New Space : The Exploration Company déroule un plan de vol ambitieux et monte à bord d'Ariane 6

Il y a déjà le Crew Dragon de Space X ou encore Soyouz. En Europe, il faudra bientôt compter sur Nyx. Créée en juillet 2021, The Exploration Company, basée à Mérignac et Munich, développe des véhicules spatiaux réutilisables pour transporter des marchandises et, potentiellement, des humains à plus long terme. L’entreprise a qualifié son premier démonstrateur qui embarquera sur le vol inaugural d’Ariane 6 prévu pour la fin de l'année 2023.
Le premier démonstrateur : la capsule Bikini présentée au président de Région, Alain Rousset, par les équipes de The Exploration Company, le 17 janvier 2023.
Le premier démonstrateur : la capsule Bikini présentée au président de Région, Alain Rousset, par les équipes de The Exploration Company, le 17 janvier 2023. (Crédits : HL)

« C'est l'une des plus belles startups du NewSpace au niveau national. Ce n'est pas moi qui le dis mais des spécialistes du secteur ! », assure François Baffou, directeur général de Bordeaux Technowest qui accompagne The Exploration Company à Mérignac (Bordeaux Métropole). Créée il y a seulement 18 mois, la jeune entreprise qui compte 50 salariés répartis à égalité entre la France et l'Allemagne, a déjà réalisé l'exploit d'être sélectionnée par l'Agence spatiale européenne (ESA) pour prendre part au vol inaugural d'Ariane 6. La fusée embarquera le premier démonstrateur qualifié de The Exploration Company : la capsule Bikini.

Lire aussiPremier vol d'Ariane 6 en 2023 : la mise en garde de Philippe Baptiste (CNES)

Des stations de plus en plus nombreuses

The Exploration Company a pour ambition de démocratiser l'exploration spatiale. Elle développe des vaisseaux spatiaux modulaires, autonomes et réutilisables qui assureront des missions de logistique vers les stations spatiales autour de la Terre et de la Lune, et vers la surface de la Lune : les Nyx Earth et les Nyx Moon.

« Nous sommes une entreprise de logistique spatiale, » insiste Hélène Huby, cofondatrice et dirigeante de la société.

La première mission de ces vaisseaux, qui transporteront du cargo (marchandises) puis des humains, consistera à accoster des stations spatiales de plus en plus nombreuses. « Il en existe deux autour de la terre : l'ISS et la station chinoise. Mais il y en aura quatre, cinq ou six autres dans les prochaines années. Nous sommes sur une croissance des stations spatiales de 400 % au cours de cette décennie », explique Hélène Huby. Ces vaisseaux spatiaux enverront, dans un premier temps, tout ce qui sert aux expériences des astronautes, mais aussi typiquement de la nourriture, des pièces de rechange. The Exploration Company aura pour clients des agences publiques mais aussi des stations privées.

La Lune en 2028

Selon le calendrier prévisionnel, après la qualification de la capsule Bikini, la startup développe actuellement son second démonstrateur plus grand, Mission Possible, qui sera lancé par Space X fin 2024 avec des clients. « 100 % est pré-réservé. Il y aura à bord, 300 kilos de charges utiles du Cnes (Centre national d'études spatiales), de l'Agence spatiale allemande et l'Agence spatiale européenne (ESA) », annonce Hélène Huby.

« L'envoi du premier démonstrateur sur le vol d'Ariane 6 n'est pas nécessaire d'un point de vue technique, mais il nous permettra d'acquérir des données d'entrée et de sortie de l'atmosphère. Nous récupèrerons également de la donnée sur le prototype de notre premier ordinateur de bord à l'intérieur. Ce sera la première fois que nous serons dans l'espace donc ce sera une étape importante », témoigne Hélène Huby.

Lire aussiExotrail veut devenir un géant mondial de la logistique dans l'espace

Le vol du véhicule final pour la Terre (Nyx Earth) est annoncé pour 2026. Il faudra attendre 2028 pour la Lune (Nyx Moon). Avant ces premières étapes en orbite, beaucoup de tests seront effectués sur terre pour valider les technologies.

Dans le détail, l'entreprise développe deux systèmes de propulsion verts. C'est d'ailleurs à Mérignac qu'est basée l'équipe propulsion où sera également implantée l'usine de moteur. Elle travaille également sur la technologie de docking qui permet d'accoster avec des capsules. « C'est quelque chose que nous ne maîtrisons pas en Europe », assure Hélène Huby. Enfin, elle développe la technologie de réentrée dans l'atmosphère en travaillant sur la protection thermique, afin qu'elle soit réutilisable, et sur le logiciel de vol pour le contrôle du véhicule.

Les atouts de The Exploration Company ?

« Nous serons la première entreprise au monde à utiliser des ergols verts pour ce type de véhicule. Notre moteur qui intégrera de l'électrique et de l'électronique pourra être régulé en vol. L'intégration du moteur sera rapide. Enfin, en visant 25.000 euros par kilogramme lancé, notre prix de démarrage représente 25 % de celui de la concurrence qui n'est pas si grosse aujourd'hui. Seule la capsule Dragon de SpaceX est réutilisable », met en avant la fondatrice.

Lire aussiNew Space : le micro-lanceur hybride d'HyprSpace soutenu par France 2030

D'un point de vue financier, l'entreprise a déjà levé sept millions d'euros par le passé. Mais compte tenu des importants moyens nécessaires pour ce secteur d'activité, une autre levée, bien plus importante, est en cours. Des embauches sont d'ores et déjà prévues. Alors que The Exploration Company comptait 25 personnes en poste fin 2022 pour la seule partie française, elle vise près de 50 salariés cette année en France, 50 en 2024 puis 92 en 2025. Parmi les forces vives jusqu'à présent recrutées, beaucoup viennent de chez ArianeGroup, qui possède plusieurs sites en Gironde.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.