ESS : quatre projets émergents distingués par Bordeaux Métropole

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Elise Thorel et Sandrine Clément portent le projet Marie Curry, l'un des quatre lauréats de l'édition 2020 des prix de l'ESS.
Elise Thorel et Sandrine Clément portent le projet Marie Curry, l'un des quatre lauréats de l'édition 2020 des prix de l'ESS. (Crédits : Marie Curry)
En clôture du mois de l'économie sociale et solidaire (ESS), Bordeaux Métropole a remis ce 8 décembre quatre prix à des acteurs locaux portant des projets à des degrés de maturité différents dans les domaines de la mobilité, de l'emploi et de la culture.

Quatre projets de l'économie sociale et solidaire ont été distingués par un jury réuni par Bordeaux Métropole pour cette 12e édition du mois de l'ESS. Trois projets bénéficient d'une dotation de 5.000 euros tandis que le 4e lauréat a reçu le prix spécial du jury Christian Valadou, ancien président du fonds territorial Aquitaine de France Active et personnalité bordelaise de l'ESS, disparue en 2019. Pour mémoire, selon la Métropole, l'ESS pèse 10 % de l'emploi salarié de l'agglomération bordelaise, soit environ 36.500 salariés, regroupe près de 3.000 établissements employeurs, dont 2.468 associations, et génère près de 950 millions d'euros de rémunérations brutes.

Voici les quatre projets lauréats de l'édition 2020 :

  • Les Coursiers bordelais

Face à l'essor des livraisons à vélo orchestrées par les grandes plateformes internet profitant d'une zone grise du droit du travail, une poignée de livreurs bordelais à décidé de prendre le contre pied ce phénomène d'ubérisation dès 2017 pour s'émanciper d'Uber Eats et autres Deliveroo. Les Coursiers bordelais se sont donc créés sous forme d'association il y a trois ans avant de se transformer en société coopérative et participative (Scop) en septembre 2020 avec l'aide du cabinet d'expertise comptable Finacoop. La structure salarie aujourd'hui six coursiers en CDI, dont quatre sont associés de la Scop. Le modèle économique repose d'abord sur les services aux entreprises en vélo et vélo-cargo (courrier, démarches urgentes, navettes, transport de produits de santé, etc..) et plus récemment sur la livraison avec la restauration. La Scop, dont les deux co-gérants sont Morgan Lamart et Théo Meltz, a généré 135.000 euros de chiffre d'affaires en 2019 et totalise près de 12.500 livraisons à vélo et en cargo depuis sa création.

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  • Marie Curry

Marie Curry est une entreprise de l'ESS "au service d'une cuisine inclusive et durable". Le projet, qui vise l'agrément Esus (entreprise solidaire d'utilité sociale), vient tout juste d'être lancé par deux co-fondatrices, Elise Thorel et Sandrine Clément. "On veut favoriser l'insertion professionnelle de femmes réfugiées et issues de l'immigration dans la restauration en valorisant leur 'matrimoine' culinaire via une activité de traiteur et des résidences en restaurant", explique Elise Thorel. Le modèle économique repose donc sur des prestations de traiteurs et de restauration à emporter pour les entreprises et les particuliers. Un atelier de cuisine devrait ouvrir à Bacalan début 2021. En lien avec l'Adie, Marie Curry vise quatre à cinq femmes salariées d'ici trois ans ainsi qu'une vingtaine de cuisinières sous le statut d'autoentrepreneur. "Le statut d'indépendant est souvent un choix de ces femmes qui cherchent des horaires flexibles et compatibles avec leurs responsabilités familiales. Nous les accompagnons dans cette démarche", précise Elise Thorel.

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  • Bicyclette et alternatives de mobilité (BAM)

Le projet BAM est une association créée fin 2019 et portée bénévolement par neuf administrateurs et trois personnes opérationnelles. L'ambition ? "Créer un lieu pour rassembler des acteurs de la mobilité existants ou émergents pour créer des réflexions et des initiatives sur la mobilité alternative, c'est-à-dire décarbonée", indique Oriane Hommet, l'une des porteuses du projet BAM qui incubé par Atis. Inspiré du modèle de la Fabrique Pola, ce lieu mêlera des entreprises, associations, startups, collectivités autour de toutes les formes de mobilité non carbonées. Le modèle économique reposera sur des subventions publiques et des ressources propres issues de prestations de conseils et accompagnement auprès des entreprises et d'hébergement au sein d'un coworking. BAM espère disposer d'un lieu pérenne à Bordeaux d'ici deux ans et débutera par des présences éphémères dans les prochains mois pour valider le concept.

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  • Le Prix spécial du Jury Christian Valadou : Arts d'Eko

Incubée à la Ruche à Bordeaux, Arts d'Eko est une association, créée en mai 2020 par Estelle Massengo et Jonathan Langlois, qui a pour but de "lutter contre la marginalisation artistique des jeunes talents du territoire de 16 à 25 ans". Pour cela l'association déploiera deux types d'actions : des évènements artistiques avec les jeunes sur les arts visuels, la musique, la danse et la littérature avec toujours en fil rouge le thème de la transition écologique ; un accompagnement dans leurs débuts de projets artistiques professionnels pour servir de tremplin. Le modèle économique d'Arts d'Eko s'appuiera d'une part sur des évènements vendus clef en main à des entreprises, associations et collectivités et d'autre part sur des subventions publiques. L'association accompagne déjà une quinzaine de jeunes Bordelais et espère en suivre une trentaine en 2021.

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