Photovoltaïque : ces industriels néo-aquitains prêts à consommer l'électricité en circuit court

 |  | 778 mots
Lecture 4 min.
(Crédits : Agence APPA)
En tête du palmarès des régions productrices d’électricité photovoltaïque, la Nouvelle-Aquitaine compte désormais faciliter la consommation de cette électricité verte par les industriels locaux. Le conseil régional mais aussi des acteurs comme Enercoop Nouvelle-Aquitaine se mobilisent.

Installée depuis plusieurs années en haut du podium des régions productrices d'électricité photovoltaïque, la Nouvelle-Aquitaine offre aujourd'hui un terrain propice à l'émergence d'une consommation de cette électricité en "circuits courts". C'est en tout cas l'ambition portée par la région à travers l'AMI (appel à manifestation d'intérêt) lancé en septembre 2020 et clôt le 31 mars dernier, pour encourager la contractualisation d'achat direct de gré à gré, du producteur au consommateur.

Faire émerger des circuits courts

Destiné aux entreprises industrielles implantées sur le territoire régional, cet AMI consistait à faciliter leur contractualisation avec des porteurs de projets de centrales photovoltaïques, en leur garantissant une sécurisation du prix et le "verdissement" d'une partie de leur approvisionnement électrique.

"Grâce à la baisse des coûts des panneaux solaires, le photovoltaïque est aujourd'hui compétitif par rapport aux prix de marché en avoisinant les 50 €/MWh. Ainsi, au lieu de répondre aux appels d'offres de la CRE [commission de régulation de l'énergie], qui permettent de bénéficier des aides de l'État, le développeur de centrale photovoltaïque peut vendre directement sa production à un consommateur, au moyen d'un contrat d'achat direct de gré à gré, ou PPA (pour power purchase agreement)", explique à La Tribune, le 22 avril, Béatrice Chassaing, directrice de l'énergie et du climat à la Région.

Une "évolution majeure", qui permet "de développer des centrales solaires photovoltaïques en fonction des besoins des territoires". Et, pour les industriels consommateurs, "d'avoir une meilleure visibilité des prix avec des contrats d'approvisionnement sur 10 à 15 ans".

Lire aussi : Sept chiffres sur la consommation et la production d'électricité en Nouvelle-Aquitaine

140 GWh/an potentiellement contractualisables

De fait, ce premier AMI a rencontré un certain succès : une cinquantaine d'industriels se sont manifestés pour bénéficier du dispositif. "Les entreprises de la région sont très sensibles aux enjeux de sobriété énergétique, elles ont une véritable appétence pour ce type d'outil", se félicite à cet égard le président Alain Rousset, détaillant la typologie des douze candidats retenus : des grandes entreprises et des PME, œuvrant dans les filières bois, papier carton, la fabrication de fibres de verre, celle de produits chimiques organiques, et la télécommunication sans fil.

"Les entreprises candidates totalisent une consommation électrique de plus de 350 GWh par an soit près de 4 % de la consommation électrique industrielle de Nouvelle-Aquitaine", chiffre encore la Région, qui évalue le volume d'électricité potentiellement contractualisable en PPA "à 140 GWh/an" : "un chiffre tout à fait compatible avec les projets de centrale photovoltaïques identifiés". Financé à hauteur de 6 millions d'euros sur la période 2020-2022, pour accompagner la création de neuf nouvelles centrales, cet AMI "sera sûrement reconduit", dixit Alain Rousset.

Enercoop lance son propre outil de production

Cette "garantie d'avoir une électricité renouvelable et locale" est aussi au cœur de l'action d'Enercoop Nouvelle-Aquitaine. La coopérative de production d'électricité "100 % renouvelable et 0 % nucléaire" s'appuie en Nouvelle-Aquitaine sur un réseau de 32 producteurs liés par contrats en gré à gré, qui s'engagent à réinvestir les bénéfices au service de la transition écologique de leurs territoires.

Une logique "vertueuse" qui "passe par la réappropriation locale des outils de production" et qu'Enercoop Nouvelle-Aquitaine entend pousser un cran plus loin, en développant désormais ses propres parcs solaires. "Nous sommes à la recherche de terrains disponibles, des friches ou des sites pollués que nous pourrions réhabiliter, pour y implanter des unités de production", expliquait fin mars à La Tribune Mathilde Plaineau, chargée de la communication.

Pour ce faire, Enercoop Nouvelle-Aquitaine annonce une levée de fonds courant 2021, visant au moins 800.000 euros, l'objectif étant de doubler le capital social.

Lire aussi : Le projet de centrale solaire à un milliard d'euros fait polémique en Gironde

Bâtir une filière locale

Au-delà de cette consommation en circuit court, c'est "toute une filière locale, au service du territoire" que la Région entend encourager, poursuit Alain Rousset : "de la fabrication des panneaux, à leur recyclage, en passant par la production d'électricité". La collectivité travaille donc à faire référencer auprès des grands développeurs les deux fabricants néoaquitains que sont VMH et Reden Solar, "pour augmenter leurs carnets de commandes et intégrer du contenu local dans les projets". Et attend patiemment le résultat de l'appel d'offres émis par l'éco-organisme PV Cycle pour installer deux sites de recyclage en France, auquel "plusieurs candidats de la région" ont répondu.

Lire aussi : Le Bordelais Solar Systems recrute pour booster la distribution de matériel photovoltaïque

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/05/2021 à 20:52 :
Ou comment ajuster sa conso avec le soleil, pas facile à mon avis.
a écrit le 05/05/2021 à 14:33 :
Circuits courts pour la consommation mais probablement pas pour la
production polluante de panneaux photovoltaïques essentiellement
asiatiques qui finiront par remplir nos déchèteries en fin de cycle
de vie...
Réponse de le 05/05/2021 à 15:46 :
Cycle de vie de 30 ans minimum. Production très peu polluante. Transport en bateau. Recyclable dans 30 ans. Bref que du positif
Réponse de le 05/05/2021 à 18:09 :
@Julien
Le transport par bateau est un des plus polluants en oxydes divers et variés. On peut aussi ajouter les paquebots mais eux ne transportent que des humains. Quant à la production peu polluante, il faut demander aux chinois. Un peu comme la voiture électrique quoi.
Réponse de le 05/05/2021 à 21:00 :
bonsoir,
il faut réduire à la réalité, j'ai possédé un panneau photovoltaïque 1 m2, il a été cassé, c'était que 2 plaques de verre et la partie générant le courant seulement une couche imprimée de moins de 2mm, il y avait plus de peinture et d'encadrement d'alu qu'autre chose.
Ca fait partie des fantasmes, les millions de tonnes de panneaux en 2040, le résultat sera ridicule.
a écrit le 05/05/2021 à 13:42 :
Et les panneaux solaires ils sont fabriqués avec quoi et quelle énergie ?
De l'huile de pépin de raisin ?
Ce journal est devenu un organe de propagande en faveur d'un secteur industriel qui va détruire la planète.
Les panneaux ne sont pas plus verts que les citrons sont bleus: merci de présenter des bilans "planète" complets en terme d'émission et de consomation de ressources, de bout en bout: énergie utilisée, eau consommée, emissions diverses, géopolitique, ...
Et sinon la nuit ?
Réponse de le 05/05/2021 à 15:47 :
Pollution pour la fabrication des panneaux très faible au regard de l'énergie produite.
La nuit on dort et l'usine qui utilise l'électricité solaire ne fonctionne pas.
a écrit le 05/05/2021 à 10:21 :
"du producteur au consommateur."

C'est en effet la clé d'une économie pérenne et épanouissante ne pouvant donc qu'aboutir à l'autonomie et par principe même la liberté, c'est ce qu'ils nous ont vendu pendant qu'ils installaient le plus gros intermédiaire parasite au monde, l'intermédiaire financier à tel point qu'il en a détruit la planète et l'humanité. Le libéralisme c'est comme le communisme, on nous en parle tout le temps, on le traite de tous les noms, on lui met tous les maux de la société sur le dos, alors que nous n'en avons jamais vu la couleur.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :