Jeux vidéo : quand l’intelligence artificielle ouvre le champ des possibles (8/9)

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Zelda : breath of the wild, Red Dead Redemption II ou, ici, Assassin's Creed : Odyssey utilisent des briques d'intelligence artificielle pour concevoir d'immenses mondes ouverts et cohérents.
Zelda : breath of the wild, Red Dead Redemption II ou, ici, Assassin's Creed : Odyssey utilisent des briques d'intelligence artificielle pour concevoir d'immenses mondes ouverts et cohérents. (Crédits : Ubisoft)
Monde ouvert, gameplay, animation : des briques d'intelligence artificielle (IA) sont utilisées dans la fabrication des jeux vidéo par les plus gros studios comme par les indépendants. Les gains de temps liés à l'IA permettent de repousser toujours plus loin les frontières du jeu.

« L'intelligence artificielle fait partie de l'ADN des jeux vidéo dont la conception est très gourmande en ressources humaines et graphiques », rappelle très justement Julien Villedieu, président du Syndicat national du jeu-vidéo (SNJV). Des algorithmes sont en effet utilisés depuis longtemps pour gérer les personnages et adversaires non joueurs. Mais le recours à des briques d'IA s'est accru ses dernières années pour s'adapter à la manière de jouer de chaque joueur, générer des environnements de manière quasi-infinie et façonner les ambitieux jeux en monde-ouvert tels que récemment ceux de Zelda : Breath of the Wild (Nintendo) ou de Red Dead Redemption II (Rockstar). Ces environnements, aussi immenses que détaillés, sont conçus à l'aide de palettes graphiques « intelligentes ».

Sans IA, pas d'open world

« Il serait tout simplement impossible de créer des open world aussi vastes et proposant autant de contenu avec des outils classiques », explique ainsi Julien Mayeux, le directeur du studio bordelais d'Ubisoft. Jeu après jeu, l'éditeur français s'est fait le spécialiste de ces mondes ouverts notamment sur les différents épisodes d'Assassin's Creed ou encore sur le dernier Ghost Recon : Wildlands.

« Nous travaillons beaucoup sur l'art procédural pour la création de nos mondes. On fixe des règles - telles que le budget, le type d'environnement, le type de route - pour poser une trame et l'IA crée elle-même la route, les ponts, les tunnels, etc. L'humain n'intervient qu'ensuite pour peaufiner », poursuit Julien Mayeux, dont les équipes travaillent en partenariat avec l'Inria et le Cnam sur des outils permettant aux développeurs de gagner en productivité.

Mais l'IA n'est pas l'apanage des seuls grands studios : les huit développeurs bordelais de Motion Twin y ont aussi eu recours lors de la conception de Dead Cells, qui propose à chaque partie des niveaux générés aléatoirement pour en maximiser la rejouabilité. « Tout l'enjeu est de produire à chaque fois un niveau qui a l'air d'avoir été pensé par un humain alors même qu'il a été construit par un algorithme », précise Sébastien Bénard de Motion Twin.Ce sont en effet des briques d'IA qui gèrent l'agencement des pièces et leur habillage graphique de manière procédurale. Dead Cells intègre aussi à son gameplay une sorte d'aide à la conduite :

« L'idée est de savoir ce que fait le joueur et comment on peut l'aider pour mettre de la fluidité et de l'ergonomie dans un jeu qui est déjà difficile. C'est une question simple qui suscite des réponses complexes notamment parce qu'il faut que l'apport de l'IA soit suffisamment léger et intuitif pour que le joueur ne s'en rende pas compte », reprend Sébastien Bénard.

Lire aussi : Dead Cells : succès mondial pour ce jeu vidéo d'action signé des Bordelais de Motion Twin (2/9)

Animations et chasses aux bugs

Des algorithmes de machine learning sont par ailleurs utilisés, par exemple, « pour peaufiner l'animation 3D d'un personnage, en reproduisant de manière itérative un mouvement des milliers de fois jusqu'à ce qu'il soit le plus organique possible », complète Adrien Forestier, du studio bordelais BlackFlag. Enfin, la chasse aux bugs est aussi un terrain de jeu de l'IA permettant aux développeurs de maximiser les cas de figure et d'éviter de s'imposer des tests répétitifs. Au total, le SNJV estime que les studios français consacrent 30 % de leur activité à de la R&D en lien avec leurs jeux et l'IA y occupe une place non-négligeable.

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Au cours des prochains jours, nous publierons notre enquête complète, "Ces Bordelais qui cartonnent dans le jeu vidéo" dédiée à l'écosystème du jeu vidéo à Bordeaux et en Nouvelle-Aquitaine et parue dans La Tribune Hebdo datée du 23 novembre 2018. Il est possible de consulter la version numérique en format pdf ici.

Les autres volets du dossier sont accessibles ici :

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