A Mérignac, le Drive de Marius cultive le local, la consigne et l'innovation

Il fonctionne comme un Drive classique mais au service du producteur local. Le drive de Marius a ouvert ses portes début janvier, à Mérignac, dans la métropole bordelaise. Sur 500 produits actuellement référencés, 60 % sont locaux. Autres particularités ? Ils sont vendus dans des bocaux en verre consignés, ou des emballages bio-dégradables ou compostables. Le Drive de Marius veut également faire le lien entre les producteurs et les entreprises qui innovent en matière de packaging.

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Victor Loiselet, directeur du site Drive de Marius à Mérignac.
Victor Loiselet, directeur du site Drive de Marius à Mérignac. (Crédits : Hélène Lerivrain)

Le Drive de Marius, c'est l'histoire de quatre associés (*gérants d'une société dans l'informatique qui décident de lancer une activité en parallèle, dans un autre domaine, plus physique et qui ferait sens pour eux. "Avec l'avènement du drive depuis le premier confinement, nous voulions concilier une méthode de consommation responsable avec le système du drive", expliquent-ils. Le Drive de Marius, ouvert depuis début janvier, est ainsi né à Mérignac, dans l'agglomération bordelaise. Dans la pratique, le fonctionnement est le même que pour une drive classique. Le client passe sa commande en ligne, choisit le jour et l'heure de retrait de sa commande, règle en ligne et vient la retirer au minium quatre heures plus tard.

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Pots en verre et emballages innovants

Il se distingue toutefois d'un drive classique en proposant à ceux qui utilisent ce canal d'avoir accès à des produits locaux tout en ajoutant un aspect éco-responsable :

"La majorité des produits sont conditionnés dans des pots en verre qui nous appartiennent. Quand les clients nous les ramènent, ils sont crédités de dix centimes sur leur compte. C'est le principe de la consigne inversée. En parallèle, nous travaillons avec des fournisseurs qui ont leur propres consignes. Dans ce cas, le client paie la consigne au moment de faire ses courses et est remboursé aux courses suivantes", explique Victor Loiselet, qui a été nommé directeur du site.

Mais le Drive de Marius ne se positionne pas uniquement sur le zéro déchet. Il propose également des produits conditionnés dans des emballages novateurs, et entend, dans cette logique, servir de plateforme et d'intermédiaire entre les producteurs et les entreprises qui innovent en matière de packaging. Et de citer, à titre d'exemple, Lyspackaging, en région Nouvelle-Aquitaine, qui fabrique des contenants et produits à partir de plantes, ou encore une capsule de café réalisée à partir de graines de tournesol.

"Nous n'avons pas les moyens d'avoir notre propre cellule de recherche et développement donc, nous faisons de la veille. Et grâce a des entreprises notamment bordelaises, nous avons découvert des sous-vides, à partir de cellulose, compostables et biodégradables. Nous respectons le process des producteurs mais au fur et à mesure, nous souhaitons leur apporter ce matériel en leur demandant s'ils peuvent l'intégrer. Nous avons bon espoir sur du moyen terme de réussir à trouver une solution écoresponsable pour tous les produits. Notre but est d'offrir toute l'innovation qui existe en France pour réduire l'impact écologique et, en même temps, toujours privilégier les producteurs locaux", explique Victor Loiselet.

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Les producteurs locaux avant tout

Car le Drive de Marius entend avant tout mettre en avant les produits d'acteurs locaux dans un rayon de 100 à 150 kilomètres. "60 % de nos produits sont faits à l'échelon local", avance Victor Loiselet qui précise proposer 500 références avec l'espoir de doubler dès cet été. Pour le reste, le drive s'est associé à des marques nationales labellisées agriculture biologique ou engagées écologiquement dans leur process de fabrication. "Le but est de pouvoir faire toutes ses courses ici. Nous avons donc tout ce qui est épicerie salée, sucrée, cosmétique, hygiène, fruits et légumes, fromages, confiseries, boissons", déroule Victor Loiselet.

"Notre modèle économique est le même qu'en grande distribution qui l'a optimisé. Nous nous inspirons donc de leurs techniques, mais au service des acteurs locaux. Quand nous créons un partenariat avec les producteurs locaux, nous ne faisons aucune négociation, c'est-à-dire qu'ils décident du prix et de la manière dont ils vont se rémunérer pour pérenniser leur activité. C'est le premier principe au Drive de Marius. Ensuite, nous faisons notre métier de distributeur. Nous travaillons sur nos marges, nos volumes pour trouver un juste équilibre entre prix d'achat et de revente pour qu'il soit également intéressant pour le consommateur. C'est d'ailleurs pour cela que nous faisons des promotions tous les weekends. Cela peut surprendre dans ce milieu là mais nous les mettons en place pour qu'un maximum de foyers puissent accéder à des produits qualitatifs et les incorporer dans leurs courses du quotidien", explique Victor Loiselet.

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Objectif : dupliquer le modèle

Leur point fort dans cette aventure entrepreneuriale ? Selon Victor Loiselet, c'est d'avoir "des fondateurs qui ont une totale maîtrise de la technologie et donc de la partie e-commerce et du marketing. Quant à moi, j'ai des compétences en matière de logistique, de connaissance des fournisseurs et de vente."

Les fondateurs espèrent engager un second employé dès le mois de mars selon la réussite du projet en espérant atteindre les quatre salariés à la fin d'année 2022. Son ambition ? Lancer un second magasin dès 2023 et pourquoi pas envisager un système de franchise pour d'autres acteurs à l'échelon national. "Nous souhaiterions également servir les professionnels et nous réfléchissons à différents modèles de distribution. Beaucoup d'idées fourmillent", confie Victor Loiselet. Le Drive de Marius a pour objectif de réaliser 300.000 euros de chiffre d'affaires en 2022 et 500.000 euros en 2023.

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(*) Christophe Bidart, Boris Lamarque, Regis Maigret et Kevin Niort.

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