Covid-19 : les fonds d'aides aux entreprises encore loin d'être épuisés !

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Les TPE et PME ne se bousculent pas au portillon pour solliciter les aides de Bordeaux Métropole et de la Région Nouvelle-Aquitaine
Les TPE et PME ne se bousculent pas au portillon pour solliciter les aides de Bordeaux Métropole et de la Région Nouvelle-Aquitaine (Crédits : Thibaud Moritz / Agence APPA)
"Il faut que les entreprises se bougent et demandent ces aides !", tonne Patrick Seguin, le président de la CCI Bordeaux Gironde. Un mois après leur lancement opérationnel, les deux fonds d'aides publiques aux petites entreprises et aux associations lancés par Bordeaux Métropole et par la Région Nouvelle-Aquitaine pour faire face à la crise du Covid-19 sont encore loin d'avoir été consommés.

Les dispositifs de l'Etat - prêts garantis, décalage d'échéances de cotisations sociales et chômage partiel - sont-ils suffisamment efficaces ? La crise tarde-t-elle à se matérialiser dans le tissu régional de TPE ? Les critères des fonds d'aides régionaux sont-ils trop restrictifs ou leur communication insuffisante ? Il y a probablement un peu de tout cela mais une chose est sûre, les petites entreprises bordelaises et néo-aquitaines ne se bousculent pas pour solliciter les aides votées en mai dernier par le conseil de Bordeaux Métropole d'une part (15,2 M€ pour des aides forfaitaires) et le conseil régional d'autre part (29,2 M€ pour des prêts de trésorerie).

"Il faut que les entreprises se bougent !"

Un peu plus d'un mois après l'ouverture des portails en ligne permettant des demandes simplifiées aux TPE, les deux collectivités locales indiquent les chiffres suivants :

Pour la Métropole bordelaise, cela correspond à une consommation de seulement 44 % du fonds alors même que le délai pour en bénéficier arrivera à échéance dans 15 jours, le 30 juin prochain. Pour la Région, le taux de consommation du fonds d'aide n'atteint que 11 % au bout d'un mois.

De quoi quelque peu agacer Patrick Seguin, le président de la CCI Bordeaux Gironde, qui pilote le fonds d'aide de Bordeaux Métropole et de plusieurs autres agglomérations girondines :

"Les chefs d'entreprises peuvent prétendre en 12 min sur internet à une aide forfaitaire de 1.500 € mais force est de constater que nous n'avons pas assez de demandes de leur part pour solliciter cette aide... Je le dis très clairement : il faut que les entreprises se bougent et demandent ces aides ! Les élus locaux ont pris leurs responsabilités en votant des montants considérables pour aider les petites entreprises, maintenant c'est au tour des chefs d'entreprise de se bouger parce qu'on ne pourra pas les aider s'ils ne font pas l'effort de déposer une demande !"

Des critères qui pourraient évoluer à Bordeaux Métropole

Et alors que Patrick Bobet, le président de Bordeaux Métropole, conscient de ces difficultés, envisage d'assouplir les critères du fonds après le 30 juin pour l'ouvrir notamment aux auto-entrepreneurs, Patrick Seguin lui emboîte le pas : "Il faut que cet argent soit utilisé pour aider le maximum de gens et de professionnels. Je suis favorable à l'ouvrir aux auto-entrepreneurs et aux sous-traitants indépendants qui ne rentrent souvent dans aucune case et ne bénéficient donc d'aucune aide."

D'autant que la reprise économique tarde encore à se concrétiser pour les commerçants, les cafetiers et autres restaurateurs. Selon la CCI, la fréquentation du centre-ville de Bordeaux serait ainsi inférieure de 50 % à son niveau d'avant crise, si bien qu'une épée de Damoclès menace toujours les restaurateurs dont 30 % pourraient disparaître cette année. Seul signe encourageant, les centres commerciaux résistent mieux en particulier ceux de petite taille qui retrouvent pratiquement le même niveau d'avant crise.

Selon la Banque de France, qui dresse un premier bilan du déconfinement ce lundi 15 juin, l'activité régionale repart graduellement depuis le 11 mai. "Le choc reste toutefois sévère après l'effondrement des mois précédents". Et l'institution souligne que "la poursuite de la reprise attendue en juin n'effacera pas, loin s'en faut, les baisses précédentes".

Parallèlement, les créations d'entreprises sont au plus bas ces derniers mois avec une chute de -47 % en mars 2020 (versus mars 2019) et de -67 % en avril 2020 (versus avril 2019). Le BTP est particulièrement touché puisque les créations d'entreprises s'effondrent de -80 % dans ce secteur, selon la CCI.

Lire aussi : Faillites et créations d'entreprises : consultez nos tableaux de bord régionaux

Néanmoins, pour Patrick Seguin, l'heure ne doit pas être à des stratégies de baisse des salaires. "Baisser les salaires, ce serait une erreur monumentale et socialement insupportable, sauf pour les très hauts salaires car c'est à eux de faire des efforts aujourd'hui. Il ne faut pas paupériser une population qui risque déjà de l'être et je rappelle que les aides de l'Etat et des collectivités visent précisément à conserver et à préserver l'emploi !", lance le président de la CCI.

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Commentaires
a écrit le 15/06/2020 à 17:23 :
et vous voudriez pas aider les entreprises des autres régions (martinique) du coup la ? pour aider/réparer un peu le passé colonial, tout ca tout ca ? non parce que nous rien ne fonctionne, ni le pge, ni le médiateur, ni les subventions, rien de rien et pourtant nous sommes une entreprise très solide et viable...
a écrit le 15/06/2020 à 15:41 :
Patrick Seguin au lieu de vous énerver, attribuez l'aide aux indépendants, vous verrez ça va fondre comme neige au soleil.

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