War studies : l'Université de Bordeaux monte au front

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Florence Parly, la ministre des Armées, a annoncé les lauréats des labels Centre d’excellence en recherche stratégique de défense le 26 novembre 2018, à Paris.
Florence Parly, la ministre des Armées, a annoncé les lauréats des labels "Centre d’excellence" en recherche stratégique de défense le 26 novembre 2018, à Paris. (Crédits : DGRIS / Ministère des Armées)
Le projet de Defense and Peace Bordeaux School (DPBS), porté par l'Université de Bordeaux, figure parmi les cinq lauréats de la première phase du label "centre d'excellence" en recherche stratégique de défense. L'équipe bordelaise a désormais deux ans pour faire ses preuves afin de décrocher un financement de 1,5 M€ sur cinq ans. Objectif : développer la recherche appliquée en matière de cyber-conflits, de law fare et d'économétrie des budgets de défense.

Les "war studies" recouvrent un vaste champ d'études autour de la stratégie, de la guerre et des conflits contemporains. Une discipline sur laquelle se penche l'Université de Bordeaux depuis 2015 avec le programme Conflictarm qui regroupe les travaux sur "la conflictualité armée : déterminants, qualifications et normes, choix stratégiques et impacts économiques". Porté par un trio composé de deux professeurs d'université, Anne-Marie Tournepiche et Sébastien Laurent, et un maître de conférences, Jean Belin, ce projet de recherches interdisciplinaires ambitionne de devenir dès 2020 une formation spécifique de haut niveau délivrant des masters et des doctorats. C'est le projet DPBS : Defense and Peace Bordeaux School.

Un budget de 1,5 M€ sur cinq ans à la clef

Le 26 novembre dernier, ce projet bordelais a été retenu parmi les cinq lauréats d'un appel à projets national lancé par le ministère des Armées en vue de labelliser des "centres d'excellences" en recherche stratégique de défense. 14 projets fédérant 26 organismes de recherche avaient postulé. La candidature de la DPBS a été retenue aux côtés des projets de l'Université Panthéon-Sorbonne de Paris 1, de l'Institut Français de Géopolitique de Paris 8, de l'Université Grenoble Alpes et de l'Université Jean Moulin de Lyon III.

Il ne s'agit cependant que d'une première étape puisqu'au maximum trois de ces cinq lauréats seront réellement labellisés dans deux ans et bénéficieront alors d'un budget dédié de 1,5 M€ (300.000 € par an pendant cinq ans). Le projet bordelais a donc encore 24 mois pour faire ses preuves et démontrer la pertinence de ses axes de recherche.

Lier systèmes de défense et caractéristiques du conflit armé

La force de la démarche DPBS repose sur son interdisciplinarité qui intègre environ 35 enseignants-chercheurs des sciences humaines et sociales, notamment en droit international, sciences politiques et économie/économétrie. Le projet bordelais peut aussi s'appuyer sur un écosystème local et régional particulièrement dense avec des entreprises telles que Thales, ArianeGroup, Safran, Stelia Aerospace, Dassault, Sabena Technics, Roxel ou encore le Service de maintenance aéronautique des armées (SIAé). Certaines d'entre elles sont déjà partenaires de deux chaires universitaires : "Défense et aérospatial" de l'Université de Bordeaux et "Economie de défense" de l'IHEDN et dont Jean Belin est le titulaire.

Lire aussi : Talents de l'aéronautique et de l'espace : les lauréats 2018

Deux thématiques sont mises en avant dans le projet de recherche DPBS. La première est l'étude des nouvelles conflictualités telles que les cyberconflits et les stratégies de law fare, à savoir l'utilisation politique des outils du droit international pour soutenir des conflits armés ou non armés, à l'instar de l'intervention américaine en Irak en 2003 ou des interventions russes en Ukraine, depuis 2014, et en Syrie, depuis 2015. Le deuxième axe de recherche concerne l'économétrie des systèmes de défense avec l'objectif de décloisonner ces deux approches pour lier l'analyse des systèmes de défenses (industrie, budget, armées) à celle de l'intensité et des caractéristiques des conflits armés contemporains.

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