Cognac : le « yak » des rappeurs américains a relevé la tête en 2021 partout dans le monde

Les ventes de Cognac ont fortement rebondi l'an dernier malgré le fort impact de la guerre commerciale 2020-2021 lancée par Donald Trump et les effets délétère de la crise du Covid. Si la Chine fait une forte remontée en tant que second client, les ventes de "yak" aux Etats-Unis, ainsi que le surnomment les rappeurs, ont repris de plus belle chez le leader mondial incontesté de la consommation de cette eau-de-vie élaborée en Charente.

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Un modèle de la collection Louis XIII de Rémy Martin, l'une des marques de Cognac très appréciées par les rappeurs américains.
Un modèle de la collection Louis XIII de Rémy Martin, l'une des marques de Cognac très appréciées par les rappeurs américains. (Crédits : Rémy Martin)

Le Bureau national interprofessionnel du Cognac (BNIC), représentant l'interprofession et présidé par Christophe Veral, vient de présenter les chiffres concernant l'évolution des ventes de Cognac et de la récolte en 2021. La guerre commerciale lancée par les Etats-Unis contre l'Europe, avec en particulier de fortes surtaxes douanières sur les vins tranquilles et les spiritueux français, ne s'est achevée qu'au mois de mars 2021. Pourtant le redressement a été très net. Avec, sur l'ensemble de l'année, un rebond par rapport à 2020 de +16,2 % en volume sur un an, à 223,2 millions de bouteilles, et de +30,9 % en valeur, à 3,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

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Cependant, compte tenu de l'effondrement de l'activité en 2020, les ventes en 2021 n'ont augmenté que de +3,1 % en volume et de +1,6 % en valeur par rapport à 2019, dernière année de référence pré-pandémique. Au final, comme le souligne le BNIC, la production de Cognac atteint 9,4 millions d'hectolitres représentant 117 hectolitres par hectare, soit une production globale d'alcool pur (AP) de 867.312 hectolitres, et s'inscrit dans la moyenne décennale. Ce qui n'empêche pas, comme l'évoque le BNIC, qu'il faille compenser des déficits de rendements en piochant dans "la réserve climatique".

Une demande de Cognac historiquement forte

"Le Cognac reste marqué par une très forte dynamique. Nous enregistrons de très bons résultats d'expéditions en 2021. La demande de Cognac n'a jamais été aussi importante sur nos marchés que cette année. Malgré les incertitudes météorologiques, la récolte 2021 nous permet de soutenir la poursuite de notre croissance, alors que toutes les données disponibles nous mènent à être raisonnablement optimistes pour l'année 2022", synthétise le président du BNIC.

Si la Chine continentale et la région spéciale de Hongkong restent, malgré leur baisse, des places fortes commerciales pour les vins de Bordeaux, les Etats-Unis, restent la destination numéro un avec 115 millions de bouteilles en 2021, soit 51 % de la production. Sans doute un contre-coup du blocus commercial américain de 2020-2021 puisque jusqu'en 2017 les Etats-Unis représentaient près de 80 % des ventes de Cognac.

Terre promise du cognac, les Etats-Unis mènent le bal

Client étranger numéro deux, la Chine a de son côté acheté 34 millions de bouteilles (15,2 %), devant Singapour, à 19 millions de bouteilles (8,5 %), le Royaume-Uni, à 8 millions de bouteilles (3,5 %) et la France, en cinquième position avec 6,1 millions de bouteilles, soit 2,7 %.

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Si le whisky a chassé le cognac en France pendant les années 1960, la bonne nouvelle c'est que les ventes ont progressé dans l'Hexagone de +23,4 % en volume l'an dernier. Il est vrai aussi qu'elles ont littéralement explosé en Chine, avec +55,8 %. Les Etats-Unis, déjà loin devant, continuent à progresser, avec une hausse de +11,1 % des ventes. Le pays d'Abraham Lincoln, avec sa population afro-américaine -première consommatrice de ce spiritueux français-, est la Terre promise du Cognac. Témoins de cette culture spécifique et de la grande connaissance qu'ont les Américains d'origine africaine de l'histoire et des caractéristiques de ce spiritueux, l'engagement des rappeurs en faveur du Cognac au début des années 2000 a marqué les esprits.

En particulier avec "Pass the Courvoisier Part II" de Busta Rhymes sorti en 2001. Sans parler de l'engouement de Kanie West, Jay Z, Beyoncé ou 50 Cents pour cet alcool qu'ils surnomment le "yak". Ce "yak" servi dans des bouteilles en cristal aux bouchons éventuellement incrustés d'un diamant, pour les modèles très très haut de gamme, que les rappeurs installés à leur compte dans des lieux bling-bling super chics peuvent revendre jusqu'à plus de 700 euros le verre, ne cesse depuis les années 1990 de renaître de ses cendres. Et ça devrait durer.

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