Girondins de Bordeaux : Frédéric Longuépée condamné à s'entendre avec les Ultras

 |   |  1051  mots
Frédéric Longuépée et Joseph Dagrosa au Château du Haillan, siège du FCGB, en septembre.
Frédéric Longuépée et Joseph Dagrosa au Château du Haillan, siège du FCGB, en septembre. (Crédits : Agence Appa/Eric Barrière)
Le Football Club des Girondins de Bordeaux (FCGB) a annoncé ce lundi 16 décembre en fin de journée le retrait de GACP du club et la nomination de Frédéric Longuépée, représentant de King Street Capital Management, au poste de PDG. Fait notable, la toute première déclaration de Frédéric Longuépée vise à rétablir la paix avec les Ultramarines, supporteurs du Virage Sud avec lesquels le torchon brûle et qui exigent sa démission.

C'est désormais officiel : la direction du Football Club des Girondins de Bordeaux (FCGB) a annoncé ce lundi 16 décembre en fin de journée que l'actionnaire King Street Capital Management, financeur de la reprise du club, avait, comme évoqué officieusement depuis plusieurs jours, remporté la partie face au fonds d'investissement GACP, arrangeur de l'opération de reprise du FCGB auprès du groupe M6. C'est ainsi que Frédéric Longuépée, jusqu'ici président délégué du club et représentant de King Street Capital Management, a été nommé hier PDG du Football Club des Girondins de Bordeaux. Mouvement qui entraine notamment le départ de deux têtes de GACP : Joseph Dagrosa, jusqu'ici président du club, ainsi que le conseiller sportif Hugo Varela.

Dans un contexte de très forte tension avec les Ultramarines, supporteurs du Virage Sud avec lesquels le torchon brûle et qui réclament sa démission, Frédéric Longuépée a mis dès sa première intervention l'accent sur sa volonté d'apaisement.

"Le management, la direction, les actionnaires, les joueurs et les employés du club sont tous unis autour de ce projet afin de recréer un engouement au niveau local et développer une ambition au niveau international. De même, le soutien de nos supporteurs et en particulier des Ultras est essentiel. Ces derniers font partie de l'âme du club et sont importants à nos yeux. Ils soutiennent et portent l'équipe dans les bons comme les mauvais moments. Nous restons bien évidemment ouverts au dialogue avec eux" a ainsi déclaré Frédéric Longuépée dans sa première intervention de PDG.

Ce qui semble être le signe que ce conflit avec le Virage Sud n'est pas pris à la légère par les nouveaux propriétaires.

Bixente Lizarazu appelle à respecter le Virage Sud

La montée au créneau de l'emblématique Bixente Lizarazu, ex-capitaine du FCGB, où il a joué 12 ans, notamment avec Christophe Dugarry et Zinédine Zidane, a sans doute eu son petit effet, en plus d'autres déclarations. Dans un entretien qu'il a accordé au quotidien Sud Ouest, publié le 15 décembre, Bixente Lizarazu en appelle à la fin des hostilités entre la direction et les Ultramarines. Il demande à ce que les Ultras retrouvent l'intégralité du Virage Sud.

"... Or, d'après ce que j'ai compris, pour des raisons commerciales, le président Longuépée a voulu éparpiller les supporters du Virage. Je sais très bien que l'argent des loges et des sponsors est important mais la demande des Ultras de rester dans leur Virage est légitime ! Les diviser c'est se les mettre bêtement à dos et surtout, ça n'a pas de sens par rapport à l'ambiance qu'il faut garder dans le stade. Nous, joueurs, avons besoin d'un public réuni au même endroit qui nous pousse et nous transcende... " a notamment souligné Bixente Lizarazu qui, tout en qualifiant les Ultras de "cœur et poumon du stade" appelle ces derniers à faire aussi un effort.

Mais pas avant que les Ultras aient pu se réinstaller au Virage Sud.

Le porte-parole des Ultras toujours anti-Longuépée

Le message est clair et Frédéric Longuépée devra faire plus qu'un geste pour en finir avec cette très haute tension. Pourra-t-il, en tant que PDG, s'imposer comme l'incarnation du club ? C'est à l'émergence d'une représentation symbolique forte de cet ordre qu'appelle Bixente Lizarazu dans son entretien. Un rôle dont l'ancien président Jean-Louis Triaud s'était acquitté avec classe, mais que le porte-parole des Ultramarines, Florian Brunet, n'entend pas reconnaître à Frédéric Longuépée qui pour lui "'est rien et ne sera jamais plus rien", si l'on en croit le tweet qu'il a envoyé après avoir appris la nouvelle.

Que FL soit président ou président directeur général est le cadet de nos soucis.À nos yeux il n'est rien et ne sera jamais plus rien.
Nous nous battrons jusqu'à ce qu'il parte et que le FCGB retrouve pleinement son âme que cette personne détruit à petit feu..#LonguépéeDémission

— Brunet Florian (@FlorianBrunet78) 16 décembre 2019

Le message de Bixente Lizarazu, plus policé que celui de Christophe Dugarry sur le même sujet à RMC Sports, semble bien aussi très proche de celui qu'aurait porté le maire de Bordeaux, Nicolas Florian, sans parler du tweet du candidat d'opposition Vincent Feltesse.

Vincent Feltesse : "Les relations entre les supporters, le club, et King Street sont assez mauvaises... Alors qu'honnêtement, on a des supporters plutôt bienveillants, pas du tout violents, et attachés au club"

-> https://t.co/GNGIsXyhRq #Girondins pic.twitter.com/FDeJZ4hUeP

— Girondins4ever (@Girondins4ever) 17 décembre 2019

King Street Capital souligne son désir de rester

Le porte-parole des Ultras continue à annoncer que King Street Capital Management n'a pas d'autre ambition que de se débarrasser du club bordelais au meilleur prix et dans les plus brefs délais. Ce qu'a démenti hier soir le fonds d'investissement lors de l'annonce de la prise de contrôle du FCGB.

"King Street et la direction du club souhaitent à cette occasion rassurer l'ensemble des parties prenantes du club, ses collaborateurs, les équipes sportives, ses supporters et les institutions sur son engagement dans la durée au sein du club et remercie GACP pour sa contribution au projet de cette première année", expose King Street Capital Management.

Le fonds manifeste sa volonté de poursuivre, avec Frédéric Longuépée, "le développement de la stratégie mise en œuvre depuis le rachat du club, au niveau local et international, en liaison avec les valeurs du club".

Daniel Ehrmann (King Street Capital Management) devient administrateur du club. Dans un entretien accordé au quotidien L'Equipe, il souligne qu'il n'est pas question pour le fonds d'investissement (spéculatif - NDLR) qu'il représente de revendre le FCGB à court terme. Il souhaiterait d'abord combler un déficit annoncé de 30 M€ et valoriser le club. King Street Capital Management revendique pour plus de 20 Md$ d'actifs sous gestion, mais c'est quand même un fonds spéculatif dont l'idée de long terme n'a rien à voir avec le temps des cathédrales.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :