Pourquoi Cdiscount va accompagner la transformation numérique des PME

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Un entrepôt de Cdiscount, à Cestas
Un entrepôt de Cdiscount, à Cestas (Crédits : Agence APPA)
Lors d'une visite de ses entrepôts logistiques à Cestas (Gironde), Cdiscount a affirmé ses ambitions pour accompagner les TPE/PME dans leur transformation numérique. Objectif du géant français du e-commerce : étoffer toujours plus sa marketplace qui devra peser 50 % de son activité dans les années qui viennent.

La marketplace, la place de marché en ligne ouverte aux commerçants tiers, est l'une des priorités stratégiques de Cdiscount depuis sa création en 2011. Si bien qu'elle représente aujourd'hui 36 % de l'activité du numéro un français du e-commerce. Et l'enseigne, dont le siège est à Bordeaux, n'entend pas s'arrêter en si bon chemin. "La marketplace a vocation à réaliser 50 % de l'activité de Cdiscount dans les toutes prochaines années, c'est-à-dire à connaître une croissance plus importante que nos ventes en propre qui, dans le même temps, doivent bien sûr continuer à progresser", clarifie Emmanuel Grenier, le directeur général de l'entreprise, à l'occasion d'une visite des entrepôts de Cestas, ce lundi 8 avril.

Filialiser les activités logistiques

Et pour nourrir cette croissance, Cdiscount actionne plusieurs leviers simultanément. Le premier est la filialisation de ses entrepôts et des ses activités logistiques, y compris l'incubateur The Warehouse, situé à Canéjan (Gironde), qui sont regroupés depuis le 1er janvier au sein de Clogistics, détenue à 100 % par Cdiscount. Cette évolution capitalistique vise à faciliter la commercialisation des nombreux savoir-faire de Cdiscount en matière de supply chain auprès des acteurs tiers, petits et gros, y compris des concurrents potentiels. La marketplace compte ainsi aujourd'hui 5.000 TPE/PME, soit 80 % du volume, qui peuvent disposer de la force de frappe de Cdiscount en matière d'audience et de livraison rapide (un tiers des colis achetés chez Cdiscount sont livrés le lendemain).

Mais encore faut-il que ces vendeurs tiers disposent des outils et des connaissances pour s'ouvrir à la vente en ligne. "Nous nous sommes aperçus que beaucoup de PME sont peu ou pas digitalisées. Il y a tout à faire ou presque. Nous allons donc monter une offre de service dédiée pour les accompagner dans leur transformation numérique : la gestion des stocks, la mise en ligne et la vente en ligne vers toute la France et plusieurs pays européens", détaille Emmanuel Grenier. Encore en construction, ce nouveau service à destination des professionnels sera officiellement lancé courant 2019. Après une première tentative de coopération avec les petits commerçants en 2013 qui s'était soldée par un échec faute de culture commune et d'outils numériques adéquats, Cdiscount s'empare donc à nouveau du sujet. "A l'époque nous étions probablement trop en avance mais le terrain est désormais plus propice et l'enjeu de la transformation numérique s'est imposé partout tant au sein des PME qu'au gouvernement", souligne Marie Even, la secrétaire générale de Cdiscount.

Emmanuel Grenier

Emmanuel Grenier (crédits : Agence Appa).

Amplifier la marketplace

Même si derrière cette accompagnement vers le numérique il y a bien évidemment l'objectif de recruter de nouvelles références pour étoffer la marketplace puisque chaque PME digitalisée sera un client potentiel supplémentaire. Grâce à cette dernière, Cdiscount propose désormais 48 millions de produits à la vente (+37 % sur un an). Avec 20 millions de visiteurs uniques par mois et 9 millions de clients livrés en 2018 pour un total de 30 millions de produits expédiés, l'entreprise créée en 1998 est le 2e acteur du e-commerce en France derrière Amazon.

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Et face à la concurrence de la pieuvre américaine, l'idée est aussi de jouer groupé, tant au niveau de l'innovation ouverte avec des startups qu'au niveau des coopérations avec les autres acteurs locaux. "La vraie concurrence, elle est aujourd'hui aux Etats-Unis et en Chine. En France, et plus largement en Europe, on ne réussira pas sans les PME, il faut donc jouer en bloc avec toutes les entreprises françaises. Il faut combattre à plusieurs si on veut pouvoir faire face à ces titans. C'est aussi pour cela que nous préférons aider les startups à grandir plutôt que les racheter et que nous n'avons aucune clause d'exclusivité sur notre marketplace", poursuit le directeur général qui rappelle qu'il a signé il y a quelques semaines la charte de bonne conduite entre grands groupes et PME.

Cinq nouvelles startups incubées

Avec plus de 76 M€ investis en 2018, Cdiscount, filiale du groupe Casino, mène également une politique très active en matière de R&D tant en interne qu'en externe via des collaborations avec des startups au sein de l'incubateur The Warehouse dédié à la logistique. Sur les cinq jeunes pousses accompagnées l'an dernier, trois (Shoprunback, NoMagic, Ez-Wheel) déploient leurs outils et solutions dans les entrepôts de Cdiscount aux côtés des robots Skypod d'Exotec, déjà actifs à Cestas et en Ile-de-France.

Cinq nouvelles startups ont été retenues pour 2019 : iFollow, Ownest, Agrikolis, TwinswHell et Unsupervised.ai. Agrikolis propose notamment un service de livraison des colis de plus de 30 kg (meubles, électroménager, etc...) dans les exploitations agricoles afin de mailler toujours plus finement le territoire. Le dispositif est actuellement testé dans les Hauts-de-France avant une possible généralisation.

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