En Gironde, l'emploi dans l'ESS a progressé de 17 % en dix ans

La Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire de Nouvelle-Aquitaine a dévoilé son panorama chiffré sur la Gironde et Bordeaux Métropole, avec quelques données sur la région. Si le nombre d'emplois salariés de l'ESS a augmenté de +17 % en Gironde sur dix ans, sa part dans l'emploi total piétine autour de 10 %.
L'ESS représente 10 % des salariés en Gironde et sur Bordeaux Métropole, selon la Cress.
L'ESS représente 10 % des salariés en Gironde et sur Bordeaux Métropole, selon la Cress. (Crédits : D.R)

Alors que la ville de Bordeaux et le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine viennent de décrocher la présidence du Forum mondial de l'économie sociale et solidaire (ESS), la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire de Nouvelle-Aquitaine fait les comptes. Dans son dernier panorama chiffré, publié ce jeudi 16 décembre 2021, elle estime qu'en 2019 le département de la Gironde comptait 55.134 salariés dans les structures de l'ESS. Soit une augmentation de +17 % par rapport à 2010. Des données à recontextualiser dans la dynamique actuelle d'un département prolifique qui crée 22 fois plus d'emplois que le reste du pays.

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Avec +1,7 % par an, l'ESS affiche bien en Gironde une croissance supérieure à celle de l'emploi conventionnel (+1,1 % par an) même si le panorama révèle qu'elle représente 10 % des salariés en Gironde et à Bordeaux Métropole, un estimation qui circulait déjà en 2017 et en 2015 et qui correspond à la moyenne nationale. En revanche, Bordeaux Métropole se démarque avec 14 % de l'emploi privé qui relève de l'ESS.

"Il faut prendre ces chiffres avec des pincettes", tempère Nicolas Perez, animateur territorial de la Cress. "Le poids de l'ESS varie grandement d'un territoire à l'autre : vous avez des EPCI [ndlr : Établissements publics de coopération intercommunale] comme le Val de Leyre, ou le Cubzaguais où on est à 5 % d'emplois relevant de l'ESS. Sur le bassin d'Arcachon Nord, on tourne autour de 15 %."

Evolution de l'emploi ESS en Gironde

La dynamique de créations d'emplois en Gironde a été supérieur dans l'ESS de 2012 à 2017 avant de s'inverser au profit de l'emploi privé classique.Indice d'évolution de l'emploi en Gironde entre 2010 et 2019. Base 100 en 2020 (sources : Cress Nouvelle-Aquitaine).

Les Deux-Sèvres, championne régionale ?

L'agglomération de Libourne se démarque également en Gironde, en affichant le meilleur nombre de structures de l'ESS pour 1.000 habitants. Mais si la Gironde regroupe un quart des emplois de l'ESS de Nouvelle-Aquitaine, avec 55.134 salariés, leur part dans l'emploi global y est la plus faible de la région avec environ 9 %. Les Deux-Sèvres (17,5%), puis la Creuse et le Lot-et-Garonne (entre 13 % et 16 %) s'affichent en tête des départements où la part d'emploi ESS est la plus forte.

Une inversion de la tendance, selon qu'on prenne les chiffres en valeur absolue ou relative, qui s'explique par une composante méthodologique. L'étude mentionne : "Le champ observé concerne les entreprises et établissements sous statuts juridiques de coopérative, mutuelle, association et fondation. L'ESS fait partie du champ du secteur privé."

Ainsi, les mutuelles et assurances coopératives, qui existaient bien avant l'apparition de l'acronyme ESS, se retrouvent comptées dans le panorama. De quoi favoriser le pôle territorial de Niort et des Deux-Sèvres. Une façon aussi de montrer que les structures du secteur sont très variées, allant du café associatif qui ne compte qu'une poignée de bénévoles au groupe mutualiste de plusieurs centaines de salariés.


  • 11,5%

    A noter qu'en Nouvelle-Aquitaine, 11,5% du total des salariés concerne des contrats de l'ESS. Une part légèrement supérieure aux 10,5% du niveau national et qui la place au rang de 3e région pour l'emploi ESS.

Moins de dépendance aux subventions

L'ESS gagne du terrain mais une remontrance demeure imputée à ses plus petits représentants : être dopés aux aides publiques, sans parvenir à créer un véritable circuit de richesses.

"C'est un préjugé qui revient tout le temps. Les études montrent que l'ESS est moins subventionnée que l'économie traditionnelle. Je prends l'exemple des associations qui essaient de réduire la part des aides dans leurs recettes", invoque Nicolas Perez.

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Elles étaient effectivement passées de 60 % à 50 % de ressources publiques comme le révélait une étude en 2014. Ce qui n'empêche pas les politiques volontaristes d'être engagées en leur faveur. Au niveau du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, elles sont désormais conduite par une toute nouvelle vice-présidente en charge de l'ESS. Avec le défi de développer cet emploi aussi en dehors des centres métropolitains.

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