[SÉRIE D'ÉTÉ] Dialogue d'entrepreneurs chevronnés avec Jacques Froissant

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Dans La Tribune, l'entrepreneur bordelais Guillaume-Olivier Doré donne la parole aux gorilles à dos argenté, ces chefs d'entreprises aux tempes grisonnantes.
Dans La Tribune, l'entrepreneur bordelais Guillaume-Olivier Doré donne la parole aux "gorilles à dos argenté", ces chefs d'entreprises aux tempes grisonnantes. (Crédits : CC Pixabay by Diego_Torres)
OPINIONS. Chaque jeudi de l'été, l’entrepreneur bordelais Guillaume-Olivier Doré dialogue dans La Tribune avec un ou une entrepreneure chevronnée, qu'il appelle affectueusement "gorille à dos argenté". L'occasion de prendre du recul pour déguster quelques conseils de vénérables anciens sur le monde de l'entreprise. Deuxième épisode avec le Bordelais Jacques Froissant.

Pour cette seconde chronique à quatre mains, j'ai proposé à Jacques Froissant de se joindre à moi. Jacques est lui aussi un entrepreneur depuis plus de vingt ans, fondateur de la société Altaïde, un des leaders en France des sujets RH (recrutements, évaluations...) liés à l'univers de la tech. Installé depuis quelques années sur le bassin d'Arcachon, "voileux" compulsif, Jacques a la particularité de disposer d'un des plus importants réseaux professionnel sur LinkedIn, faisant de lui un fin observateur des signaux faibles qui apparaissent avant les lames de fond. Et quand on a déjà vécu les deux première crises, dans un métier hyper sensible, forcément, on devient un sage...

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Comme nous sommes tous deux de la région, et que tout le monde est persuadé que les Bordelais ne pensent qu'au surf, on s'est parlé sur la plage (pas tout à fait mais bon). Normal.

J'ai commencé comme toujours à lui demander ce qui l'irrite le plus dans ce contexte particulier, post-crise, et pré-rebond. Sans hésiter, c'est cette espèce d'angélisme / optimisme qui règne, y compris et même peut-être particulièrement dans la startup nation :

"Tout le monde se voile la face sur la difficulté économique qui nous attend dans les mois qui viennent. Certes les premiers signes de franche reprise sont là, mais la réalité va vite rattraper tout le monde à l'heure des comptes (bilans de fin d'année)..."

Mais alors, comment interpréter l'absence de ministre du Numérique dans le nouveau gouvernement, la fin de la "startup nation" si chère à notre Président ? "Je ne suis pas sûr que le numérique soit passé au second plan. Cela devient un secteur essentiel pour l'avenir mais comme d'autres (écologie, santé,...). La "startup nation" gagne en maturité, pour exister elle n'a plus forcément besoin d'un ministre on d'un secrétaire d'Etat."

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La crise du Covid-19 va accélérer la transformation numérique de toutes les entreprises dans tous les secteurs d'activité. Le numérique/digital est donc à priori dans la tête de tous. Ces sujets sont devenu transverses à l'image des sollicitation sectorielle variée que nous avons. Et c'est quoi ton meilleur (je dis bien le meilleur hein) conseil à un entrepreneur qui serait assez fêlé pour se lancer maintenant ?

"Allez à la rencontre de son marché, de ses clients potentiels, multiplier les rendez-vous, les tests. Ne pas partir développer son idée dans son coin en pensant avoir raison. Pour lever de l'argent il faudra, dans les mois qui viennent, démontrer par les chiffres et les clients, plus seulement par les promesses".

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Ton secteur du moment, le "must have" ? La cybersécurité et la sécurisation des réseaux. Un enjeu pour toutes les entreprises.

Ta méthode pour motiver et relancer une équipe ? La méthode S.T.A.R.T.U.P :

  • Sens : leur rappeler régulièrement la mission, le sens de l'entreprise;
  • Transparence : être transparent et rassurer sur la visibilité, les échéances, les réussites pour réduire dans leur tête leurs incertitudes ;
  • Accompagnement : les accompagner dans leur nouvelle organisation du travail mixant télétravail et présentiel ;
  • Rituel : créer des rituels y compris à distance en utilisant aussi des outils de communication comme Slack, Teams, Zoom, Livestorm...
  • Travail : organiser le travail, lancer de nouveaux projets fédérateurs ;
  • Utile : rassurer les collaborateurs en les valorisant et remerciant plus souvent qu'à l'accoutumée ;
  • Proximité : à défaut de réunir tout le monde, multiplier les moments conviviaux par petites équipes.

Une méthode made in Altaïde donc ! Il va sans dire que le rebond attendu en septembre sera aussi l'occasion d'inclure dans les entreprises de la tech des véritables notions d'inclusion sociétales, et de réflexion autour de la frugalité technologique. Un vrai chantier.

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