[SÉRIE D'ÉTÉ] Dialogue d'entrepreneurs chevronnés avec Philippe Fraysse

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Dans La Tribune, l'entrepreneur bordelais Guillaume-Olivier Doré donne la parole aux gorilles à dos argenté, ces chefs d'entreprises aux tempes grisonnantes.
Dans La Tribune, l'entrepreneur bordelais Guillaume-Olivier Doré donne la parole aux "gorilles à dos argenté", ces chefs d'entreprises aux tempes grisonnantes. (Crédits : CC Pixabay by Diego_Torres)
OPINIONS. Chaque jeudi de l'été, l’entrepreneur bordelais Guillaume-Olivier Doré dialogue dans La Tribune avec un ou une entrepreneure chevronnée, qu'il appelle affectueusement "gorille à dos argenté". L'occasion de prendre du recul pour déguster quelques conseils de vénérables anciens sur le monde de l'entreprise. Premier épisode avec le Lyonnais Philippe Fraysse.

Comme tout chroniqueur qui se prend pour un homme de média, j'ai décidé de vous sortir ma petite "série de l'été". Exit donc les coups de gueule et les avis à l'emporte-pièce, voici venu le temps de partager les bons et moins bons conseils d'entrepreneur(e)s. Pas forcément ceux que vous avez l'habitude d'entendre causer, moins "slach lol" que les autres, sûrement plus "chameau" que "licorne", des gorilles à dos argenté qui nous remettent, et c'est le moment, la tête sur les épaules. Une opération "Dénonce ton héros entrepreneur(e)" en quelque sorte !

Pour cette première de l'été, j'ai proposé à Philippe Fraysse de se joindre à moi. Philippe, dit @Treeschannels, dit de lui "qu'il a réussi sa vie sur Twitter" (11.000 abonnés, excusez du peu et il a son propre site internet !). Multi-entrepreneur de la génération X, il revendique le "slasher" comme un mode de vie. C'est à dire avoir plusieurs vies professionnelles en même temps.

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Investisseur depuis 15 ans, co-fondateur avec sa compagne de vie d'un lieu devenu emblématique (L'Augusterie) à Lyon, il fait partie des voix qui comptent. Discret (il a refusé trois fois de suite de donner des cours à l'EM Lyon), il n'a pas que des qualités : il aime le foot (mais que le PSG...) mais il compense efficacement par son amour de la Corse et du bon vin. Mieux, il est fan de chocolatine. Du coup, on s'est parlé sur Twitter. Logique.

Je lui ai posé quelques questions simples et efficaces. D'abord, je lui ai demandé ce qui l'énerve le plus dans la crise actuelle. La réponse a été cinglante : les français ont perdu le sens de l'effort "Deux mois de confinement et on a l'impression qu'ils ont fait Verdun !". Là il a parfaitement raison... Finalement, l'Etat n'aurait il pas été trop "nounou" ? "Le Français rêve d'indépendance mais se réfugie dans les jupons de l'Etat dès qu'il a un problème."

Mais alors, dans ce contexte, quel serait le premier conseil qu'il donnerait à un entrepreneur en herbe pour se lancer ?

"Le client d'abord. Pensez P&L (pertes et profits, compte de résultat) d'abord. Etudiez le marché. Créer un MVP (minimum viable product). Et VENDEZ ! C'est le marché qui fera les versions suivantes du produit."

Un retour au bon sens finalement : exit les mégas levées de fonds, focus sur les ventes d'abord. "Penser entreprise plutôt que startup. Les deux concepts ne sont plus opposés : lever des fonds est un moyen qui doit être cohérent avec le marché et les perspectives. Pas contre, les valorisations stratosphériques des projets en création n'ont plus de sens".

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Et quel est le secteur qui te branche le plus en ce moment, ton El Dorado ?

"L'e-sport. sans hésitation. La crise que nous venons de vivre a fait voler en éclat les silos entre le sport traditionnel et les pratiques digitales comme l'e-sport : la porosité des modèles économiques semble inéluctable et le segment s'ouvre à grande vitesse. Le confinement mondiale a accéléré le phénomène."

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Mais alors, Paris vs Province ? "Paris ou province, le lieu importe peu, soyez épanouis". En somme la recherche de l'équilibre personnel et professionnel. Quitte a un peu mélanger non ?

"Le lieu de travail n'a plus d'importance, et c'est prégnant avec l'avènement du travail à distance. La technologie nous permet de faire 80 % du boulot à distance. Et de réduire au juste nécessaire la relation sociale. La relation commerciale est donc optimisée aux phases indispensables. C'est du temps disponible pour autre chose."

Un conseil pour relancer une équipe post crise ? "Les équipes vont devoir survivre à 2021 et aborder 2022 le mieux possible. C'est le moment d'une remise à zéro des compteurs pour se réinventer : travailler avec les personnes clefs en mettant sur la table la vie de la boîte : moyens, budgets, ressources. Cela fait appel au sens des responsabilités de chacun et identifie donc ceux qui sont à bord réellement. Et c'est maintenant qu'il faut le faire !"

Mais alors Philippe, comment vas tu choisir le prochain entrepreneur qui va contribuer à cette chronique ? "J'aime les gens qui vont au bout de leurs envies, qui se fixent un objectif et qui l'atteignent tout en acceptant de changer la route tracée ; j'aime ceux qui savent s'entourer, déléguer, partager ; et ce n'est pas de la littérature, j'associe, je partage les résultats moi aussi." Quel veinard d'être couvert de laurier pour celui ou celle qui sera là la semaine prochaine.

A jeudi prochain !

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