Dassault Aviation : la ministre des Armées lance le Rafale F4 à l’usine de Mérignac

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Florence Parly et Eric Trappier, PDG du groupe Dasault, lors de la signature de la convention.
Florence Parly et Eric Trappier, PDG du groupe Dasault, lors de la signature de la convention. (Crédits : Agence Appa)
Première brique du système de combat aérien du futur (SCAF), le Rafale au standard F4 a été officiellement lancé ce lundi à Mérignac (Bordeaux Métropole) par la ministre des Armées Florence Parly. Une amélioration du chasseur bombardier vedette de Dassault moyennant 1,9 Md€ d’investissement, dans une loi de programmation militaire qui veut trancher avec le passé et cette culture du rabotage des dépenses militaires héritée de l’effondrement de l’URSS.

Florence Parly, la ministre des Armées, a visité ce lundi matin l'usine Dassault Aviation, à Mérignac (Bordeaux Métropole), où elle été accueillie par le PDG du groupe Dassault (4,8 Md€ de chiffre d'affaires), Eric Trappier, de nombreux élus, dont le maire de Mérignac, Alain Anziani, et celui de Saint-Médard-en-Jalles, Jacques Mangon, tous deux vice-présidents de Bordeaux Métropole, des officiers supérieurs, représentants des services de l'Etat et de l'industrie aérospatiale régionale. Florence Parly est venue signer officiellement la notification du contrat de développement et d'intégration du nouveau standard F4 du Rafale, moyennant 1,9 Md€ d'investissement public, avec le PDG du groupe. Le standard F4, qui sera définitivement validé en 2024, va faire entrer le Rafale dans une ère encore plus franchement cybernétique centrée sur la connectivité. Il fait suite aux standards F1 (pour les premières version Marine), F2 (capacités air-sol et air-air), F3 et F3R (polyvalence élargie).

Dassault d'accord pour s'impliquer plus dans le MCO

"Depuis 1949, date de sa création, plus de 8.400 avions civils et militaires sont sortis de cette usine de Mérignac, qui est le cœur du Rafale", a souligné Eric Trappier avant de resituer la place de ce chasseur bombardier, incontournable outil de la politique française. Engagé en Jordanie, d'où il décolle pour pilonner les positions de l'Etat islamique en Syrie, présent au Mali ou encore au Levant, le Rafale accompagne toutes les opérations extérieures. Le Rafale est aussi un produit d'exportation pas toujours facile à vendre, malgré ses performances car, comme l'ont déjà souligné les Indiens, cet appareil est dans son domaine une sorte de Rolls.

Filant la métaphore sportive, le PDG de Dassault Aviation a expliqué qu'à l'export l'équipe de France est soudée comme dans une mêlée et qu'elle pousse dans le même sens. Il a ensuite insisté sur le fait que l'histoire du Rafale n'allait pas s'arrêter demain.

"Le standard F3R vient d'être réceptionné par la DGA (Direction générale de l'armement). Le Rafale va rester en service au-delà de 2050 et il faut donc le faire évoluer, l'améliorer. Le Rafale a besoin d'un soutien efficace. Avec les nouvelles règles de maintien en conditions opérationnelles (MCO), les industriels vont être davantage impliqués et nous soutenons cette démarche", a relevé Eric Trappier, en faisant écho à la disparition de la Simmad qu'a remplacée la DMAé.

Le budget des Armées n'est plus une variable d'ajustement

Le MCO joue un rôle crucial pour toutes les armes et le PDG de Dassault a précisé que l'avionneur propose depuis 10 ans déjà des solutions faisant appel à la big data au service de l'armée de l'Air. Avant d'observer qu'au-delà de cet impératif opérationnel la France ne reste à la pointe de l'aviation de combat que grâce à sa capacité à innover, à pouvoir disposer des technologies les plus avancées. Florence Parly a de son côté brossé à grands traits le profil d'une période historique hostile où le terrorisme n'est que l'un des défis à relever. Une époque où les téléphones peuvent instantanément se transformer en micros, où les ordinateurs sont attaqués....

Dassault Aviation

Eric Trappier et Florence Parly devant l'un des Rafale assemblés à Mérignac (Agence Appa).

Une nouvelle époque en rupture totale avec la précédente où, après la chute du Mur de Berlin puis celle de l'Union soviétique, il s'agissait d'empocher "les dividendes de la paix". Autrement-dit de regagner un peu d'oxygène budgétaire en taillant à vif dans les programmes militaires. Une époque désormais révolue : plus question de faire jouer aux forces armées le rôle de variable d'ajustement. "D'où la loi de programmation militaire qui est dotée de près de 300 Md€. D'ici à la fin de 2024 pas moins de 28 Rafale auront été livrés et 30 nouveaux appareils commandés pour 2023. Ces commandes c'est la défense de la France, c'est aussi de l'activité, pour vous, de l'emploi, pour vous", a déroulé la ministre.

750 euros de prime pour 60 % des salariés

Il s'agit de jouer grouper, notamment à l'export, ce dont atteste le renouvellement avec Dassault Aviation ce même jour par la ministre des Armées de la convention de soutien aux PME. Florence Parly a ensuite dévoilé la structure du standard F4.

"Ce standard est d'une qualité encore jamais égalée. Il repose sur quatre piliers : la connectivité, avec beaucoup plus de données de communications traitées, en particulier satellitaires ; l'engagement, avec plus de capacités, avec l'A2SM 1000 K (armement air sol modulaire 1000 kilos -Ndlr), les nouveaux missiles Scalp et Mica ; la disponibilité : déjà bonne voire très bonne, elle peut être améliorée grâce au nouveau moteur M88 (de Safran), dont le calculateur va permettre d'anticiper les pannes ; la détection et lutte contre les menaces", a déroulé la ministre.

Le standard F4 est la première brique du SCAF (système de combat aérien du futur), qui va voir de véritables flottes aériennes de combat voir le jour, avec des avions entourés de drones couverts par des missiles. Un projet européen sous leadership français a assuré la ministre. Eric Trappier a de son côté évoqué le recrutement de plusieurs centaines de salariés par Dassault en France, expliquant que ce mouvement, qui doit aussi permettre de faire face aux départs à la retraite, allait se poursuivre en 2019.

Dans le droit fil de la politique d'Emmanuel Macron, qui a demandé aux entreprises qui le peuvent d'accorder une prime à leurs salariés, Eric Trappier a annoncé que le groupe Dassault venait de verser 750 euros net de bonus à tous les collaborateurs percevant moins de trois fois le Smic par an. Sachant que cette mesure a touché 60 % des 11.400 salariés de Dassault, les 40 % restants touchant plus de trois fois le Smic par an.

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Commentaires
a écrit le 14/01/2019 à 21:33 :
Image malheureuse que celle de la Rolls qui est une sorte de cadillac, une voiture de confort, le comparer à une auto sportive aurait été plus judicieux.

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