Touch Sensity lève un million d’euros pour « scanner » les matériaux

La startup bordelaise Touch Sensity, accompagnée par Bordeaux Technowest, vient de lever un million d’euros pour accélérer la montée en maturité de sa technologie de rupture qu’elle destine dans un premier temps aux secteurs de l’aéronautique, du spatial et des transports. Elle doit permettre de mesurer les déformations et contraintes mécaniques des matériaux, notamment composites, en condition d’exploitation.

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La technologie brevetée est adaptable à tous les types de matériaux qu’ils soient rigides ou souples.
La technologie brevetée est adaptable à tous les types de matériaux qu’ils soient rigides ou souples. (Crédits : Touch Sensity)

Leur solution s'apparente à un scanner à matériau, destiné en premier lieu aux secteurs de l'aéronautique, du spatial et des transports. Créée en décembre 2019, la deeptech Touch Sensity a développé une technologie brevetée qui permet de rendre les matériaux et les objets sensibles aux interactions physiques mécaniques. Concrètement, sans capteur, le matériau devient une surface de captation grâce à la connexion du matériau avec un système embarqué qui transmet les données pour une analyse en temps réel.

"En termes simples, l'idée est de pouvoir caractériser, modéliser et localiser des pressions, déformations et endommagements exercés sur un matériau", explique Mehdi El Hafed, directeur général et directeur commercial de la société.

A ce stade, la jeune pousse est en discussion avec une cinquantaine d'industriels tous domaines confondus. "Il y a beaucoup d'engouement. Le seul frein à notre croissance est notre manque de maturité, qui s'explique par le fait que nous n'avons qu'un an d'existence, mais c'est précisément pour accélérer que nous venons de réaliser une levée de fonds", assure Mehdi El Hafed.

La startup, accompagnée par Bordeaux Technowest, a levé un million d'euros dont 500.000 € en equity auprès des fonds d'investissement Newfund Nouvelle Aquitaine - Euskal Herria, NACO, SkalePark et Techno'Start, et le même montant en dette et subvention auprès de Bpifrance et du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Ce financement permettra à Touch Sensity de poursuivre son effort de R&D et d'accélérer la croissance commerciale dans des secteurs où les cycles de développement sont particulièrement longs.

Contrôle non destructif et maintenance prédictive

Dans la pratique, Touch Sensity pourra intervenir à trois niveaux, en premier lieu sur la partie banc d'essai instrumenté pour la conception de pièces en laboratoire. Cette technologie permettra également de faire du contrôle non destructif, c'est-à-dire qu'elle évaluera la qualité des pièces en ligne de production sans avoir besoin d'altérer ou de détruire la pièce. Le troisième niveau sera l'embarqué. Objectif : s'assurer de la santé des matériaux et faire de la maintenance prédictive sur un système en exploitation, un train, un avion, une voiture, un bateau ou une fusée.

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Touch Sensity vise le déploiement de sa technologie sur un premier train d'ici à 2022 ou 2023. Dans l'aéronautique, il faudra attendre entre 2025 et 2030 pour des questions de certification.

"Nous sommes persuadés que les matériaux sensibles connectés, en particulier composites, constituent un enjeu des prochaines années. Dans le transport, tous les acteurs s'orientent vers les matériaux composites or, la connaissance de ces matériaux est encore assez faible. Avec notre solution, nous serons capables à la fois de maitriser le matériau, de comprendre ce qui se passe en cas d'interaction, de contrôler sa fabrication, sa qualité, et d'accélérer les temps de production pour permettre au matériau composite de devenir la référence", explique Mehdi El Hafed.

Une vingtaine de salariés fin 2022

A ce stade, l'entreprise a noué un partenariat avec Airbus Développement et a réalisé plusieurs preuves de concept dans le secteur spatial et le transport. Elle adressera par la suite d'autres marchés : la robotique et le vêtement connecté notamment, des domaines que connait particulièrement la co-fondatrice et présidente de l'entreprise, Anna Pugach, docteur en robotique et sciences cognitives. "Ce sont, en revanche, des domaines où il ya beaucoup d'acteurs et de technologies. Nous avons choisi dans un premier temps d'aller vers des marchés où le besoin est fort et la concurrence moins élevée", explique Mehdi El Hafed.

L'entreprise composée d'une équipe de neuf personnes vise la vingtaine de salariés fin 2022, avec des recrutements prévus sur des profils data et traitement du signal en particulier. Entre deux et quatre embauches sont prévues cette année. Une deuxième levée de fonds plus conséquente est envisagée en 2022 ou 2023.

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