La filière drones s'offre un bol d'air en Gironde

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L'UAV Day, organisé par Bordeaux Technowest, s'est tenu à Sainte-Hélène en Gironde ce 16 septembre 2020.
L'UAV Day, organisé par Bordeaux Technowest, s'est tenu à Sainte-Hélène en Gironde ce 16 septembre 2020. (Crédits : Technowest)
Les principaux acteurs de la filière française du drone se sont réunis le 16 septembre sur le centre d'essai Cesa Drones de Saint-Hélène (Gironde) lors de l'UAV Day organisé par Bordeaux Technowest. L'occasion de faire le point sur les enjeux métiers de la filière entre consolidation et spécialisation.

Avec la résurgence de la pandémie de Covid-19 et le durcissement des mesures sanitaires décidé en Gironde le 14 septembre, la tenue de cet UAV Day  est restée incertaine jusqu'au tout dernier moment. François Baffou, le directeur général de Technowest, ne cache donc pas sa satisfaction d'avoir tenu bon même s'il s'agit d'un format réduit par rapport aux trois jours habituels de l'UAV Show : "Avec 350 participants, 50 exposants et quasiment aucune annulation, cet évènement a été un succès et permis aux acteurs de la filière, qui est finalement un tout petit monde à l'échelle française, de se retrouver enfin pour échanger", explique-t-il à La Tribune.

Au-delà des démonstrations techniques et des rendez-vous d'affaires, un prix a été remis par Airbus Développement à la startup Urwings, basée à Versailles mais accompagnée par la région Grand Est. La jeune pousse développe un concept de lutte anti-drone aéroportée face aux utilisations inadaptées des drones ou aux utilisations malveillantes. "Ce système procure d'ores et déjà une réponse disruptive grâce à des capacités d'interception très en amont (jusqu'à 140 km) et une mobilité inédite s'adaptant géographiquement aux menaces (poursuite de 100 à 550 km)", fait valoir Urwings qui adresse un enjeu particulièrement sensible pour la profession.

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Quelles perspectives pour demain ?

"La lutte anti-drone et contre les usages malveillants, que ce soit près de zones sensibles comme des aéroports ou tout simplement en centre-ville, est l'un des enjeux majeurs des années qui viennent pour les professionnels du drone", confirme François Baffou. L'organisateur de l'UAV Day cite également le développement des vols sur grande distance et "les travaux en cours avec la Direction générale de l'aviation civile [DGAC] sur l'intégration des drones dans l'espace aérien avec la création de des corridors dédiés, dotés de zones d'atterrissage d'urgence, d'abord en zone rurale puis, à terme, en zone urbaine." Des usages qui devraient d'abord concerner des transports point à point d'équipements de santé et qui ne soulèvent pas tant des enjeux techniques que règlementaires et d'acceptabilité sociale par les habitants.

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Et dans un marché mondial archi-dominé par le fabricant chinois DJI, les entreprises françaises sont contraintes de se rapprocher et/ou de se concentrer sur des approches métiers très spécifiques si elles veulent conserver une longueur d'avance en Europe et rester dans le sillage de leurs concurrentes américaines et, surtout, israéliennes.

"Le drone n'est finalement qu'un outil technique. L'impératif est désormais d'avoir une approche résolument tournée vers le métier et vers l'utilité réellement apportée à l'utilisateur final dans ses usages professionnels. Et là il y a des outils pertinents à développer en France en branchant tel ou tel capteur ou module à forte valeur ajoutée sur un drone standard construit en Chine. Les forces de l'ordre n'auront par exemple pas les mêmes usages ni les même besoins qu'un agriculteur ou qu'une entreprise d'inspection de bâtiments, il faut donc travailler étroitement avec l'utilisateur final", développe François Baffou.

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Une approche retenue par Reflet du Monde qui s'est spécialisée dans les drones lourd de plus de deux mètres de diamètre capables de transporter 15 kg de charge utile, voire plus si nécessaire. "Avec ce type d'engin, on a un positionnement atypique dans le paysage qui nous permet de travailler avec le secteur agricole pour l'épandage d'engrais. Les premiers retours sont concluants et même très encourageants ce qui devrait nous ouvrir par la suite un potentiel de diversification avec notamment des collaborations dans le transport de charges civiles et militaires", corrobore Patrice Rosier, le dirigeant de cette entreprise de huit salariés basée à Saint-Aubin de Médoc, en Gironde.

Drone Reflet du Monde

Le drone RDM-2 de Reflet du Monde (crédits : Reflet du Monde).

Reflet du Monde opère actuellement trois de ses drones RDM-2 en propre tandis que deux le sont par son client Ovalie Innovation, une filiale commune des coopératives Maïsadour et Vivadour. Et si l'année 2020 devrait s'inscrire en retrait par rapport à 2019, Patrice Rosier se montre confiant avec "un fort redémarrage de l'activité depuis juillet et des possibilités de rattraper le retard d'ici la fin de l'année."

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Quant à la prochaine édition de l'UAV Show elle est programmée du 19 au 21 octobre 2021.

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