La Rochelle : le quartier Atlantech expérimente l’autoconsommation énergétique

Depuis 2014, un laboratoire de 27 hectares pousse au cœur de l’agglomération de La Rochelle : le quartier Atlantech, condensé de bâtiments et d’équipements tous plus décarbonés les uns que les autres. Dernière expérimentation en date sur ce démonstrateur grandeur nature de la ville durable : la mise en place d’une boucle énergétique, au sein de laquelle producteurs et consommateurs partagent l’énergie en circuit court.

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Le quartier Atlantech, à La Rochelle (Charente-Maritime), expérimente depuis 2014 en matière énergétique.
Le quartier Atlantech, à La Rochelle (Charente-Maritime), expérimente depuis 2014 en matière énergétique. (Crédits : Atlantech)

Produire et consommer local n'est plus un précepte réservé aux seuls locavores : les partisans d'une consommation énergétique plus responsable l'adaptent désormais aux systèmes de production, développant ici et là des "opérations d'autoconsommation énergétique collective".

L'une de ces "boucles énergétiques" est aujourd'hui en phase de test dans le quartier Atlantech, limitrophe de La Rochelle, où des ombrières photovoltaïques d'une capacité de 300 KWc ont été installées pour alimenter partiellement la consommation des usagers voisins.

"La production va permettre d'assurer la consommation des équipements de l'agglomération sur le quartier et celle de quelques commerces de proximité", explique Sarah Ormazabal, chef de projet énergies renouvelables au sein de l'association Atlantech (qui coordonne le développement du quartier), contactée le 28 mai dernier par La Tribune. Le système s'appuie sur le réseau existant, les flux de production et de consommation étant gérés par un EMS (Energy management system).

À retenir


  • La PPE fixe pour objectif la mise en service d'une cinquantaine d'opérations d'autoconsommation énergétique à horizon 2023, sachant qu'une vingtaine l'étaient déjà début 2020.

Le surplus transformé en hydrogène

Mais le projet ne se limite pas à cette seule "connexion" entre producteurs et consommateurs. "Le surplus qui ne serait pas consommé par les usagers sera transformé par électrolyse en hydrogène, énergie plus facile à stocker, pour alimenter des systèmes de mobilités décarbonés", poursuit Sarah Ormazabal. Sur cette première phase de test, cette production connexe d'hydrogène devrait ainsi profiter à une flotte de véhicules logistiques.

Une fois démontrée la pertinence du projet, l'idée est donc bien de produire sur le quartier l'énergie qui y sera consommée. Du moins, une bonne partie :

"Entre 20 % et 25 %" selon Sarah Ormazabal."Il n'y a aucune obligation à intégrer cette opération d'autoconsommation : chaque maître d'ouvrage est libre d'installer sur son bâtiment le système énergétique qu'il souhaite, et chaque usager est libre d'intégrer ou non le dispositif", explique-t-elle encore, non sans prévenir les éventuelles inquiétudes des usagers potentiels : "Tout le monde garde son fournisseur d'électricité habituel pour assurer le complément, donc il n'y a aucun risque de coupure".

Un quartier Bas carbone où chacun est un producteur en puissance

C'est que le quartier Atlantech se prête assurément à cette expérimentation locale, tant chaque bâtiment qui y pousse est un petit site de production en puissance, et un vivier de consommateurs. Le siège régional du Crédit agricole Charente-Maritime Deux Sèvres, inauguré en 2016, est équipé de 2.600 m2 de panneaux photovoltaïques et de 35 sondes géothermiques qui plongent à plus de 200 mètres (systèmes qui lui valent le label Bâtiment à énergie positive Effinergie). Non loin, le centre de formation des apprentis est lui aussi équipé d'un système de production de panneaux photovoltaïques et d'un système de chaufferie biomasse pour la partie chaleur ECS (avec là encore le label Bepos pour en attester).

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Côté habitat, la résidence jeunes actifs d'ores et déjà ouverte est labellisée Passiv'hauss. Quant aux 300 logements qui sortent de terre, et qui devraient être livrés d'ici fin 2022, ils seront également équipés en toitures d'installation de production d'énergie.

Atlantech, "facilitateur de projets"

Dans une agglomération labellisée Territoire Hydrogène dès 2018, qui se fixe elle-même comme objectif d'être un Territoire zéro carbone, et se dote d'outils dédiés pour y parvenir, l'expérimentation d'autoconsommation collective menée au sein de ce quartier "laboratoire" pourrait bien faire des petits. Elle inspire d'ailleurs déjà le Grand Port maritime de La Rochelle, qui entend mettre en place un système de partage de l'énergie.

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"Nous allons les accompagner dans ce projet, notamment pour les études de faisabilité", précise Sarah Ormazabal, globalement en charge du sujet "autoconsommation" dans le cadre du projet La Rochelle Zéro Carbone. "Nous voulons être un facilitateur de projets au niveau local, partager nos compétences et notre expertise, et aider les porteurs de projets".

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