Economie sociale et solidaire : qui a eu de l'écho sur le web en Nouvelle-Aquitaine en 2020 ?

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La startup bordelaise Firstlink, spécialisée dans la data intelligence, a cartographié le bruit numérique autour de l'économie sociale et solidaire en Nouvelle-Aquitaine en 2020.
La startup bordelaise Firstlink, spécialisée dans la data intelligence, a cartographié le bruit numérique autour de l'économie sociale et solidaire en Nouvelle-Aquitaine en 2020. (Crédits : Firstlink)
Spécialisée dans la collecte et l'analyse des données publiées sur internet, la startup bordelaise First Link a scruté pour La Tribune le champ sémantique de l'économie sociale et solidaire en Nouvelle-Aquitaine tout au long de l'année 2020. Il en ressort une cartographie des acteurs et des enjeux prépondérants sur le web et les réseaux sociaux.

Quels sont les acteurs publics et privés de Nouvelle-Aquitaine qui ont fait le plus de bruit dans le champ de l'économie sociale et solidaire en 2020 ? C'est ce que la startup First Link, spécialiste de la data intelligence (lire l'encadre plus bas), a cherché à savoir pour La Tribune en analysant finement les sites web, les réseaux sociaux, forums, sites concurrents et partenaires, blogs avec une série de mots-clés du champ lexical de l'ESS. "Il s'agit d'un prisme d'analyse qui se concentre sur l'activité des acteurs sur le web et ne reflète pas nécessairement la totalité des interactions et des enjeux entre les acteurs", prévient toutefois Nataniel Bahs, le cofondateur et CEO de First Link.

  • Quels sont les thématiques dans le champ de l'ESS qui ont eu le plus d'écho sur le web l'an dernier dans la région ?

 L'économie sociale et solidaire, traditionnellement bien ancrée dans la région, s'exprime sur le web d'abord à travers ses dimensions d'innovation sociale et ses problématiques de financement. Et si le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine est un soutien actif des acteurs de l'ESS, c'est bien la ville de Bordeaux et Bordeaux Métropole qui ont tiré leur épingle du jeu numérique l'an dernier. La première avec la nomination d'un 2e adjoint au maire en charge charge de l'emploi, de l'économie sociale et solidaire et des formes économiques innovantes, la seconde avec ses prix de l'ESS remis au mois de décembre. Néanmoins, l'impact du Covid-19 et les dispositifs d'aides spécifiques à l'ESS mis en place par la Région sont aussi très présents tout comme les recherches d'emplois dans ce secteur. Enfin, un discours, fortement porté par les institutions, se démarque : celui du rôle de l'ESS dans l'organisation des Jeux olympiques de Paris 2024.

  • Quels sont les acteurs qui se démarquent dans ce bruit numérique ?

Parmi les acteurs ayant eu la plus forte empreinte numérique l'an dernier sur ces sujets de l'ESS, on retrouve Atis, l'incubateur d'innovation sociale basé à Bordeaux, mais aussi French Tech Bordeaux et Invest in Bordeaux. Les villes du Bouscat et de Bordeaux et le conseil régional sont également présents tout comme plusieurs initiatives de l'ESS : l'Atelier d'Eco Solidaire, partie prenante du village du réemploi ïkos, la coopérative Syprès, la Conciergerie solidaire ou encore les Coursiers Bordelais. Un acteur régional a été particulièrement actif sur le web : le site de la ferme du Val de Seudre Identi'terre, animé par le paysan agronome Benoît Biteau. "Il y a eu un incontestable buzz autour de ce blog avec une vague émotionnelle très forte et ponctuelle mais limitée aux acteurs de l'agriculture et de l'ESS sans forcément toucher d'autres sphères du web", constate Nataniel Bahs.

Lire aussi : ESS : quatre projets émergents distingués par Bordeaux Métropole

First Link ESS

>> Cliquez ici ou sur l'image pour l'afficher en plein écran (crédits : First Link)

  • Quels enseignements peut-on en tirer ?

 "Ce que nous apprend cette étude, c'est que si on enlève les acteurs publics ou financés par le public, alors il n'y a plus aucun bruit numérique dans le champ de l'ESS. Cela traduit donc, d'une certain façon, un secteur qui est sous perfusion d'argent public dans sa dimension de communication", juge Nataniel Bahs. "Le constat est là : sans les institutions, il n'y a pas de réelle influence sur le web ce qui signifie que la visibilité des acteurs de l'ESS est d'abord liée à la visibilité des acteurs institutionnels." L'autre enseignement c'est le caractère encore relativement isolé de l'ESS sur le web. "L'engouement économique territoriale peine à dépasser le seul écosystème des acteurs déjà étiquetés ESS", relève le dirigeant de First Link. Deux constats qui ne reflètent pas pour autant toute la réalité des modèles économiques des entreprises de l'ESS qui sont nombreuses à avoir trouvé un seuil de rentabilité de manière autonome.

Qu'est-ce que la data intelligence ?

Créée en 2015 par Nataniel Bahs et Kellie Debien, First Link compte 11 collaborateurs, dont 4 CDI, installés à Bordeaux et Londres. Son chiffre d'affaires de quelques centaines de milliers d'euros a doublé en 2020 et espère garder ce rythme en 2021. Parmi sa clientèle, majoritairement française, figurent des grands comptes (Legrand, Bayer, NGE, Axa), des institutions (CCI France International, des ministères et collectivités locales, etc.) et des entreprises locales (Ceva Santé Animale, Jane de Boy ou encore l'agence Otta). "La data intelligence c'est notre capacité à extraire, visualiser, analyser, contextualiser des données pour aider nos clients à comprendre leur écosystème numérique afin de prendre de meilleures décisions en matière de positionnement marketing et de stratégie commerciale. En clair, on leur permet de savoir où ils se situent sur leur marché et à qui ils doivent s'adresser, comment et avec quel vocabulaire", résume Nataniel Bahs, qui vise le statut de jeune entreprise innovante en 2021.

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