Europlasma se dote d'une stratégie de croissance à 100 millions d'euros

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Jérôme Garnache
Jérôme Garnache (Crédits : Europlasma)
Avec l'annonce de ce plan de financement de 100 millions d'euros sur sept ans, le groupe Europlasma entame une nouvelle étape de son développement qui doit lui permettre de s'imposer. Une opération de très grande ampleur dans laquelle Europlasma est accompagnée par la société de gestion Alpha Blue Ocean (ABO), à Londres.

Leader de la lutte contre la pollution par torche à plasma, le groupe Europlasma, à Morcenx (Landes), coté en bourse, annonce la mise en place d'un plan de financement monumental de 100 millions d'euros sur sept ans. C'est au cours de la réunion de son conseil d'administration du 15 avril, que cette décision a été adoptée pour permettre le lancement d'une nouvelle phase de croissance.

Europlasma, qui emploie 107 salariés, est la seule entreprise au monde capable avec sa filiale Inertam de neutraliser définitivement les déchets d'amiante par vitrification, comme elle sait détruire les fumées hautement toxiques produites par l'incinération des déchets ménagers ou encore faire chuter de façon drastique le taux de contamination d'objets faiblement ou moyennement radioactifs.

Lire aussi : Europlasma va fournir pendant cinq ans des déchets transformés en combustibles

Europlasma veut internaliser la fabrication des torches

L'avant-dernière opération financière lancée par le groupe, le 18 novembre 2020, a consisté à se défaire de 21 millions d'euros de dettes. Pour y parvenir Europlasma a notamment eu recours, à hauteur de 6,5 millions d'euros, à ses actionnaires par le biais d'une opération dilutive, qui a réduit la valeur unitaire des titres détenus en générant du cash via l'émission d'obligations convertibles en actions nouvelles (OCA). Technique utilisée à maintes reprises dans l'histoire du groupe et qui se traduit au final par la production d'actions nouvelles.

La levée des 100 millions d'euros va suivre une voie comparable mais avec des objectifs quasiment situés aux antipodes, puisqu'il ne s'agit plus de liquider des dettes.

"Cette opération aura des conséquences dilutives c'est vrai, mais notre objectif n'est pas d'écraser la valeur du titre. Nous voulons au contraire augmenter la création de valeur au sein d'Europlasma dans des proportions et à un rythme qui compense les effets de la dilution. En particulier en procédant à des opérations de croissance externe visant à internaliser des opérations sous-traitées et onéreuses.

Ce qui est le cas de certains éléments des torches à plasma. Les fabriquer nous-mêmes en fera baisser le coût de production et par conséquent permettra d'augmenter notre rentabilité. Avec la crise du Covid-19 nous avons beaucoup de dossiers sur la table, que nous sommes en train d'étudier" éclaire pour La Tribune Jérôme Garnache, PDG d'Europlasma.

Un groupe sauvé de la liquidation in extremis

En se défaisant en novembre de 21 millions d'euros de dettes, le groupe landais a achevé avec succès une opération déterminante pour son futur. Soit la relance d'une entreprise qui était au bord de l'effondrement, après sa mise en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Mont-de-Marsan, le 25 janvier 2019. Depuis la mi-2019 et la validation par le tribunal de commerce de Mont-de-Marsan du plan de reprise d'Europlasma par le fonds d'investissement luxembourgeois Zigi Capital SA, Jérôme Garnache a réussi à restructurer et relancer l'usine Inertam, puis réorienter la centrale Cho Morcenx vers une nouvelle activité, tout en nouant de nouveaux partenariats stratégiques, en France comme en Chine.

Pour que ce retournement de trajectoire puisse fonctionner il a fallu qu'un financier international rompu à tous les exercices s'implique dans un dossier Europlasma qu'il connait par cœur depuis des années en tant qu'actionnaire de base. Il s'agit de Pierre Vannineuse, dont la société de gestion Alpha Blue Ocean (ABO), à Londres, a joué un rôle crucial dans ce repêchage. ABO se relance aujourd'hui pour ce second tour de piste de sept ans, avec son fonds d'investissement Global corporate finance opportunities 11 (pour Opportunités mondiales de financement d'entreprise -ndlr), basé à Grand Cayman, dans les îles Caïmans.

Lire aussi : Neutralisation de l'amiante : la relance d'Inertam par Europlasma saluée par les élus

Une opération qui a emballé le financier Pierre Vannineuse

"Le renouvellement de notre partenariat financier avec Europlasma est une véritable satisfaction. Nous entrons dans notre troisième année de collaboration et cela nous permet de mesurer l'étendue du travail réalisé par Jérôme Garnache-Creuillot et les équipes d'Europlasma. Nous parlons d'un fleuron de l'industrie française, de surcroit pionnier et unique référence de son secteur au niveau mondial.

Signer un accord sur sept ans n'a rien d'anodin. Chacun est là pour s'inscrire sur le long-terme et continuer la montée en puissance que nous avons opérée ces derniers mois. Nous sommes d'autant plus fiers que 75 % des fonds levés iront au financement de nouveaux projets générateurs de valeur, permettant d'atteindre une taille critique nécessaire pour répondre à une demande en constante augmentation sur les principaux domaines d'expertise d'Europlasma", déroule Pierre Vannineuse.

Le groupe veut en l'occurrence accroître sa capacité à traiter et valoriser des produits issus du traitement de l'amiante ; développer la nouvelle activité de fabrication de combustibles solides de récupération (CSR), pour laquelle un premier contrat de 4,5 millions d'euros sur cinq ans a été signé en mars 2021, ou encore de concrétiser les options commerciales existantes en Amérique du Sud et en Chine.

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