Déconfinement progressif : Patrick Seguin se dit "rassuré mais vigilant"

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Patrick Seguin, le président de la CCI Bordeaux Gironde, au mois de septembre 2020.
Patrick Seguin, le président de la CCI Bordeaux Gironde, au mois de septembre 2020. (Crédits : Agence APPA)
Après les annonces d'Emmanuel Macron sur le déconfinement en trois étapes entre le 28 novembre et le 20 janvier, le président de la CCI Bordeaux Gironde se dit "rassuré mais vigilant" et demande de la clarté et de la réactivité pour les aides aux restaurateurs. Quand au transfert du sommet Afrique-France à Montpellier, il regrette "un gâchis pour le territoire et ses entreprises". Des critiques à l'unisson de l'opposition.

28 novembre, 15 décembre puis 20 janvier : les trois étapes du déconfinement annoncées par le président de la République, ce 24 novembre, ont rasséréné Patrick Seguin, le président de la CCI Bordeaux Gironde :

"Je suis rassuré mais vigilant ! Rassuré parce qu'il y a un cap qui est fixé et une cohérence qui est présentée. Mais je suis aussi vigilant parce qu'il faut maintenant apporter la plus grande clarté sur les protocoles sanitaires et sur le versement des nouvelles aides de l'Etat. Il faut que les choses soient le plus clair possible pour tout le monde en cherchant avant tout de la simplification !"

Lire aussi : Réouverture des commerces: soulagement ici, désespoir là... les premières réactions après l'allocution d'Emmanuel Macron

Et le chef d'entreprise de maintenir ses exigences sur plusieurs points concrets. S'il salue la très bonne nouvelle que constitue la réouverture de tous les commerces dès ce samedi 28 novembre, il demande des autorisations d'ouverture jusqu'à 21h et tous les dimanches jusqu'à Noël. De même, pour inciter les clients à revenir en centre-vile, il appelle les maires des grandes villes "à tout faire pour faciliter le stationnement gratuit puisque les gens ont un peu de mal à prendre les transports en commun". De son côté, la CCI poursuit ses actions de formation aux outils numériques auprès des 38 % de commerçants dépourvus de site internet et distribuera à tous les commerces des affiches présentant le nouveau protocole sanitaire, notamment la règle des 8 m2 par client. Quatre séminaires en ligne seront notamment proposés dans les prochains jours :

  • Créer sa boutique avec Facebook ou Instagram - 1 jour (26 et 27 nov)
  • Booster son activité sur les réseaux sociaux - 2 jours (26/27 nov et 14/15 déc)
  • Créer son site avec Wordpress - 2 jours (30 nov/1er déc et 7/8 déc)
  • Mettre en place le Click & Collect par un site vitrine gratuit - 1 jour (27 nov)

Une campagne sera également lancée avec le tribunal de commerce de Bordeaux pour inciter les chefs d'entreprises, commerçants et artisans en difficulté à venir se placer sous la protection du tribunal de commerce.

S'agissant des restaurateurs, qui resteront administrativement fermés au moins jusqu'au 20 janvier, Patrick Seguin salue la décision du gouvernement et du chef de l'Etat de reprendre les propositions de la profession mais insiste, là encore, sur la nécessité d'être rapide et clair : "Pour les cafés, hôtels et restaurants, l'indemnité de 20 % du chiffre d'affaires 2019 doit être simple et immédiate si l'on veut pouvoir sauver cette profession ! Elle doit concerner tous les restaurants et tous les bars et cafés sur les 150 jours des deux confinements."

Lire aussi : Rouvrir le 20 janvier ? La déprime des restaurateurs qui vont rater la période des fêtes

Le Sommet Afrique-France : "un gâchis"

Enfin, l'annonce par Emmanuel Macron du transfert de Bordeaux à Montpellier du Sommet Afrique-France, qui devait se tenir en juillet 2021, agace fortement le président de la CCI Bordeaux Gironde :

"Je suis déçu, c'est du gâchis ! Nous avons dépensé beaucoup de temps et d'argent sur ce projet. Les propositions alternatives ont tardé de la part de la mairie de Bordeaux et elles n'ont pas répondu aux attentes de l'Elysée si bien que Montpellier a poussé sa candidature sans conditions particulières et nous est passé devant. Et voila le résultat : c'est regrettable pour l'image et pour l'histoire de Bordeaux et pour les entreprises de la région"

La CCI indique avoir déjà engagé entre 150.000 et 200.000 euros de dépenses sur ce projet. La première mouture, imaginée initialement pour juin 2020 puis décalée sine die, prévoyait 500 exposants français et africains, une cinquantaine de chefs d'Etat et 15.000 visiteurs. Les retombées économiques locales étaient évaluées autour de trois millions d'euros. "Le nouveau projet était nettement réduit, sans chefs d'Etat et avec une délégation limitée à 200 exposants mais cette annulation représente quand même un manque à gagner pour le territoire, au moment même où on en aurait bien besoin", complète Patrick Seguin.

Des critiques formulées également par les oppositions de droite et du centre. Nicolas Florian (LR) pointe ainsi "une erreur regrettable et une faute politique" qui s'inscrit "dans une volonté assumée de Pierre Hurmic de mettre un terme à l'attractivité de notre ville" tandis que Thomas Cazenave (LREM) regrette "une occasion manquée pour rappeler les liens qui nous unissent à l'Afrique pour notre coopération culturelle, économique et un manque à gagner pour les professionnels du territoire".

De son côté, la mairie (EELV) de Bordeaux confirme "qu' àprès discussions entre la présidence de la République et le maire de Bordeaux, il s'est avéré que ce Sommet ne pouvait être réorganisé à Bordeaux selon les conditions, contenus et formats envisagés" mais elle "tient à réaffirmer la force des liens qu'elle entend poursuivre avec le continent africain, dans un esprit de renouvellement, et avec un accent particulier mis sur le secteur universitaire et la transition écologique des territoires."

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