparc.

L'emploi d'entreprises exogènes en hausse

Virginie Calmels a pour sa part souligné "des implantations d'entreprises de plus en plus nombreuses" sur le territoire métropolitain. Là encore, 2017 est orientée à la hausse avec 80 dossiers aboutis et suivis par l'agence Invest in Bordeaux, annonçant 2.100 emplois, contre 74 dossiers et 1.508 emplois en 2016 et 72 dossiers et 1.409 emplois en 2016. Au 30 septembre dernier, Invest in Bordeaux comptabilisait 63 dossiers concrétisés pour 2.054 emplois programmés.

Présents, le directeur du studio bordelais de l'éditeur de jeux vidéo Ubisoft, Julien Mayeux, et le dirigeant du site de paris sportifs en ligne Betclic, Nicolas Beraud, ont tous deux rapidement témoigné de leur expérience et ne regrettent visiblement pas leurs décisions d'implantation. Un an après son inauguration, Ubisoft Bordeaux vient de passer la barre des 150 emplois tandis que Betclic est arrivée aux 200 en quelques mois, après avoir décidé de déplacer à Bordeaux son siège social et une partie de ses équipes. Virginie Calmels est revenue sur la liste des implantations récentes (Backmarket, Deezer, Hermès, OVH, Dassault Falcon Services, Solidanim...). L'élue a par ailleurs noté "la forte croissance du marché immobilier de bureaux" avec 165.000 m2 transactés en 2017 à Bordeaux, contre 106.000 m2 en 2016. Ce qui a fait de la ville la n°3 française en 2017, "une année exceptionnelle" dont devrait s'approcher 2018 selon les dernières tendances.

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En comparant maintenant ces chiffres avec ceux des autres métropoles françaises, excepté Paris qui est hors concours, Bordeaux ressort à la 2e place sur la période 2013 - 2017 avec un taux de croissance des emplois salariés privés de 9,5 %, juste après Nantes qui la devance d'une courte tête. L'effectif salarié des entreprises privées atteignait ainsi 303.668 emplois au 31 décembre dernier. Virginie Calmels a ensuite listé "8 priorités" destinées à alimenter la dynamique enregistrée, parmi lesquelles la nécessité d'associer aménagement et développement économique, le suivi particulier de filières stratégiques (aéronautique, espace et défense ; santé et e-santé ; industries créatives), ou encore l'attention devant être portée à l'emploi du conjoint lors de mutations d'un des membres du couple.

Au milieu de ces chiffres encourageants, le dossier Ford Aquitaine Industries vient perturber le satisfecit. Pour mémoire, le constructeur américain entend fermer son usine de Blanquefort, dont les effectifs dépassent les 850 personnes, et repousse pour le moment l'offre de reprise de l'industriel Punch. Alain Juppé a redit ce jeudi, comme il l'avait savoir lundi, que les relations avec Ford sont très difficiles, que les moyens de pression sont réduits et qu'il avait le sentiment que les collectivités étaient "menées en bateau" depuis plusieurs années maintenant. Présent, Patrick Seguin, président de la CCI Bordeaux Gironde, a rebondi sur le sujet, suggérant à nouveau la création d'un pôle dédié aux énergies du futur en lieu et place de l'usine Ford actuelle, expliquant que le faible coût de l'énergie en France pourrait attirer des industriels pour qui il s'agit de la première source de dépenses.

L'élu consulaire a également attiré l'attention sur le destin du port de Bordeaux, dont le potentiel existe mais qui peine à se sortir de la crise dans laquelle il est englué. Le dossier de sa régionalisation n'a pas encore abouti. Deux dossiers qui font dire à Patrick Seguin que si les emplois privés liés aux services sont nécessaires, l'industrie ne doit pas être oubliée. Directeur général de la technopole Bordeaux Technowest, François Baffou a quant à lui appelé à préparer les prochaines étapes. Arguant que si le travail collectif entre collectivités et acteurs de l'économie fonctionnait bien actuellement, les métropoles connaissaient des cycles de développement à l'échelle de 10 ans. Et qu'il était temps de structurer pour préparer le prochain. Deux interventions confirmant les bons chiffres mais permettant d'éviter, si besoin était, tout optimisme débridé.

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