Véhicules connectés : la Nouvelle-Aquitaine veut tester le platooning sur l’A63 (1/4)

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L'A63 pourrait servir à l'expérimentation de la circulation de camions en convoi ou platooning.
L'A63 pourrait servir à l'expérimentation de la circulation de camions en convoi ou platooning. (Crédits : Egis)
Ni la Région, ni les partenaires n’ont encore communiqué sur le sujet, mais tous y travaillent. Si le dossier n’a pas été déposé dans le cadre d’un appel à projets national faute d’avoir réussi dans un délai trop serré à intégrer un constructeur, le travail se poursuit pour expérimenter la circulation de camions en convoi ou platooning sur l’A63 dans les Landes. Le dossier est en cours d’élaboration, une demande de dérogation en cours d’instruction. Objectif : envisager les premières circulations début 2020. Ce serait une première en France. Voici le premier volet de notre dossier sur les véhicules connectés et autonomes en Nouvelle-Aquitaine.

La ministre chargée des Transports Elisabeth Borne a récemment annoncé les lauréats de l'appel à projet Expérimentation du véhicule routier autonome (EVRA), mené dans le cadre du Programme d'investissement d'avenir. Deux consortiums, pour un montant d'aide total d'environ 42 millions d'euros, ont ainsi été retenus par l'Etat, ouvrant la voie à des expérimentations sur 16 points du territoire français. Aucune de ces expérimentations n'aura lieu en Nouvelle-Aquitaine. La région est-elle en retard sur la question du véhicule autonome ? "La question, c'est plutôt de savoir si la Nouvelle-Aquitaine est un monstre qui est difficile à réveiller", préfère André Perpey, gérant de l'entreprise NeoGLS (anciennement Geolocsystems) spécialisée dans les systèmes de transports intelligents coopératifs (C-ITS) et basée à Martillac.

Un dossier était pourtant bel et bien en cours de constitution. "Il n'a pas été déposé car il manquait un partenaire utilisateur, à savoir un constructeur", explique André Perpey. Le projet, baptisé Luna, pour Laboratoire des usages de Nouvelle-Aquitaine, n'est toutefois pas abandonné. Les partenaires restent impliqués et le travail se poursuit pour consolider un projet qui devrait être déposé à la Région avant l'été. Il s'agit de créer une zone de test pour véhicules autonomes, et plus particulièrement pour poids lourds sur l'A63 dans les Landes. L'idée : tester, dans le cadre de la logistique interurbaine, le platooning, ou convoyage, qui consiste à relier plusieurs camions connectés entre eux et pilotés par le véhicule de tête. "C'est un système qui permet de réduire la consommation de carburant et d'économiser des chauffeurs routiers quand les véhicules sont véritablement autonomes", précise André Perpey. "Pour cela, il faut mettre en place des équipements qui permettent aux véhicules d'être coopératifs et d'être au courant des obstacles que représentent notamment les péages ou les échangeurs."

La position de la France évolue

"Cela commence à se faire, aux Etats-Unis et dans les pays des constructeurs notamment, mais à petite échelle. C'est dans cette logique là que nous nous inscrivons", explique Olivier Quoy, directeur général d'Atlandes, concessionnaire de l'A63. "Il n'y a pas encore eu d'expérimentation en France pour la simple et bonne raison que lorsque le sujet est arrivé sur la table en 2015 dans le cadre d'un projet européen (European truck platooning challenge), la direction de la sécurité routière avait refusé la circulation de ce type de convois. Les choses ont évolué depuis, avec une démarche volontaire du gouvernement en matière de véhicule autonome."

Pour cette expérimentation en particulier, une demande de dérogation, indispensable, est en cours d'instruction. "Elle devrait aboutir prochainement", assure Olivier Quoy.

Ce projet prévoit deux étapes."Alors que le platooning qui consiste à espacer les camions d'une dizaine de mètres environ nécessite l'utilisation de véhicules à haut niveau de connectivité qui ne sont pas encore sur le marché, nous avons proposé une étape intermédiaire avec la mise en circulation de poids lourds dernière génération à des distances de l'ordre de 25 mètres à 30 mètres. Cela nous permettrait de faire des observations sur l'attention requise, la fatigue du conducteur, les modes d'organisation. Pour l'instant, l'instruction de notre demande repose sur la préparation et l'organisation de ces expérimentations. Nous travaillons sur le protocole de mise en œuvre, avec la gendarmerie notamment, l'idée étant d'envisager les premières circulations expérimentales début 2020 sur route ouverte."

Les atouts de l'A63

Ce serait alors une première en France et si la Nouvelle-Aquitaine se positionne, c'est pour une raison très simple selon Olivier Quoy :

"De telles circulations ne peuvent être envisagées que sur des axes routiers à 2 fois 3 voies, en ligne droite, en milieu interurbain et sans trop d'échangeurs. En faisant le tour des infrastructures en France, on atterrit rapidement sur l'A63 dans les Landes. C'est vraiment le terrain d'expérimentation idéal pour le platooning."

S'agit-il des prémisses d'un living lab, laboratoire dont la création avait été annoncée à la fin du congrès mondial ITS (systèmes de transports intelligents) qui s'est tenu à Bordeaux en 2015 ? L'idée n'est en tout cas pas abandonnée. Elle figure dans le Schéma régional de développement économique d'innovation et d'internationalisation. "La création d'un living lab sur le territoire régional apparait nécessaire pour co-construire et expérimenter, soit des innovations de rupture, soit des solutions réinventées en local de modes de déplacement plus durables en utilisant des solutions déjà éprouvées", peut-on y lire. "C'est aussi bien de lancer des expérimentations avant de faire sortir de terre le living lab. On inverse simplement les choses", analyse André Perpey.

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Commentaires
a écrit le 05/06/2019 à 6:04 :
En complément du commentaire de AA, il existe un système français qui fonctionne.

https://lohr.fr/fr/lohr-railway-system/

30 remorques sur wagon, les tracteurs sur d'autres wagons, un dernier pour des couchettes et salle de bain pour les chauffeurs. Cela fait un train complet. Au rythme d'un toute les heures entre la frontière espagnole et Paris, un autre jusqu'en Belgique un dernier vers l'est de la France.
Pour que cela fonctionne il faut que le transport en camion soit au même coût que le péage et le carburant. Avantage pour le transporteur moins d'usure du camion des chauffeurs ayant du potentiel de conduite pour la fin du transport.
Pour la SNCF, augmentation du chiffre d'affaire, pour l'écologie des tonnes de CO2 évitées comme une suppression des particules fines.
Inconvénient baisse du chiffre d'affaire de VINCI autoroute. Est ce un vrai problème?
Les lignes TGV ont laissé des créneaux disponibles pour des train de marchandise sur les voies standards.

Qu'attendons nous?
a écrit le 04/06/2019 à 13:03 :
Je connaissais Platoon excellent film sur la guerre américaine au Vietnam mais pas le platooning. C'est quoi ce truc?
a écrit le 04/06/2019 à 9:41 :
Sérieusement. Il serait plus judicieux de créer une voie ferrée plus ou moins dédiée au fret, c'est à dire suffisamment de sillons attribués aux convois de frêt. En s'appuyant sur les iinfrastructures existantes en les renforçant là où nécessaire .Une ligne pourrait aller d'Irun/ Hendaye à Calais et une autre branche vers Metz/ Thonville avec une bifurcation et un point de transbordement au sud ouest de Paris pour desservir la Région Parisienne.
La plus grande complexité est la traversée du Pays Basque où l'espace se fait rare (il faudra creuser et passer dessous... Mas pourquoi e pas empiéter sur l'autoroute A64 ? Si on enlève ne serait-ce que la moitié des camions, ça va faire de la place ! Il n'y aura plus besoin des 3 ou 4 voies comme c'est parois le cas.
Rappelons qu'une emprise de voie ferrée représente une largeur de 20m de large là ou celle une autoroute en fait 120 !
Un train (un conducteur, un moteur électrique, un convoie en toute sécurité) transporte la même qianttité de marchandises que 40 camions (40 conducteurs, 1200 litres de gasoil brûlé tous les 100 km, risque d'accidents beaucoup plus élevé..).
a écrit le 04/06/2019 à 3:33 :
Intéressant pour une région viticole d'avoir des routes bouchonées... Depuis la frontière jusque dans le nord de la région même l'ancienne n10 fait déjà du platooning c'est tout les jours le plat toune ING sinon le train aussi le fait mais effectivement mettre des gares aux normes logistique ça coûte quelques bridges en attendant bouchon les ponts et saturons les 2x3 voies c'est le nouveau challenge économique au détriment du reste...
a écrit le 03/06/2019 à 21:32 :
POURQUOI DANS LES MEDIAS, les auteurs d'articles utilisent la plupart du temps des mots à consonance anglaise ou anglo-saxons: Arrêtez de défigurer la langue française! Ce que vous appelez sans vergogne "platooning" s'appelle "convoyage" en français!
a écrit le 03/06/2019 à 18:06 :
Ca existe déjà, ça s'appelle le train.
a écrit le 03/06/2019 à 12:30 :
ET merci de signaler les axes routiers qui vont laisser conduire des véhicules sans chauffeur, que l'on puisse les éviter.

Ah on va y finir à revenir à cheval !

Allez hu !

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