Europlasma va fournir pendant cinq ans des déchets transformés en combustibles

 |  | 895 mots
Lecture 5 min.
L'ancienne usine Cho Morcenx d'Europlasma
L'ancienne usine Cho Morcenx d'Europlasma (Crédits : Europlasma)
L'identité de l'industriel (spécialisé dans la valorisation des déchets) qui a signé ce vendredi 19 mars un contrat de cinq ans avec Europlasma n'a pas été dévoilée. Ce contrat marque un virage attendu par le groupe landais, qui va pouvoir exploiter son expertise dans la sélection très fine des déchets destinés à brûler pour produire de l'énergie. Un accord à 4,5 millions d'euros.

L'assemblée générale extraordinaire d'Europlasma, programmée le mercredi 24 février, a validé le dernier plan de financement en date qui se solde par l'apurement de 21 millions d'euros de dettes, dont 6,5 millions d'euros absorbées par l'émission dilutive de 650 obligations convertibles en actions, d'une valeur unitaire de 10.000 euros. Le groupe Europlasma, dont le siège se trouve à Morcenx (Landes) et la direction administrative à Pessac (Gironde/Bordeaux Métropole), est le leader de la lutte contre la pollution par torche à plasma.

Lire aussi : Europlasma annonce la relance de son activité de neutralisation des déchets d'amiante

Europlasma détient des brevets uniques au monde, notamment pour la neutralisation définitive des déchets d'amiante, ou encore la réduction drastique de la pollution nucléaire générée par des objets faiblement ou moyennement radioactifs. Ce vendredi Europlasma, coté en bourse (1,69 euros ce matin) et dont Jérôme Garnache est le PDG, annonce la signature d'un contrat pluriannuel de 4,5 millions d'euros sur cinq ans avec un groupe "référence de l'industrie de la valorisation du déchet".

Une solution qui remet Cho Morcenx sur de bons rails

Il s'agit d'une excellente nouvelle puisque ce contrat va permettre de réorienter l'activité du site de Cho Morcenx, l'unité expérimentale d'Europlasma centrée sur la production d'électricité à partir de déchets et de biomasse, dont le développement a englouti des millions d'euros et failli tuer le groupe. La nouvelle direction d'Europlasma a rapidement vu le parti qu'elle pourrait tirer de cet échec. Longtemps décrit comme "une boîte d'ingénieurs , le groupe Europlasma ne s'est pas privé d'innover, passant à grande vitesse -comme avec Cho Morcenx- de la conception du projet sur la table à dessin à sa version industrielle. L'usine livrée pour lancer la production étant également le prototype...

Lire aussi : Europlasma : le financier Pierre Vannineuse explique pourquoi il y croit

"La direction d'Europlasma s'était focalisée sur le projet Cho Morcenx, avec une technologie de production d'électricité verte fondée sur la gazéification avancée de biomasse et de déchets industriels banals. Mais, même si la société a beaucoup appris du site pilote construit à Morcenx, il est compliqué de mettre au point un prototype à taille industrielle. Le site a peut-être besoin d'un nouveau modèle de développement plus rémunérateur et plus vertueux, capitalisant sur l'incroyable savoir-faire acquis dans le domaine notamment du traitement de déchets complexes et non sur la production d'une énergie subventionnée", confiait ainsi Jérôme Garnache à La Tribune en janvier 2020.

Décarboner l'industrie tout en dépolluant

Un an plus tard cette vision stratégique devient réalité. Ce qu'évoque le PDG dans cet entretien c'est le savoir-faire unique acquis par les ingénieurs et techniciens d'Europlasma dans la sélection très fine des déchets appelés à être brûlés pour générer de l'énergie. Parce que faire brûler des déchets de façon efficace est en réalité très compliqué. Renommés déchets d'activité économique (DAE) ces derniers vont ainsi être transformés par Europlasma en combustibles solides de récupération (CSR) une fois qu'ils auront été triés et préparés.

Lire aussi : Europlasma, l'action cotée en bourse qui valait un millième d'euro

"Ce contrat constitue une première étape dans le développement de notre activité de préparation de CSR et démontre la pertinence de notre plan de réorientation du site de Cho Morcenx. D'une part économiquement, d'autre part écologiquement et stratégiquement enfin dans la mesure où il valide notre choix de capitaliser sur un savoir-faire susceptible de réduire sensiblement l'empreinte carbone des utilisateurs finaux à l'instar de notre filiale dédiée au traitement de l'amiante, Inertam", déroule Jérôme Garnache dans le communiqué officiel. "Ce faisant, Europlasma ancre son double positionnement, poursuit-il, en étant à la fois acteur de la dépollution des déchets dangereux et de la décarbonation de l'industrie dans des conditions vertueuses. C'est toutefois une étape puisque nous avons l'ambition de doubler notre production avant la fin de l'année".

De 55.000 tonnes à bientôt 85.000 tonnes

Les déchets qui vont être récupérés par Europlasma étaient jusqu'ici enfouis. Ils seront sélectionnés en fonction du cahier des charges fourni par le client final, ce dernier appartenant à la famille des industriels qui sont de gros consommateurs d'énergie, comme les cimentiers, les fabricants de céramiques ou encore les utilisateurs chaudières à haut pouvoir calorifique. Ainsi les combustibles solides de récupérations fournis par Europlasma vont être utilisés en substitution d'énergie fossile (comme le diesel).

Le chiffre d'affaires annoncé pour les cinq premières années est lié en fait au volume minimum annuel de déchets qui pourra être traité par la ligne de préparation de CSR du site de Morcenx, soit 55.000 tonnes. Volume qui devrait logiquement augmenter, puisque la direction du groupe espère bien pouvoir monter cette cadence annuelle à 85.000 tonnes, après autorisation des autorités compétentes. Et si l'on suit correctement le raisonnement du PDG, ce volume pourrait rapidement atteindre une cadence de 110.000 tonnes par an.

Lire aussi : Europlasma : le PDG explique pourquoi le groupe se réinvente en fournisseur de technologies

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :