E-commerce : Cdiscount reste dans le rouge en 2018

 |   |  762  mots
Malgré une activité commerciale dynamique, Cdiscount n'a que partiellement renoué avec la rentabilité sur le plan financier en 2018.
Malgré une activité commerciale dynamique, Cdiscount n'a que partiellement renoué avec la rentabilité sur le plan financier en 2018. (Crédits : HL)
Pour le 3e exercice consécutif, Cnova, la holding hollandaise qui détient Cdiscount, enregistre une perte nette en 2018. A -35,3 M€, le géant de l'e-commerce a néanmoins redressé la barre, dégageant même un résultat courant positif au second semestre. Son chiffre d'affaires progresse de près de 7 %, porté par le dynamisme de sa marketplace, et Cdiscount assure être sur le chemin d'un modèle de croissance rentable. Deux acquisitions ont été réalisées l'an dernier.

Sur le plan commercial, Cdiscount, filiale du Groupe Casino via sa holding hollandaise Cnova, a connu une année 2018 prolifique, selon ses résultats financiers publiés ce vendredi 15 février. Son volume d'affaires (*) a progressé de 10,4 % à 3,65 Md€ tout comme son chiffre d'affaires : +6,8 % à 2,17 Md€. Une croissance portée par l'activité dynamique de la marketplace - avec un nombre de références qui a bondi de 37 % l'an dernier - dont le volume d'affaires a augmenté de +12,3 % à 1,1 Md€. Cette place de marchés ouverte à des marchands tiers pèse désormais plus d'un tiers du volume d'affaires total de Cdiscount (34,3 %, +2,4 points). A noter également, la contribution des services B2C (+1,5 point) et des corners physiques (+1,6 point) désormais déployés dans 49 magasins Géant.

"Construire un modèle croissance rentable"

Une activité qui ne permet cependant pas à Cdiscount de renouer avec un résultat positif sur l'ensemble de l'exercice même si le second semestre - hautement stratégique car marqué par le "black Friday", les fêtes de fin d'année et l'opération commerciale autour des 20 ans de l'entreprise - a dégagé un résultat courant positif de 12,4 M€, (VS -20,1 M€ au premier semestre 2018 et -10,9 M€ au second semestre 2017). Sur l'ensemble de l'année, le résultat net de Cdiscount reste négatif à -35,3 M€, ce qui marque une amélioration de 67,3 M€ par rapport aux pertes de 102,6 M€ en 2017 et de 65,2 M€ en 2016. Cependant, ce chiffre intègre un gain d'impôt différé exceptionnel de 39 M€ lié à la filialisation de l'activité logistique de Cdiscount.

Lire aussi : Cdiscount va filialiser ses entrepôts (2/4)

"L'objectif est de revenir à l'équilibre le plus rapidement possible", avait indiqué dans nos colonnes Emmanuel Grenier, le directeur général de Cdiscount. Si le pari est relevé au second semestre 2018, ce n'est donc pas encore le cas sur l'ensemble de l'exercice et la croissance profitable ne sera pas atteinte avant 2020 au plus tôt. Néanmoins, la direction de l'entreprise assure qu'en 2018 "Cdiscount a franchi une étape importante vers la construction d'un modèle de croissance rentable, dans un marché du e-commerce plus mature, avec des clients plus fidèles et une stratégie de monétisation renforcée [...] En conséquence, Cdiscount anticipe pour 2019 et les années à venir une accélération du rythme de croissance de volume d'affaires et une forte amélioration de son EBITDA."

Ce dernier, qui correspond au résultat opérationnel courant avant charges d'amortissement et dépréciation, est positif en 2018 et ressort à 25,5 M€ alors qu'il était négatif à -6,3 M€ un an plus tôt. Selon l'entreprise, "cette amélioration, trimestre après trimestre, s'appuie notamment sur les initiatives de monétisation développées tout au long de l'année, les actions de redynamisation de la marketplace depuis le début du 3e trimestre 2018 et la maîtrise des coûts d'exploitation." Ces derniers ressortent à -344 M€ contre -308 M€ en 2017 notamment en raison de la hausse de 37 % des dépenses marketing. Enfin, la dette financière est de 199 M€ au 31 décembre 2018, contre 193 M€ un an plus tôt, et intègre le décaissement exceptionnel de 24 M€ pour le règlement d'un recours collectif contre Cnova aux Etats-Unis.

Déployer une logique de plateforme

Le modèle de croissance rentable recherché par Cdiscount passe par la mise en œuvre d'une logique de plateforme qui se traduit tant par l'essor de sa marketplace que la vaste diversification de son offre de produits et services. L'exercice 2018 a ainsi été marqué par les lancements successifs de Cdiscount Voyages et Cdiscount Billeterie, les rachats de 1001pneus.com (pneus) puis de Stootie (services entre particuliers) et la poursuite de Cdiscount Energie.

Parallèlement, le programme de fidélisation et de livraison express Cdiscount à volonté (CDAV) continue de trouver son marché avec une hausse de 23 % du nombre d'abonnés. Enfin, Cdiscount livre désormais ses produits dans 19 pays européens. A noter que le trafic mobile est toujours en croissance jusqu'à représenter 65 % du trafic total (+5,1 points) au second semestre et 45 % du volume d'affaires (+6,1 points).

 (*) Le volume d'affaires ou GMV pour "gross merchandise volume" est un indicateur utilisé par les entreprises de vente en ligne. Il comprend les ventes de marchandises, les autres revenus et le volume d'affaire de la marketplace sur la base des commandes validées et expédiées TTC. Mais il n'inclut pas les réductions, les coûts de livraison et les retours de produits, ce qui explique notamment la différence avec le chiffre d'affaires (3,65 Md€ Vs 2,17 Md€ en 2018)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 15/02/2019 à 20:08 :
Quel journaliste négatif. Aucun commentaire sur la hausse du cash flow de 400 millions d’euros sur l’année. Êtes-vous payés par les fonds qui sont en vente à découvert ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :