Les métiers non-essentiels expriment leur détresse avant les annonces de Macron

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Une manifestation symbolique a été organisée à Bordeaux ce 23 novembre pour demander la réouverture des professions jugées non essentielles.
Une manifestation symbolique a été organisée à Bordeaux ce 23 novembre pour demander la réouverture des professions jugées non essentielles. (Crédits : Thibaud Moritz / Agence APPA)
Les professionnels qualifiés de non essentiels, et donc fermés pendant le reconfinement, ont manifesté symboliquement, ce lundi 23 novembre à Bordeaux, pour demander leur réouverture dans les plus brefs délais. Parallèlement, la mairie de Bordeaux et le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine présentent leurs actions tandis que le portail des aides de l'Etat pour le mois d'octobre est en ligne. Voici un récapitulatif.

Calqué sur la manifestation organisée par leurs homologues toulousains dès le 6 novembre dernier place du Capitole, le mouvement symbolique mené par des commerçants, artisans, artistes et intermittents "non essentiels" de Bordeaux et sa région s'est tenu ce lundi 23 novembre place de la Comédie à Bordeaux. Masqués et vêtus de noir, ils ont simulé leur mort économique ainsi que celle que de leurs filières : le sport, l'évènementiel, la culture, la restauration, l'artisanat ou encore les commerces de proximité, comme les librairies et les coiffeurs.

Manifestation métiers non essentiels à Bordeaux

Selon les organisateurs, ils étaient entre 300 et 350 à manifester ce 23 novembre, place de la Comédie à Bordeaux (crédits : Thibaud Moritz / Agence APPA)

Une manifestation qui intervient quelques heures avant la prise de parole d'Emmanuel Macron prévue ce mardi 24 novembre à 20h pour évoquer un déconfinement progressif. "Nous ne pouvons accepter les décisions gouvernementales de fermer les petits commerces au bénéfice des grandes surfaces ; plus largement, de cautionner ces décisions aléatoires de permettre à certains de travailler et d'autres non !", expliquent à La Tribune Elise Martimort et Jean-Philippe Paquien, les deux associés d'Elise Martimort, une entreprise de confection de robes de mariée, qui sont derrière l'organisation de ce "die in" qui a réuni entre 300 et 350 participants selon eux.

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"Nous voulons représenter tous les métiers désignés comme non-essentiels. Les commerçants et artisans mais aussi tous ceux qui n'ont pas le droit de travailler : restaurateurs, intermittents, artistes, joailliers, bijoutiers, brocanteurs, coachs sportifs et bien d'autres", précise Elise Martimort, tandis que son conjoint et associé, Jean-Philippe Paquien alerte sur la situation très dégradée de ces métiers :

"Ce reconfinement intervient après le premier confinement, les grèves, les Gilets jaunes. Depuis plusieurs années, des entreprises sont touchées et sont désormais en train de crever ! Aujourd'hui, on regrette une incompréhension et une injustice parce que ce qui est essentiel ne l'est pas en fonction d'un un critère scientifique mais bien politique. On veut donc que tous ces gens oubliés et en train de crever puissent avoir le droit de travailler et reprendre une activité, même réduite et avec des protocoles sanitaires stricts. C'est un enjeu économique mais aussi de santé mentale !"

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La mairie de Bordeaux présente ses actions

Quelques jours plus tôt, le maire EELV de Bordeaux, Pierre Hurmic, a rappelé les différentes actions mises en œuvre par la municipalité, tout en soulignant qu'elles s'inscrivent d'abord dans le plan de soutien de 30 millions d'euros de Bordeaux Métropole qui devrait être voté le 27 novembre prochain. Dans le détail, la mairie met en avant la cellule dédiée aux TPE créée en octobre dernier pour faire office de guichet unique pour les commerçants, artisans, indépendants et TPE et accessible à [email protected] Pour l'instant, celle-ci a seulement traité une petit trentaine de dossiers, principalement sur des questions de trésorerie, de paiement des loyers ou de chômage partiel. Ce guichet, présenté comme unique, vient cependant en complément de la cellule de crise Covid-19 déployée par la CCI Bordeaux Gironde depuis le confinement du printemps ([email protected] ou 05 56 79 50 00).

Le maire annonce aussi la mise en ligne ce 24 novembre de la plateforme de référencement des commerces bordelais avec Solocal (Pages jaunes) BordeauxBoutiques, pour facilier le "click & collect" (commande en ligne, retrait en magasin) qui vient s'ajouter à la plateforme Bordeauxlocal.fr créée par l'Office du tourisme et des acteurs du vin et de l'hôtellerie-restauration ainsi qu'à la plateforme "Ma ville mon shopping" mise en place par la CCI Bordeaux Gironde avec le groupe La Poste.

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Un soutien exceptionnel est également prévu pour le secteur associatif afin que, sur l'ensemble de l'année 2020, 145 associations, dont 96 associations culturelles, puissent recevoir 1,14 million d'euros. Enfin, Pierre Hurmic a indiqué que la foncière municipale Incité allait exonérer du loyer du mois de novembre 2020 les commerçants qu'elle héberge. L'élu appelle l'ensemble des bailleurs publics et privés à en faire de même et va créer "un fonds exceptionnel pour permettre à des entreprises et/ou associations locataires de la ville de bénéficier d'une exonération de loyer quand leur situation l'exige". Le tout en complément du dispositif déjà annoncé par la Métropole, qui comprend notamment des aides au paiement des loyers ainsi qu'un remboursement des dépenses liées au e-commerce jusqu'à 1.500 euros.

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La Région vote une rallonge budgétaire

Enfin, le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a voté à l'unanimité en séance plénière lundi 16 novembre une batterie de nouvelles aides aux entreprises venant amplifier celles déjà débloquées au printemps. A retenir cet automne, une enveloppe de 10 millions d'euros pour financer des subventions aux entreprises et associations de 3 à 49 salariés des secteurs fermés ou très impactés par le reconfinement. Les montants sont versés sous conditions et plafonnés de 5.000 euros jusqu'à 10 salariés à 40.000 jusqu'à 49 salariés.

A noter également un appel à projets "plateformes locales et sectorielles" et un chèque e-commerce de 1.000 à 5.000 euros par entreprise de moins de dix salariés, porté par une enveloppe de deux millions d'euros. Il s'agit de co-financer (max 50%) les dépenses liées à la visibilité en ligne, au e-commerce, à la gestion des stocks et de la logistique, à la relation client et à la performance commerciale. Ce dispositif est ouvert jusqu'en juin 2021. Là encore, une cellule d'écoute est accessible à [email protected] et au 05 57 57 55 88.

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L'Etat met en ligne ses aides d'octobre

Parallèlement, la direction régionale des finances publiques (DRFIP) annonce que le formulaire à compléter par les entreprises de moins de 50 salariés demandant à bénéficier du fonds de solidarité au titre d'une perte de chiffre d'affaires en octobre 2020 est accessible en ligne sur le site habituel impots.gouv.fr. Ce formulaire est conçu pour "permettre aux entreprises, de façon simple et sans autre démarche, de se signaler auprès des Finances publiques pour bénéficier très rapidement des versements sans condition de chiffre d'affaires ni de bénéfice à condition d'avoir débuté leur activité avant le 30 septembre 2020." Les demandes doivent être déposées avant le 31 décembre.

Aides aux entreprises face au covid (novembre 2020)

Le récapitulatif des aides de l'Etat pour ce 2e confinement. Cliquez sur l'image pour l'agrandir (crédits : Etat, Région Nouvelle-Aquitaine).


La DRFIP rappelle que le fonds de solidarité totalise déjà plus de 7 milliards d'euros versés à près de 2 millions d'entreprises et indépendants depuis mars 2020. En Gironde, plus de 52.000 entreprises ont bénéficié de versements, pour un montant de plus de 183,5 millions d'euros. A noter également que le paiement de la cotisation foncière des entreprises (CFE) prévu normalement au 15 décembre peut être reporté de trois mois sur simple demande.

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Commentaires
a écrit le 24/11/2020 à 14:40 :
Il est vrai que l'on devrait se pencher un peu mieux sur cette sélection de métiers désignés comem étant non essentiels, c'était complètement débile et risque d'en rajouter à une couche déjà bien épaisse de la dévalorisation de son travail et donc de soi mais bon ne pas oublier que dumping fiscal et dumping social sont les deux mamelles de l'UE. Aucune place pour l'humain, tout pour le fric.

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