Bordeaux Métropole passe l'eau en régie publique mais ne casse pas avec Suez

 |  | 1810 mots
Lecture 9 min.
Bordeaux, le fleuron des contrats de Suez en France.
Bordeaux, le fleuron des contrats de Suez en France. (Crédits : iStock)
Bordeaux Métropole a refusé, comme l'exigeait l'association Trans'Cub, de casser son contrat de gestion de l'eau signé avec Suez en 1991. Trans'Cub a porté l'affaire devant le Conseil d'Etat, mais la nouvelle majorité de Bordeaux Métropole estime qu'il est trop tard. Son président socialiste, Alain Anziani, se félicite même de sa bonne collaboration avec Suez pour préparer le passage de la gestion de l'eau en régie publique, à partir du 1er janvier 2023. Plusieurs élus clés de la Métropole abordent le sujet avec La Tribune.

C'est le 18 décembre 2020, il y a presque un mois jour pour jour, que le conseil de Bordeaux Métropole a voté la suppression de la délégation de service public (DSP) pour la gestion de l'adduction d'eau. Un moment historique pour la Métropole qui survient alors que l'association citoyenne Trans'Cub, qui ferraille depuis 1991 contre cette DSP conclue par l'ancienne CUB (communauté urbaine) avec la Lyonnaise des eaux (groupe Suez), va jusqu'à évoquer -sans dire le mot- une suspicion de mise des élus sous influence.

Lire aussi : Gestion de l'eau : le Conseil d'Etat donne raison à Trans'Cub contre Bordeaux Métropole

Avec d'autant plus de sûreté que la position des élus métropolitains est devenue incompréhensible aux militants de cette association, présidée par Jacques Dubos et dont Denis Teisseire est la figure emblématique. Trans'Cub a commencé à se faire connaître en brisant le projet de Jacques Chaban Delmas de créer un métro à Bordeaux. Sur ce dossier de l'eau, le Conseil d'Etat a légitimé la justesse du combat de l'association, en invalidant la décision prise en 2018 par la cour administrative d'appel de Bordeaux.

Pourquoi Trans'Cub pense avoir raison

La cour d'appel administrative de Bordeaux a été sanctionnée pour avoir refusé de reconnaître que le contrat de gestion de l'eau, qui lie Bordeaux Métropole à Suez Eau France depuis 1991, a été prolongé au-delà de sa durée réglementaire, à compter du 2 février 2015. Le Conseil d'Etat a également condamné Bordeaux Métropole à verser 3.000 euros à Trans'Cub. L'association estime qu'avec cette DSP à rallonge Suez va percevoir 100 millions d'euros de trop et ne comprend pas que les élus de Bordeaux Métropole ne fasse pas l'effort nécessaire pour mieux protéger leurs administrés.

"Le passage en régie c'est très bien. Mais nous demandons d'abord qu'ils règlent le passif avec Suez. La décision du Conseil d'Etat rebat les cartes et nous comptons bien aller jusqu'au bout. Depuis le début, les élus métropolitains ont peur, à tort, que Suez Eau France se lance dans un...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :