Philippe Poutou accuse le maire de Bordeaux d'inaction

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Philippe Poutou, aux côtés d'Antoine Boudinet
Philippe Poutou, aux côtés d'Antoine Boudinet (Crédits : Agence Appa/Bastien Ortola)
Philippe Poutou, chef de file de l'opposition d'extrême-gauche à la mairie de Bordeaux, avec le collectif Bordeaux en luttes, s'attaque à l'inaction supposée du maire de Bordeaux, Pierre Hurmic. Une attaque à la hache, qui pourrait laisser des traces.

Philippe Poutou, chef de file du collectif Bordeaux en luttes, groupe d'opposition d'extrême-gauche à la mairie de Bordeaux également représenté à Bordeaux Métropole, a organisé ce mardi 19 janvier une conférence de presse de rentrée qui se voulait différente.

"Nous ne faisons de vœux ni à la presse, ni à personne d'autre. Je pense que tout le monde se fout des vœux. L'année 2021 commence mal comme 2020 avait mal fini", a entamé d'entrée l'ancien candidat NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) à la présidentielle, histoire de donner le ton de son intervention

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Après avoir ouvert les fenêtres de la salle de réunion pour renouveler l'air dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, Philippe Poutou, très vigilant avec le risque de contagion virale, a expliqué que la crise sanitaire avait pour effet d'amplifier les désastres sociaux en cours, évoquant en particulier le drame de la cité des Aubiers, à Bordeaux Nord, où un jeune adolescent a été la victime collatérale d'un tir d'arme à feu automatique dans le cadre d'un règlement de compte entre bandes rivales le samedi 2 janvier.

Violente attaque contre Pierre Hurmic et EELV

Un angle d'attaque choisi par Philippe Poutou pour désigner son adversaire, le nouveau maire écologiste (EELV) de Bordeaux, Pierre Hurmic, qu'il accuse d'être aveugle à la souffrance sociale, qui s'exprime, a-t-il souligné, dans les quartiers populaires de Bordeaux et de sa Métropole en particulier par le biais de faits divers sanglants. Le chef de file de Bordeaux en luttes, qui était notamment en compagnie de Myriam Eckert (Gilet jaune/membre du collectif) et Antoine Boudinet (Gilet jaune/membre du collectif élu à la mairie), n'avait pas organisé cette conférence de presse pour faire dans la dentelle, ébauchant en creux le portrait d'un maire totalement aveugle aux enjeux de la réalité sociale.

Il n'est donc pas totalement inutile de rappeler qu'EELV s'est mobilisé dans la Métropole à de nombreuses reprises ces dernières années pour trouver des solutions de relogement à des migrants sans abris. Et aussi que la mairie de Bordeaux s'est lancée dans l'inventaire des logements vacants sur son territoire, qui pourraient être réutilisés pour les sans abris.

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Même l'engagement écologique du maire a été mis à l'épreuve

Philippe Poutou a méthodiquement pilonné Pierre Hurmic, qu'il a accusé d'être inactif, sur des questions sociales, qui relèvent parfois aussi de compétences de l'Etat et non de la mairie, comme le déplacement des camps de migrants.

"Nous voulons alerter mais le maire se réfugie derrière la règlementation, la loi, pour justifier son inaction. Il essaie de faire que la situation soit le moins grave possible. Si les pouvoirs publics revendiquent leur impuissance à quoi ça sert d'avoir des élus ? Si c'est pour s'entendre dire sur tous les sujets : on ne peut pas !", a frappé Philippe Poutou, qui a également dénoncé à nouveau la volonté de Pierre Hurmic d'augmenter le nombre de policiers municipaux, dénonçant l'armement de ces derniers par certains maires de la Métropole.

L'opposant d'extrême-gauche est allé jusqu'à jeter le doute sur la réalité de l'engagement écologique du maire, qui a décrété un état d'urgence climatique, soulignant qu'en 2021 il n'y aura pas moins de paquebots à Bordeaux, ces grands navires dont la plupart fonctionnent au fioul lourd, le plus polluant des carburants.

"Nous on veut bousculer tout ça, et on ne peut pas attendre cinq ans pour que la droite revienne au pouvoir ! Il n'est pas possible de compter sur des politiciens qui ont déjà leur petite place au chaud !", a tonné l'élu d'extrême-gauche.

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Bordeaux en luttes vote contre dans 20 à 30 % des cas

Le leader de Bordeaux en luttes a ensuite dénoncé les promesses de campagne non tenues par le nouveau locataire du Palais Rohan, comme celle d'annuler le projet de Rue Bordelaise, avec lequel Pierre Hurmic avait étrillé le maire sortant, Nicolas Florian.

Fidèle à lui-même, Philippe Poutou n'a pas non plus oublié d'avoir un peu de recul sur cette situation municipale qu'il n'en finit pas de découvrir avec ses colistiers. Au final Philippe Poutou a reconnu que voter contre, dans un cadre municipal de délibération ultra technique, n'était pas facile. Il a ainsi reconnu que, malgré toute sa volonté de s'opposer, le collectif Bordeaux en luttes n'arrivait pas à s'opposer à plus de 20 à 30 % des décisions mises au vote par la majorité municipale... de vrais travaux pratiques...

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