Pourquoi Cdiscount se lance dans une alliance européenne

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Emmanuel Grenier, PDG de Cdiscount (à gauche), et Olivier O, secrétaire d'Etat chargé du numérique (à droite), au coeur de la plateforme technologique de Cdiscount, avec Christophe Samson, directeur des systèmes d'information
Emmanuel Grenier, PDG de Cdiscount (à gauche), et Olivier O, secrétaire d'Etat chargé du numérique (à droite), au coeur de la plateforme technologique de Cdiscount, avec Christophe Samson, directeur des systèmes d'information (Crédits : HL)
Cdiscount vient d'interconnecter cette semaine sa place de marché (marketplace) avec trois autres acteurs allemand, italien et roumain. Une alliance européenne qui doit lui permettre de mieux s’armer face à la concurrence, en particulier celle de l'Américain Amazon, en doublant son nombre de vendeurs. Emmanuel Grenier, PDG de la plateforme française de e-commerce, a présenté ce jalon stratégique au secrétaire d’Etat chargé du numérique. Cédric O a passé ce jeudi 26 septembre près de 2 heures au siège social de Cdiscount à Bordeaux.

"Pour que les acteurs nationaux arrivent au bon niveau de compétition, il leur faut être à la bonne taille et cela passe par des acquisitions ou des alliances. L'alliance conclue par Cdiscount avec trois autres plateformes européennes de e-commerce est donc une bonne nouvelle", a déclaré Cédric O, secrétaire d'Etat chargé du numérique, en visite ce jeudi au siège social de Cdiscount à Bordeaux où travaillent 1.600 salariés.

Cette alliance, lancée à l'initiative du site de e-commerce français, a pour le moment été signée avec des marketplaces allemande (real.de), italienne (ePrice) et roumaine (eMag). "Pour Cdiscount le gain sera de 15.000 vendeurs supplémentaires, soit 27.000, contre 12.000 actuellement. Mais d'autres pays se joindront à l'International Marketplace Network. Des discussions sont en cours pour intégrer au moins un leader par pays", précise Emmanuel Grenier, PDG de Cdiscount.

Défi technologique

"Concrètement, cela veut dire que les vendeurs de notre marketplace ont la possibilité, en un clic, d'accéder au marché européen. Ils diversifient leurs canaux de distribution facilement et accélèrent leurs ventes. Et pour ceux qui sont en fullfilment (service de logistique intégré) chez nous, nous expédions les colis. Nous réglons donc deux gros sujets : la connexion à l'étranger et la logistique. Quant à nous, nous élargissons l'offre, nous proposons plus de produits à de meilleurs prix", explique Thomas Métivier, directeur de la marketplace chez Cdiscount qui représente 40 % du volume d'affaires de l'entreprise. "Et plus il y a de propositions de produits, plus le client achète. C'est le premier facteur de fidélisation", assure Emmanuel Grenier.

Il aura fallu plus d'un an pour mettre en place cette alliance. Car après avoir convaincu ses partenaires européens, Cdiscount s'est attaqué à un défi technologique. "C'est en l'occurrence la startup Beezup que nous avons rachetée qui nous a permis de faire les connexions entre les différentes marketplaces, le lien entre les catalogues produits", explique Emmanuel Grenier. Ainsi, lorsqu'un vendeur met à jour son stock, la plateforme transmet l'information automatiquement aux autres marketplaces. "Les stocks sont synchronisés", explique Thomas Métivier.

Un groupe de travail annoncé

Cette alliance est une première étape. "Mais derrière, il y a un enjeu de fullfilment", insiste Thomas Métivier en s'adressant au secrétaire d'Etat Cédric O. "Cdiscount est le seul acteur en Europe à avoir une solution de fullfilment qui tourne mais nous n'avons pas la capacité financière d'ouvrir des entrepôts aux quatre coins de l'Europe." Face à la Chine et aux Etats-Unis, le patron de Cdiscount pointe également du doigt les distorsions de concurrence liées aux règles européennes."Nous avons des talents qui résistent mais la dynamique mondiale n'est effectivement pas rassurante. Il s'agit que la compétition soit juste. Or, nous avons des trous dans la réglementation européenne", reconnait Cédric O. Le secrétaire d'Etat a proposé une mission spéciale sur le sujet, l'idée étant de lister toutes les problématiques. Des paroles entendues. "Je souhaite participer à ce groupe de travail" a aussitôt lancé Emmanuel Grenier.

Le géant Amazon accapare près de 20% des parts de marché françaises. Cdiscount, filiale de Casino, figure à la 2ème place avec 8 % du marché. La plateforme française génère un volume d'affaires de 3,6 milliards d'euros et recense 20 millions de visiteurs uniques tous les mois.

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En novembre 2018, La Tribune avait consacré un large dossier à la stratégie de Cdiscount. Voici les articles publiés à l'occasion :

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Commentaires
a écrit le 27/09/2019 à 20:41 :
Mais quelle honte!!!! Qu il fasse deja le menage chez lui ce monsieur avant de vouloir donner des leçons.
Moi ancien vendeur sur leur marketplace j ai vu arriver des millers de vendeurs chinois qui se foutent bien de la tva et des droits de douane, résultat une concurrence terrible et deloyale et fin de l histoire pour moi.

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