GPSO : sept pour, trois contre avant le vote du Pays basque sur le projet de LGV

Le conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques et les agglomérations de Pau et d'Agen ont voté en faveur du financement au Grand projet ferroviaire du Sud Ouest, sans cacher leurs réserves et en fixant des conditions suspensives. Sept des onze collectivités concernées par le projet de LGV en Nouvelle-Aquitaine ont donc donné leur feu vert avant le vote de l'agglomération du Pays basque, ce 18 décembre.

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Dernière intercommunalité à voter, la communauté d'agglomération du Pays basque doit se prononcer samedi 18 décembre sur le grand projet ferroviaire du Sud-Ouest.
Dernière intercommunalité à voter, la communauté d'agglomération du Pays basque doit se prononcer samedi 18 décembre sur le grand projet ferroviaire du Sud-Ouest. (Crédits : Annelot Huijgen / La Tribune)

Après le vote de cinq nouvelles collectivités cette semaine, la communauté d'agglomération du Pays basque est la dernière des onze collectivités de Nouvelle-Aquitaine à devoir se prononcer sur le plan de financement du Grand projet ferroviaire du Sud Ouest. Forte de 158 communes et 320.000 habitants, la plus grande intercommunalité de France délibèrera ce samedi 18 décembre sur ce projet à 14 milliards d'euros qui prévoit de prolonger la ligne à grande vitesse de Bordeaux vers Toulouse (10,3 milliards d'euros) et vers Dax (3,7 milliards d'euros). Les collectivités sont censées apporter 40 % de cette somme.

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Après le vote défavorable de l'agglomération du Grand Dax qui a refusé, mardi 14 décembre, de verser sa contribution de 32,6 millions d'euros, trois autre collectivités se sont prononcées ce jeudi 16 décembre :

  • Le conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques a voté à une nette majorité (64 %) l'engagement de la collectivité en faveur du GPSO entre Bordeaux et Dax assorti d'un engagement de principe à le financer à hauteur de 70 millions d'euros (54 millions de contribution financière et 16 millions pour l'aménagement des lignes existantes). Les élus basques et béarnais ont néanmoins fixé plusieurs conditions à leur soutien financier dont la concomitance des chantiers Bordeaux-Toulouse et Sud Gironde-Dax et la participation financière de toutes les collectivités concernées.
  • Malgré des interrogations persistantes sur la pertinence du projet et le nombre des dessertes de la future nouvelle gare, la communauté d'agglomération du Grand Agen a, elle-aussi, voté favorablement à une large majorité (75 %) sa contribution financière au GPSO revue à la baisse (18,7 millions d'euros au lieu de 28,5 millions prévus initialement)
  • Enfin, jeudi soir, c'est la communauté d'agglomération Pau Béarn qui a, à son tour, validé sa participation financière de 75,7 millions d'euros, dont 53 millions d'euros de contribution directe. Un soutien massif (92 % de votes favorables) qui cache d'importantes réserves et est assorti, là encore de conditions suspensives dont l'engagement simultané des travaux vers Toulouse et vers Dax et la participation de toutes les collectivités concernées.

Pour rappel, outre le Grand Dax, le département du Lot-et-Garonne a voté contre, à l'unanimité, le 22 octobre. Le conseil départemental de la Gironde s'est prononcé contre le 22 novembre tout en votant un budget de 170 millions d'euros fléché sur le lancement d'un RER métropolitain ou girondin, permettant à la Région Nouvelle-Aquitaine de se désengager d'autant sur ce dossier pour financer le GPSO de manière équivalente.

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Le plan de financement remis en cause

Du côté des collectivités favorables, le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a voté pour le 13 décembre, tout en demandant, lui-aussi, des travaux concomitants vers Toulouse et Dax. Bordeaux Métropole a donné son feu vert le 26 novembre à hauteur de 354 millions d'euros à l'issue d'intenses négociations entre le PS et la droite. Le conseil départemental des Landes a voté un soutien de 99 millions d'euros le 10 décembre et l'agglomération de Mont-de-Marsan a accepté de verser 31 millions d'euros le 13 décembre. Du côté, de l'Occitanie, le tour de table est déjà bouclé. Les seize collectivités ont déjà délibéré favorablement.

GPSO Bordeaux Toulouse Dax LGV

La concomitance des travaux vers Toulouse et Dax pourrait aussi être un obstacle sérieux puisque les premiers sont, pour l'instant, envisagés pour une mise en service en 2030 tandis que les seconds pour 2034 au plus tôt voire après 2037 (crédits : Région Nouvelle-Aquitaine).

Si l'agglomération du Pays basque se prononce contre, il pourrait donc manquer autour de 250 millions d'euros, soit près de 2 % du budget total. D'autant que, les votes négatifs en Lot-et-Garonne et au Grand Dax remettent déjà, de fait, en cause les contributions de plusieurs autres collectivités qui, pour se prémunir de mauvaises surprises, ont conditionné leur propre participation à celles de toutes les collectivités concernées. La facture manquante pourrait donc s'alourdir d'autant et entraîner d'intenses discussions avec l'Etat dans les prochaines semaines. Quitte à aller jusqu'à demander de nouveaux votes aux élus locaux à Dax et en Lot-et-Garonne ?

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Commentaire 1
à écrit le 17/12/2021 à 14:47
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la communauté d'agglomération du Grand Dax a voté contre le financement de cette lgv jusqu'à ?? craignant certainement pour la pérennité de la gare de Dax ; n'a-t-elle pas raison lorsque l'on aperçoit une "halte côte landaise" du côté de St Geours ...

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