Télétravail : l'appel du 18 juin !

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The show must go on ! Retrouvez chaque semaine dans La Tribune la chronique de Guillaume-Olivier Doré sur le déconfinement et le redémarrage de l'économie.
The show must go on ! Retrouvez chaque semaine dans La Tribune la chronique de Guillaume-Olivier Doré sur le déconfinement et le redémarrage de l'économie. (Crédits : ArianeGroup)
THE SHOW MUST GO ON ! Après avoir chroniqué quotidiennement les deux mois de confinement dans nos colonnes, vous retrouverez, chaque jeudi dans La Tribune, le point de vue de l’entrepreneur bordelais Guillaume-Olivier Doré sur cette délicate phase de déconfinement et de redémarrage progressif de l'économie.

En ce jour si particulier d'anniversaire de l'Appel du 18 juin, les entrepreneurs et les dirigeants sont désormais face à une évidence qu'il faut gérer : comment diantre fait-on pour faire revenir ses équipes physiquement au travail ?

La France, et son système à mi chemin entre le collectivisme et la capitalisme a ceci de magique qu'elle a créé un contexte où chaque progrès social devient rapidement un "avantage acquis".

Et le contexte de crise que nous avons subi a engendré son florilège de situations ubuesques, à tel point que c'est désormais aux salariés de décider si les conditions sont réunies pour revenir physiquement à leur poste de travail. Une démarche louable au départ, puisqu'il s'agit de s'assurer que nos équipes sont bien protégées : le virus n'a pas disparu et le déconfinement sauvage qui se profile va probablement générer des foyers de reprise, en particulier dans les entreprises, premiers lieux de mixité.

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Pour autant, les dirigeants et entrepreneurs n'ont encore aucune visibilité sur les conditions pratiques de ce déconfinement professionnel. Les mesures de distanciation imposées le mois dernier sont maintenues et restent une repoussoir anxiogène pour faire revenir les collaborateurs au travail.

Parce qu'évidemment, beaucoup y ont pris goût ! Cela n'était pas forcément visible lorsque le télétravail était contraint par l'état d'urgence sanitaire, mais aujourd'hui les salariés se disent que le choix d'aller, ou pas, dans les bureaux leur donne une liberté nouvelle.... Et un peu inespérée.

Les comportements sont donc en train de changer. Chantres du "tout télétravail", certains dirigeants se rendent compte que le fameux "affectio societatis" qui soude leurs collaborateurs se perd à l'aune des visio et des confcall. Des entrepreneurs découvrent que l'éloignement génère aussi une perte d'efficacité opérationnelle non négligeable, et "startup nation" ou pas, doivent imposer le retour physique : une douche froide pour certains qui pensaient pouvoir continuer leur partie de Fortnite. Le salarié français, ce grand et mystérieux paradoxe...

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Il reste donc à espérer que ce que les vieux entrepreneurs, ces gorilles à dos argentés, pourrons inculquer à leurs équipe une notion désuète qui a pu se perdre dans les méandres du yoyo social : cette fameuse "conscience professionnelle".

Comme dans tout chose, c'est la mesure et le dialogue qui doit l'emporter. Tout le monde n'est pas fait pour rester en télétravail et tout le monde n'a pas l'obligation de "faire du présentiel" (on dit comme ça maintenant). Sur le fond, évidemment, on peut être en télétravail et faire preuve d'une vraie conscience professionnelle comme on peut être en présentiel tout en ne faisant rien ou presque.

Il y a juste une réalité à ne pas occulter : dans le respect des contraintes sanitaires, un contrat de travail donne des droits et des devoirs à ses signataires, salarié et employeur, et, à partir de cette base, c'est sur le lieu de travail que se construisent les entreprises.

Alors on y retourne ?

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