Dronisos électrise le ciel de l'exposition universelle de Dubaï avec ses centaines de drones

Spécialisée dans les chorégraphies aériennes de drones, la startup de Bègles (Gironde) Dronisos produira l’ensemble des spectacles de l’Exposition universelle qui démarre ce vendredi 1er octobre à Dubaï, aux Émirats arabes unis, après un report d’un an pour cause de pandémie.

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(Crédits : Dronisos)

Des images en 3D dont les pixels sont les points lumineux dessinés par des centaines de drones en mouvement dans l'air et synchronisés ! Le résultat est saisissant. Le temps de l'Exposition universelle de Dubaï, Dronisos a posé ses valises à l'intérieur de l'Al Wasl Plaza, le plus grand dôme de projection 360° au monde. Des spectacles sont aussi prévus à l'extérieur, dans le désert de l'émirat.

"On a répété tout l'été", témoigne Jean-Dominique Lauwereins, 54 ans, passionné de robotique, d'intelligence artificielle et cofondateur de la startup. "Le plus compliqué a été de gérer la chaleur là-bas pour que les machines tiennent. En juillet-août, on ne pouvait pas passer 10 minutes dehors !"

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Créée en 2016, installée à Bègles, Dronisos emploie 35 collaborateurs, dont une quinzaine sont envoyés à Dubaï le temps de l'Expo (lire encadré), qui constitue une vitrine et un tremplin uniques : l'événement s'annonce comme le plus grand jamais organisé dans le monde arabe. Il va durer six mois et devrait attirer vingt-cinq millions de visiteurs venus du monde entier.

Dronisos Jean-Dominique Lauwereins

Jean-Dominique Lauwereins (crédits : Guillaume Bonnaud).

Dubaï est également un sacré pari financier : "Quand on a mille drones en l'air, c'est un million d'euros !", explique Jean-Dominique Lauwereins, créateur également de la société d'applis mobiles « Be tomorrow » à Bordeaux. "Plus ça va et plus c'est cher." La startup reste discrète sur le montant du contrat de Dubaï. On sait seulement qu'il atteint plusieurs millions d'euros. Du coup, son chiffre d'affaires, de 2,4 millions d'euros pour 2021, devrait au moins doubler l'an prochain.

Pas qu'une prouesse technique

Déjà présente aux États-Unis ou en Inde, Dronisos revendique 40.000 shows à ce jour, dont une comédie musicale aux Pays-Bas, où ses drones dessinent un papillon géant semblant virevolter au-dessus de la scène et du public ! Ses clients sont principalement des parcs d'attraction comme le Futuroscope, Disney, le Puy-du-Fou, Vulcania, ou encore le plus gros paquebot de croisière du monde dans les Caraïbes.

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Les appareils que Dronisos (dont le nom est un clin d'œil au dieu grec de la vigne et du vin) utilise pèsent entre 70 et 600 grammes. La société a choisi un autre Français, Parrot, pour les lui fournir. Le maître-mot, assure Jean-Dominique Lauwereins, c'est la sécurité :

"Chaque drone est autonome. Il connaît sa partition ainsi que la position de tous les autres pendant le show. Le risque, c'est le brouillage ou la rupture de la liaison radio, vu qu'on est à côté de l'aéroport de Dubaï où les hélicoptères atterrissent et décollent en permanence. Il faut qu'en cas d'incident, tous les appareils puissent immédiatement regagner leur base."

Dronisos a battu le mois dernier le record d'Europe du nombre de drones en vol simultanément avec 450 appareils. Mais ses spectacles ne se résument pas à une prouesse technique précise le patron de la startup bordelaise : "Ce ne sont pas juste des points dans le ciel ! Il y a une vraie narration. Pour Dubaï, on nous a demandé de mettre en avant les valeurs écologistes et humanistes portées par l'émirat, mais je ne peux pas en dire plus pour l'instant." Pour développer ce secteur en plus de l'innovation technologique, la société a d'ailleurs engagé un directeur artistique et emploie régulièrement des artistes en free lance. Elle prévoit d'ailleurs d'organiser au printemps prochain à Bègles une résidence d'artistes.

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« Ici, il faut rencontrer physiquement ses clients »

Envoyé à Dubaï à la tête d'une petite équipe pour y monter un bureau permanent, le Franco-indien Rohit Sinnas, désormais chef des ventes pour l'Inde et le Moyen-Orient chez Dronisos, décrit le milieu des affaires dans l'émirat. L'Expo de Dubaï est un contrat en or pour la startup de Bègles, d'autant qu'elle a emporté le morceau face à des mastodontes comme le géant américain des semi-conducteurs Intel ou le groupe chinois Ehang, leader mondial des taxis volants. "On a décroché l'appel d'offres à la loyale", témoigne Rohit Sinnas. "Les autorités de Dubaï font tout pour lutter contre la corruption et dénoncer la personne qui essaierait de vous soudoyer."

Dronisos

Rohit Sinnas mène l'équipe de Dronisos à Dubaï (crédits : Dronisos).

Plus de 80 % des clients de la startup sont à l'étranger. Mettre un pied aux Émirats lui permettra de toucher de nouveaux marchés comme l'Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn ou le Qatar. "Au Moyen-Orient, il faut rencontrer physiquement ses clients", affirme Rohit Sinnas, "et pas seulement échanger avec eux en ligne et à distance. Skype ou Teams, c'est très bien en Europe et aux États-Unis, mais ici il faut être présent localement et aller à la rencontre de vos clients, ce qu'ils apprécient vraiment." Autre avantage : à Dubaï, la semaine de travail va du dimanche au jeudi. Avec les équipes disponibles en France du lundi au vendredi, Dronisos répond désormais présent six jours sur sept !

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