Transports connectés : une chaire universitaire convoitée par les acteurs de la micromobilité

La chaire universitaire Mobilité et transports intelligents a officialisé l'accueil de trois nouveaux mécènes ce 10 mai. Le groupe de recherche, piloté depuis 2019 par l'Université de Bordeaux, l'Enseirb-Matmeca et la Fondation Bordeaux université, expérimente des modèles connectés de sécurisation des transports publics et particuliers. Un axe de travail qui la rend très désirée par les acteurs de la micro-mobilité, ceux-là même qui espèrent être retenus par Bordeaux Métropole dans les prochaines semaines.

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La startup bordelaise M-Wheel mobility, nouvelle mécène de la chaire, déploie un dispositif de prévention des risques autour de la micro-mobilité.
La startup bordelaise M-Wheel mobility, nouvelle mécène de la chaire, déploie un dispositif de prévention des risques autour de la micro-mobilité. (Crédits : Université de Bordeaux)

En 2021, 22 personnes ont trouvé la mort en France alors qu'elles se déplaçaient en trottinette électrique selon la Sécurité routière. C'est trois fois plus qu'en 2020 et deux fois plus qu'en 2019. Illustration d'une accidentologie qui augmente au même rythme que les usages, sur un marché où une quinzaine d'opérateurs se disputent les places. C'était déjà dans l'optique de répondre aux défis de sécurisation de ces nouveaux modes de transport que l'Université de Bordeaux a lancé en 2019 la chaire Mobilité et transports intelligents.

Après avoir dévoilé ses premières pistes de recherche en novembre 2021, autour des systèmes embarqués de signalement d'accidents, de sécurisation des passages à niveau et d'interconnexion des réseaux publics et particuliers notamment, la chaire a annoncé l'arrivée de trois nouveaux mécènes.

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Aximum, la filiale du groupe Colas spécialisée en sécurité et gestion du trafic, le réseau de campus d'enseignement supérieur Cesi et la jeune startup bordelaise de solutions de mobilité à destination des entreprises M-Wheel Mobility rejoignent donc le groupe de recherche.

80 % d'accidents en moins

Ce mécénat s'inscrit bien dans une démarche intéressée, puisque les nouveaux venus ont déjà des projets en tête. Aximum souhaite particulièrement améliorer la sécurité pour ses agents exposés sur le réseau routier. M-Wheel souhaite quant à lui collecter des données sur la métropole pour améliorer l'expérience proposée par son simulateur. La chaire va donc plancher sur ces besoins, comme c'est le cas pour les projets et discussions qu'elle mène avec le site Ferrocampus à Saintes ou la société Midipile Mobility à Angoulême. Côté travaux, neuf thèses sont en cours de réalisation.

L'une d'elles, conduite par le doctorant Sabri Khamara, réfléchit à comment construire un système de signalement pour augmenter la perception d'un usager d'un transport sur son environnement. Autrement dit, le but est de prévenir les risques d'accident, notamment aux intersections routières. "Il suffira d'insérer dans le véhicule une unité qui aura une interface de communication. C'est comme la wifi", présente le doctorant qui a débuté ses recherches en 2020. Le système sera relié à un réseau global connectant tous les véhicules entre eux. Ses premières expérimentations affichent un taux de réduction des accidents de plus de 80%.

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doctorant thèse chaire mobilité université Bordeaux

Les doctorants, comme Sabri Khamara à gauche, ont pu présenter les avancées de leurs travaux de thèse au public. (Crédits : Fondation Bordeaux Université)

"On refuse des demandes d'entrée dans la chaire"

De quoi attirer quelques regards curieux. En particulier ceux des différents acteurs de la micro-mobilité et du free-floating, ces vélos, trottinettes ou scooters en libre-service qui occupent la voie publique depuis quelques années à Bordeaux. Avec, dans leur ligne de mire, l'appel à manifestation d'intérêt qui prévoit de garder seulement deux opérateurs par type de véhicule. Pour s'attirer les faveurs de Bordeaux métropole, chacun cherche donc à valoriser ses engagements en matière d'environnement, de citoyenneté et de sécurisation. Et doit s'entourer de personnes ressources pour y parvenir. "On a la pression : on refuse des demandes d'entrée de ces acteurs dans la chaire," glisse son porteur Mohamed Mosbah à La Tribune.

Les opérateurs (Tier, Bolt, Lime, Bird, Voi, Pony et consorts) ont encore quelques jours pour candidater à l'appel à manifestation d'intérêt métropolitain. Le porteur de la chaire, conscient des attentes du secteur, tient néanmoins à faire valoir la nécessaire prise de recul imposée par le cadre universitaire. "Nous essayons de garder notre neutralité car notre objectif premier reste d'améliorer l'état des connaissances universitaires sur les mobilités", appuie-t-il. Mais ce groupe de recherche va continuer à attirer la lumière de plus en plus puisque les mobilités connectées constituent un des piliers de la transition écologique. Selon l'Ademe, le transport routier est le premier secteur polluant, responsable de 31 % du total des émissions de gaz à effet de serre.

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