La Conciergerie solidaire lève 600.000 € pour son essor national et sa transformation numérique

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En Gironde, la Conciergerie solidaire est installée à Darwin.
En Gironde, la Conciergerie solidaire est installée à Darwin. (Crédits : La Conciergerie solidaire)
La Conciergerie solidaire vient de boucler une levée de fonds de 600.000 € qui s'ajoute à un emprunt de 300.000 €. De quoi permettre à cette entreprise de services relevant de l'ESS de financer un plan de développement ambitieux : transformation numérique, R&D en innovation sociale et ouverture de 15 nouvelles implantations en France d'ici 2020.

Proposer aux entreprises, salariés et habitants des services de conciergerie dans une logique d'économie sociale et solidaire (ESS) : c'est le cœur d'activité de la Conciergerie solidaire, une entreprise née à Bordeaux en décembre 2010 et installée depuis à Darwin. Concrètement, il s'agit de prestations de pressing, cordonnerie, repassage, coutures, prise en charge de services administratifs, etc.. réalisées par des concierges au profil éloigné du marché de l'emploi dans une démarche de réinsertion.

1,5 M€ de chiffre d'affaires en 2017

"Plus d'une trentaine de personnes ont bénéficié de cette insertion par l'activité économique depuis 2011 et, aujourd'hui, nous employons entre 15 et 20 équivalents temps plein à Bordeaux, Paris et Lyon", détaille Sylvain Lepainteur, le PDG. En sept ans, la Conciergerie a en effet bien grandi et affiche un chiffre d'affaires consolidé de 1,5 M€ en 2017 pour un effectif d'environ 40 ETP répartis entre Bordeaux, Paris et Lyon. S'y ajoutent des antennes affiliées dans le Rhône, les Hauts-de-Seine et la Haute-Vienne.

Mais cette société par actions simplifiée (SAS), doublement conventionnée comme entreprise d'insertion, d'une part, et entreprise solidaire d'utilité sociale (Esus), d'autre part, voit désormais plus grand. Et c'est pour financer cette nouvelle étape de sa croissance que la Conciergerie a décidé de lever 600.000 € auprès de France Active, l'un de ses partenaires historiques, et du fonds NovESS, spécialisé dans l'économie sociale et solidaire. Cette somme s'ajoute à un prêt déjà contracté de 300.000 € ce qui met à la disposition de la Conciergerie pas loin d'un million d'euros. "Ce n'est pas un montant choisi au hasard et il nous engage. Ces fonds doivent nous permettre de financer trois axes de développement : la recherche, la transformation numérique et l'ouverture de nouvelles d'implantations", résume Sylvain Lepainteur.

La Conciergerie solidaire

Les locaux de la Conciergerie solidaire, à Bordeaux. (Crédits : la Conciergerie solidaire)

Le déploiement territorial suit un plan plutôt ambitieux, comme l'explique le PDG :

"Nous envisageons un essaimage assez souple avec une quinzaine de nouvelles implantations en France d'ici à fin 2020 dont deux tiers de filiales à 100 % et un tiers d'affiliations d'acteurs existants. Les discussions sont avancées à Marseille, à Toulouse et avec Pau et Biarritz-Anglet-Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques où nous sommes déjà présents. Les effectifs de concierges à cette échéance devraient atteindre 80 ETP en insertion."

Parallèlement, la Conciergerie sera contrainte de faire évoluer son outil numérique. "Nous travaillons à notre transformation numérique avec l'Agence de développement et d'innovation de Nouvelle-Aquitaine et nos collègues de MonkeyMonk", poursuit Sylvain Lepainteur. MonkeyMonk, petite sœur de la conciergerie créée l'an dernier, est aussi une Esus. Sa feuille de route est l'accompagner des structures de l'ESS dans leur transformation numérique à l'instar de HelloAsso pour les acteurs associatifs.

Lire aussi : HelloAsso lève 6 M€ pour accompagner les associations dans leur transition numérique

Par ailleurs, MonkeyMonk, qui portera également l'ouverture d'une antenne de l'école de code Simplon à Bordeaux, est désormais réunie avec la Conciergerie solidaire au sein d'Hanuman, une SAS qui joue le rôle de maison mère et est présentée comme "une fabrique d'entreprises sociales et solidaires".

Enfin, le dernier axe de développement financé par cette levée de fonds concerne la recherche dans le domaine de l'innovation sociale et de l'évaluation de l'impact social des actions de la Conciergerie. "On veut éviter de s'éparpiller en lançant de nouveaux services avant d'avoir un cadre pour définir et mesurer cette notion d'impact social qui est au cœur de notre action, précise Sylvain Lepainteur. Nous y travaillons avec le cabinet Elyx et l'idée est d'avoir un doctorant qui se penche sur cette question dans une logique de recherche quasi-fondamentale." Des grilles d'indicateurs et des démarches d'évaluation seront ainsi élaborées afin de pouvoir mesurer régulièrement l'impact social de la Conciergerie en parallèle de sa montée en puissance au niveau national.

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