La startup bordelaise Loisirs Enchères en liquidation judiciaire

Fondée en 2014, Loisirs Enchères était l'une des figures de la première génération de la French Tech bordelaise. Fortement déstabilisée par le Covid, la plateforme de vente aux enchères de voyages et activités de loisirs avait espéré se sauver en faisant pivoter son modèle mais n'a pas réussi à redémarrer. Elle a été liquidée le 13 juillet dernier. Explications.
L'entreprise bordelaise Loisirs Enchères, qui employait près de 40 salariés, a été placée en liquidation judiciaire le 13 juillet dernier.
L'entreprise bordelaise Loisirs Enchères, qui employait près de 40 salariés, a été placée en liquidation judiciaire le 13 juillet dernier. (Crédits : Loisirs Enchères)

"Être dans le top 10 des sites de vacances d'ici cinq ans." C'était le cap fixé en 2016 par Thomas Boisserie, le fondateur de Loisirs Enchères. Fondée en 2014, la plateforme bordelaise de ventes de voyages a connu depuis d'importants développements, dont le départ de son fondateur en fin 2017 pour se consacrer au projet des Nouvelles Fermes ; puis une levée de fonds de quatre millions d'euros réalisée en 2018 et une forte croissance de son activité. A tel point que Loisirs Enchères figurait dans la promotion du programme French Tech 120 dévoilée début 2020. Mais dans les mois suivants les vagues du Covid sont venues ébranlées le modèle de l'entreprise.

Le trafic d'avant Covid n'a jamais été récupéré

"Avant la crise, le voyage représentait 70 % de notre chiffre d'affaires, aujourd'hui, on est à 30 %. Nous avons du opérer un pivot en urgence en nous lançant dans la vente de produits loisirs et de cours en ligne", expliquait l'entreprise fin 2020. Mais ce pivot opéré à marche forcée n'a pas suffit à rééquilibrer le modèle de l'entreprise reconnaît 18 mois plus tard Frédéric Bonfils, le directeur général de l'entreprise :

"Notre modèle économique nécessitait un assez gros volume de trafic qu'on avait avant le Covid mais qu'on a jamais récupéré après avoir coupé pendant près de deux ans nos budgets marketing et d'acquisition de clients. On a perdu en notoriété de manière extrêmement forte", explique-t-il à La Tribune ce mercredi 27 juillet 2022.

Résultat, malgré, selon Frédéric Bonfils, "six millions d'euros de chiffre d'affaires réalisé en 2021 et près de 200.000 euros mensuels en 2022", Loisirs Enchères s'orientait mécaniquement vers la cessation de paiement faute de disposer des fonds suffisants pour orchestrer une indispensable relance marketing d'ampleur.

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Pas de repreneurs intéressés

Frédéric Bonfils a donc placé l'entreprise en redressement judiciaire le 28 juin dernier pour tenter en vain de trouver des repreneurs et résoudre les difficultés avec un maximum de fournisseurs et de clients. Puis la liquidation judiciaire a été prononcée par le tribunal de commerce de Bordeaux le 13 juillet dernier.

"On a cherché des partenaires ou des repreneurs mais le secteur du voyages et du tourisme n'est pas très attractif en ce moment d'autant que certains acteurs sollicités nous ont dit ne pas voir d'un mauvais œil la disparition d'un concurrent...", résume Frédéric Bonfils.

Les clients sont pris en charge par l'administrateur judiciaire et les garanties de l'APST (association professionnelle de solidarité du tourisme). Le site internet a été désactivé sauf pour l'accès aux comptes des clients. Début juillet, Loisirs enchères employait encore 24 salariés en CDI et 14 en alternance en plein centre-ville de Bordeaux.

"C'est triste de voir des entreprises aller au tapis, en particulier une startup qui figurait au French Tech 120. Mais Loisirs Enchères était sur un marché du tourisme qui a souffert du Covid, qui est très exposé, très segmenté. Concernant les salariés qui restent sur le carreau, je n'ai pas doute sur le fait qu'ils réussiront à rebondir sur le marché de l'emploi local tant il est dynamique", réagit Cyril Texier, le président de French Tech Bordeaux.

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