Akula : un nouveau yacht au port de Bordeaux (GPMB) , qui se lance dans l'hydrogène vert

Le Grand port maritime de Bordeaux monte à la fois en puissance dans son activité de maintenance navale, avec l'Akula, son troisième yacht à l'étude aux Bassins à flot, mais aussi sur le plan industriel. L'accord signé par le port avec GH2, société de développement de production d'hydrogène vert, en témoigne. GH2 doit développer un méga projet de production d'hydrogène vert à Ambès dans les mois qui viennent. (réactualisé 25/06/21)

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Aperçu de la zone pétrochimique d'Ambès, sur la rive droite de la Garonne, où va être développé le projet de production d'hydrogène de GH2.
Aperçu de la zone pétrochimique d'Ambès, sur la rive droite de la Garonne, où va être développé le projet de production d'hydrogène de GH2. (Crédits : PAT GPMB)

Le port de Bordeaux accueille l'Akula au Bassin à flot numéro un de Bacalan, qu'il devrait quitter en fin de semaine prochaine. Construit en 2006 par le chantier italien Cantieri Navali Pesaro, à Pesaro, un port de la mer Adriatique, l'Akula, d'une longueur de 24 mètres, est un yacht très haut-de-gamme destiné aux expéditions. Il ne compte que deux cabines double, une suite parentale et une suite VIP : soit une capacité de huit passagers pour quatre membres d'équipage.

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Ce yacht est équipé d'une coque en acier, avec une superstructure en aluminium, et des ponts en teck. L'Akula fait l'objet d'une analyse poussée destinée à établir la somme des travaux à réaliser en vue de sa remise en état (refit). Une opération coordonnée par le chantier bordelais Clyd (Cano Lanza yacht design), créé à Arcachon et installé depuis peu aux Bassins à flot, fondé et dirigé par l'architecte naval Exequiel Cano Lanza. C'est précisément Clyd qui a réalisé à l'été 2020 les travaux de maintenance sur le yacht Le Bougainville (Compagnie du Ponant) dans la forme de radoub numéro trois du port de Bordeaux à Bassens.

Une activité qui pourrait se développer grâce à la Région

Candidat à sa réélection lors de ce scrutin 2021, Alain Rousset, président sortant de de la Région Nouvelle-Aquitaine, n'a jamais caché qu'il voulait implanter aux Bassins à flot un pôle de "retrofit", consistant à changer les moteurs diesel ou au fioul lourd par des versions électriques, dans le cadre de la feuille de route Neo Terra.

Le patron de Clyd, Exequiel Cano Lanza, a eu de son côté l'occasion de préciser l'an dernier l'importance de ces travaux. Lors de la visite officielle par Alain Rousset de la forme de radoub numéro un, aux Bassins à flot, où se trouvait l'Ice Angel (L'Ange de glace), en compagnie du président du conseil de surveillance du port, Philippe Dorthe, et du président du directoire Jean-Frédéric Laurent, le patron de Clyd a précisé qu'il existe 70 bateaux en Europe du Nord susceptibles de venir aux Bassins à flot pour y subir des travaux de maintenance ou de réparation du même type. Soulignant que la clientèle de seulement 10 % de ce potentiel suffirait à sécuriser l'activité -émergente à Bordeaux-, de Clyd. L'Akula est le troisième yacht à s'intéresser aux Bassins à flot, après le Yersin et l'Ice Angel. C'est aussi le troisième à avoir été pris en main par le chantier Clyd, après le Yersin et Le Bougainville.

Hydrogène de France va devoir faire face à GH2 à Ambès

Par ailleurs, le port de Bordeaux a signé fin avril un important accord avec le cabinet parisien GH2, société de développement de projets de production d'hydrogène vert. Comme le soulignent les deux parties, cette signature fait suite "à trois ans de conceptualisation et de structuration" d'un projet qui doit se solder par la production annuelle de 14.000 tonnes d'hydrogène renouvelable, permettant d'éviter annuellement jusqu'à 130.000 tonnes d'émissions de gaz à effet de serre.

Yacht Akula Bordeaux

L'Akula chez Clyd, au  Bassin à flot numéro un (crédit GPMB)

Ce projet va voir le jour à Ambès (au nord de Bordeaux Métropole), au cœur du pôle industriel axé sur la chimie et les hydrocarbures qui se trouve sur le domaine du Grand port maritime de Bordeaux (GPMB). Selon ses promoteurs, le projet GH2, soutenu par de nombreux acteurs industriels, et partenaires, français et européens, veut s'inscrire dans l'émergence d'une filière hydrogène nationale et européenne. Ce projet intègre une centrale de production d'électricité photovoltaïque.

Avec sa capacité d'électrolyse de 100MW, Ambès, sur la rive droite, devrait accueillir l'un des plus importants projets de ce type à l'échelle nationale et européenne. Pas sûr que cela fasse vraiment plaisir à Damien Havard, le patron d'Hydrogène de France, à Lormont (Bordeaux Métropole), qui vient d'entrer en Bourse et doit installer sa propre usine de production d'hydrogène à Blanquefort, à quelques encâblures là, sur la rive gauche de la Garonne. La direction du port tient à souligner de son côté que ces deux projets de production d'hydrogène sont complémentaires.

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